RÉCIT DE L'AURORE
Depuis que j'ouvre TOrient,
Jamais si pompeuse et si fière ,
Et jamais d*un air si riant
Te n*ay brillé dans ma carrière ,
Ny précédé tant de lumière.
Quels yeux en la voyant n'en seroient éblouis? Le Soleil qui me suit c'est le jeune Louis.
La troupe des astres s'enfuit
Dès que ce grand Astre s'avance ;
Les foibles clartez de la nuit.
Qui triomphoient en son absence,
N'osent soutenir sa présence; Tous ces volages feux s'en vont évanouis : Le Soleil qui me suit c'est le jeune Louis.
Le ROY, représentant le soleil levant '.
Sur la cime des monts , commençant d'éclairer, Je commence déjà de me faire admirer,
* Cest Ici Pane des premières fois que I*on voit Loais XTY personoifié soas les traits da Soieil. On sait à quel point cette métapliore allait devenir banale dans les inseripUons, les devises, les tMillets, les prologues d^opéras, surtout à parUr du carrousel de 1662, où le roi eut adopté officiellement pour emblème un Soleil dardant ses rayons sur la terre, avec ces mois pour Ame : Necpluribvs impôt. Celait,
4H LE BALLET ROTAL
Et ne suis guère avant dans ma Taate eaniére; Je vient rendre aox objets la forme et la ooolear. Et qui ne voodroit pas afooer ma lonâère Sentira ma chaleor.
Déjà seul je eondois mes chevaui lumîneui. Qui traisnent la splendeur et Tédat après eux ; Une divine main m*en a rerots les resnes : Une grande déesse a soutenu mes droits; Nous avons mesme gloire : elle est FAstre des Reines, Je suis l'Astre des Rois.
En montant sur mon char, j*ay pris soin d'éearter Beaucoup de Pbaëtons qui vouloient y monter ; Dans ce hardy dessein leur ambition tremble : Chacun d'eux reconnoist qu'il en faut trébucher. Et qu'on verse toujours , si Ton n'est tout ensemble Le maistre et le cocher.
Je cours après Thonncur, doux diarme des vainquetirs , Quoy que mon œil brillant donne à plomb dans les cœurs, Ijb mien pour les plaisirs est aussi froid que marbre : Quant à la passion je ne sçaîs ce que c'est ^ Et la belle Daphné me touche, comme un arbre Dont la feuille me plaist.
Je n'ay que depuis peu roulé sur Thorison ; Je suis jeune, et possible est-ce aussi la raison Qui m'exempte des maux que la beauté nous cause : De là naist le repos dont mon âme jouit , Car enCn tout me voit , j'ëclaîre toute chose , Et rien ne m'ébloult.
Sans doute j'appartiens au monde à qui je sers , Je ne suis point à moy, je suis à l'Univers , Je luy dois les rayons qui couronnent ma teste; C'est à moy de régler mon temps et mes saisons ,
aa fond , la même chose que la devise .* I\'e piu, ne pûri, qu'il prit, avec IMmage du Soleil, dès le carrou^el du Palais-Royal, en 1655. Cet emblème fat répété partout, •ur les médailles, les tapisseries, le» armoiries, les meubles de la couronne, et jusque sur le prle-Diru de Loui^ XIV ; et celui-ci, daus ses Instructions au Dauphin, a clierché à juslUier n devi-^e. La dernière fois qu'il dansa dans un ballet ( celui des Amants magmflqtui de Molière ), ce fut encore sous les traits du 3oleil ou Apollon.
Et Tordre ne veut pas que moo plaisir m^arreste Dans toutes mes maisons.
Mon iDclination m'attache à ce qu'il faut ; Et s*il plaist à celuy qui m'a placé si haut. Quand j'auray dissipé les ombres de la France, Vers les climats lointains ma clarté paroissant, Ira, victorieuse, au milieu de Byzance Efifiacer le croissant'.
XES GENIES'.
MONSIEUR DE CRÉQUY, représentant te génie de là victoibe.
Ce dtre est le plus beau que Ton puisse porter;
Mais qu'aûn de le mériter Le dessein est hardi que mon cceur se propose!
Pour en estre en possession
Il faut vaincre ma passion ,
Ou vaincre celle qui la cause.
'« JeraUendsdaiMdeaxans aux bords de rHellespont», ditBoileaa à LoaisXIY, dans M» Ëpltre IV (i«73). Il avait déjà écrit, dam son Ëpttra I (ie69), doDt les dêoi premier! vers font plus parUcaliëremeot aflusion aa prologue de VJh' drffmide :
O n'est pat qa'aUénient edmine an antre, à ton char. Je ne ptuac attacher Aleiindre et Cétar^ Tê livrer le Bosphore...
Et plos loin, II fait dire à ses propres oeoseurs :
N'avonn-nona pat cent foli, en favenr de la France, Gomme lui dann nos vers pris Memphls et Bfzanee, 8or lea borda de rBuphrate abattu le turbanf
> S. A. IL M. le due d'Tork, ffepréêentant le Génie de V Honneur; M. de Jèycase, de la Grèce; M. le dac Dam ville, de V Amour; M. de Salot-Aignao , de la Faleur; M. deCréquy, de la Victoire; M. de VivoDoe, de la Faveur; M. de Roquelaare, delà Renommée; M. de Monglas, de la Magn^/leenee ; IL le Grand- ICalstre,de la Comtance; M. de Villeqaler, de la Prudence; M. de Gaiehe, de la Fidélité; M. de Bouquineau, de la Paix; M. de Genlls, de la Justice; M. de Vllleroy» de la Tempérance; M. da Plessis, de la Science; M. de Gramoot, de la Clémence; M. le comte du Lude, de r Éloquence; M. de Canaplc, du Secret g M. de Homières, de la Courtoisie; M. de Froulé, de la Figilanee; M. de Mlmpoix, de la Gloire.
FIN
DE
ou DE LA