AVERTISSEMENT
rutiliié du recueil et de sa bonne ordonnance, cette dernière lacune eût été autrement grave que l'autre. C'est à ces suppressions, et à elles seules, que je dois d'avoir pu faire connaître souvent en entier, d'autres pièces que, sans cela, il eût absolument fallu omettre.
Les comédies que nous nous sommes décidé, par la force des choses , à ne donner ainsi que par fragments étendus , ou seulement avec quelques coupures, sont d'ailleurs peu nombreuses. Dans le premier volume, sur seize ouvrages, quatre ou cinq seulement rentrent dans ce cas; ce sont toujours les plus longs, les plus médiocres ou les moins curieux, dans leurs scènes les plus développées, les plus ennuyeuses et les plus inutiles. Du reste, nous n'avons jamais manqué d'avertir le lecteur, et de suppléer au besoin le texte par une analyse. Grâce à ces quelques coups de ciseau dans les endroits les plus stérilement touffus de l'Amant indiscret, de la Belle invisible j de la Magie sans magies etc. (qu'on veuille bien réfléchir qu'il ne s'agit nullement de chefs-d'œuvre, où toute coupure serait une sorte de mutilation sacrilège), nous avons pu faire une place aux spirituelles farces de R. Poisson, aux Costeaux de Villiers et à bien d'autres. Eût-on mieux aimé être privé de celles-ci pouravoir celles-là tout entières?
II y aurait bien eu un moyen de prévenir toute objection : c'eût été de rejeter en appendice les ouvrages soumis à cette opération préliminaire, et de les donner sous forme de supplément. Rien ne peut empêcher l'éditeur le plus scrupuleusement exact, s'adressant même aux bibliophiles les plus superstitieux, de compléter un recueil de pièces intégralement reproduites sur les textes originaux, par une adjonction d'extraits choisis dans celles qu'il ne peut reproduire. Loin de lui en faire un reproche, qui serait absurde, on lui en saura gré. Eh bien, c'est là justement ce que j'ai ftiit, avec cette seule différence que, au lieu de rejeter ces extraits supplémentaires à la fin du volume, je les ai conservés à leur place chronologique.
Néanmoins, si peu fondée que me semble cette critique, et bien qu'elle n'ait été exprimée, à ma connaissance, que par un très-petit nombre de mes juges, j'en tiens compte
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comme d'un désir, afin de me borner de plus en plus sur ce terrain au strict nécessaire. On le verra dans ce volume, surtout parmi les ballets, où tout est au complet, sauf quelques mascarades sur le carnaval^ trop insigniCantes et trop plates pour être publiées à part, et dont j'ai groupé des extraits de manière à en former un ensemble un peu plus intéressant.
Quant à la division par théâtres, elle avait l'avantage de tracer des catégories et des frontières naturelles pour les divers volumes de ce recueil, en faisant de chacun d'eux un tout complet par lui-même, bien que lié aux autres. Elle permettait, et elle permettait seule, de joindre l'histoire des théâtres (non pas seulement l'histoire littéraire, mais l'histoire matérielle) et celle des acteurs à la reproduction des pièces ; elle évitait certaines confusions fâcheuses qui se fussent inévitablement présentées dans l'autre plan. Ma première pensée avait été naturellement pour l'ordre chronologique, sans distinction des théâtres ; c'est à l'exécution que j'en ai vu les inconvénients, et j'ose croire que si, au lieu de composer simplement un article sur ce recueil, ils avaient eu à composer le recueil lui-môme, les deux ou trois critiques qui n'ont pas soupçonné mes raisons les auraient trouvées et suivies d'eux-mêmes. Ils auraient vu qu'en se bornant à l'ordre purement chronologique, il n'y avait plus de place ni pour la séparation des volumes, ui pour la séparation des genres, ni même, à proprement parler, pour les notices sur les auteurs, qui se fussent représentés pêle-mêle suivant la date de chacune de leursi^ pièces reproduites : encore cette date est-elle parfois inconnue, ce qui eût ajouté une difficulté de plus à l'exécution de ce plan. Il eût fallu confondre au milieu des comédres les ballets, qui conslîtuent une famille si différente. Comment et où retracer l'histoire si importante et encore si peu connue de ce genre dramatique, si je n'avais pas établi une catégorie spéciale pour le théâtre de cour? J'en dis autant pour les théâtres de l'Hôtel de Bourgogne, du Marais, du Paiais-Royal, de Mademoiselle ; autant surtout pour les théâtres français de l'étranger et de la province , que j'espère et désire pouvoir comprendre dans ce recueil, et qui forment pour ainsi dire une division à part.-