‹ Les contemporains de Molière:Chapitre 245 sur 325 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

RÉCIT

Une troupe des plus habiles musiciens, reveuant ensemble du Ballet du Roy, proposent de se divertir entre eux, et pour surprendre plus agréablement leur voisinage, se rendent chez Portier et Bourgeois % qui leur prestent des habits de masques , dont, afin d'estre moins cogneus, le sieur Lb Gros * se déguise sous l*habit du Plaisir; le sieur DoKC Taisné, sous celuy du Bontemps; les sieurs de MoLLiERjTissiJ^, Vincent ^, Itier^, Couprain^ Garnier, IVIartin^Beauchamps? et Donc le cadet S sous les habits du Jeu et

* Marchands et fournisseurs à la mode.

' Célèbre chanteur, qui figurait souvent dans les ballets du roi. Il en est trécfréquemment question dans Loret (I. IX, 27; X, 32, 73, etc.).

3 Tissu, comme llarUn père, Martin aîné, Martin cadet (on voit que c*était toute une famille), figure dans plusieurs ballets, par exemple dans le Ballet du Roy, s. I. n. d.

* Chanteur et théorbiste célèbre. (Loret, IX, 27 ; XI, 198, etc.)

Mtier ou Ytier était le gendre de Mol lier, dont nous avons assez longuement parlé dans notre Histoire du Ballet de Cour. Il est plusieurs fois quesUoo de ce musicien et chanteur dans les lettres de M"« de Sévigné.

* La famille des Couperins s'est illustrée dans la musique pendant près de deux siècles. Les trois frères, Louis, François et Charles, nés en 1630, 31 et 32, se distinguèrent particulièrement par leur talent sur Torgue et le clavecin. Le premier était organiste de la chapelle du roi.

^ On connaît cet Illustre danseur et chorégraphe , mort en 1695, qui prit une si grande part, non-seulement comme acteur, mais comme organisateur, dans les iMllets du roi. H n*en est pour ainsi dire pas un où il n'ait figuré et dont II n*aU réglé la danse.

* Les deux Donc sont des chanteurs qui reparaissent assez souvent dans les Récits des ballets de cour ; nous en avons vu un dans la Galanterie du temps. Donc, qui est écrit Don dans ce dernier ballet, et Dom dans la Muse royale (i i Juin 1657 ), est très-probablement le même que Dun : presque tous les noms propres sont écrits au dix-septième siècle avec d'Innombrables variantes de ce genre. Il y avait un Dun parmi les chanteurs les plus remarquables de l'Opéra, à son début.

4ôG LES PLAISIRS TROUBLÉS.

autres ses suivans^ et en ce plaisant équipage, vont donner une séré* nade aux belles de leur quartier, et chantent.

LE PLAISIB, à Phiiis,

En vain ay-je entrepris, dans ce déguisement, Sous rhabit du Plaisir^ de vous cacher mes peines.

LE BONTEHPS, à Diane,

De celuy du Bontempsje couvre icy mes gehenes , Mais, las! cette contrainte augmente mon tourment.

LE PLAISIR, au Bontemps.

Tous deux infortunés, dieux, qu'avons-nous à faire?

LE BONTEMPS, OU Plaisir.

Soupirer et mourir, ayant le sort contraire .

TOUS DEUX ENSEMBLE

Nous qui par nos chansons plaignons les maux d'autniy, Nous-mesmes par nos chants plaignons-nous aujourd'huy.

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