LA DÉROUTE
Je veux que désormais on n'en voye pas une
Qui De brusie en secret pour quelque beau blondio ,
Kt que pas un blondio jamais n^en ayme aucune.
Ces almonachs ayant étéimprimés,d€ux C0LP0BTSUBS,cAargé«(/(e plusieurs pièces nouvelles y courent dans les rues avec une précipi lotion tout'à fait grande^ et crient à plein ^o*icr f Almanach des prétieuses* , dont ils font un grand débit.
Pour /^ COLPORTEUR , crîant les almanachs.
Ma foy, je n'ay point de sujet De déclamer contre les Prétieuses :
Je veux bien que partout on les trouve orgueilleuses; Pour moy, j*en suis fort satisfait, Car leur figure non commune Va faire ma bonne fortune.
Pour le cOLPOBiEVf^, portant des vers contre les Prétieuses.
Je cours depuis longtemps et je perds tous mes pas : A présent un chacun se rit de la Gazette; Mais je vais mettre en montre une pièce secrette Que tout le monde n'aura pas.
ENTIIIŒ III.
Dans cet intervalle de temps, trois prétieuses viennent à passer, qui, voyant ces colporteurs entourés de monde , et s' en tendant nommer, veulent açavoir ce que ces gens regardent et achètent avec tant d'empressement ; mois quand elles apperçoivent que cest une pièce que Con a faite pour se moquer d'elles, le dépit les
' Nous oe bavons si cet almanach a réellement exbté; od est porté à le croire, en voyant Tinsistance avec laquelle fauteur de la mascarade y revient. >< Cette journée doit être marquée dans notre almanach comme une journée bienheureuse, » dit Catbos dans les Précieuses ridicules (se. 12). Je note ce rapprochement sans y attacher plus d'Importance qu'il ne faut, car il s'agit dans la mascarade d'un almanach fait contre les Précieuses, et il s'agirait , dans la pièce de Molière, d'un almanach dressé par elles-mêmes, a supposer que la phrase de Calhoa ne soit pas une simple locution proverbiale.
DKS PRÉTIEUSES. 505
saisit, et elles entrent en une telle furie qu'elles prennent leur buses pour battre ces colporteurs, qui sont obligés de s'enfuir,
four ks PRBTIEUSBS.
Lorsque uous couimeocions d*établir nostre empire , Qu'on recevoitoos lois ainsi que nos beaux mots. Tout d'un coup contre nous on fait une satyre, Rt partout Ton uous donne à dos. .
Mes chères s pourrons-nous après cela paroistre ,
Sans qu'on nous monstre au dt)igt et qu'on courre après nous ?
Il nous faut épouser un cloistre.
N'ayant pu rencontrer d'époux.
Use rencontre la, par hazard^ un poètb qu'elles reconnoissent, à qui elles font toutes les amitiés possibles pour Cobliger à se déclarer de leur party, et luy promettent merveille s'il veut s'en» gager de faire des vers contre cet Alnianach; mais, au lieu de se laisser aller à leurs prières, il se met à chanter la chanson que Con a faite contre elles, et à se réjouir du désordre où il les voit.
CHAKSiON >.
Prélieuses, vos maximes Renversent tous nos plaisirs,
' C'efet ie mot dont elles se servaient habituellement entre elles. On disait même uuecAère pour une précieuse. Voir/er Cercle, et la Prècieuêe et ta Prude de Saint- Evremond.
' C:ett<> chanson se trouve, à la date de 1659« dans le 2J* volume du recueil de Maurepa>. U n*y a que le preqnier couplet , avec des variantes :
Pr^cieuitcs. vosi maximes Détruisent toas m % plattln.
Kt vous prenez pour des crime.i 1.64 moindres de nos dmrs.
Rambouillet, et tous, d'Aiimafe.
Quoy ! ne verrons nous Jamnis L'a mou r et v»tre rabale Fdire un bon traité de paii !
Le coupirl est précédé de cette note : «Tout PHôtel de RamlwuUlet, et Mae de Grignan \,\d première femme de ce marqui», qui devait épouser plus tard Mlle de Sévigné), lille de Mme de Rambouillet, éloieut à la première repréi^enlation des Préciemen ridicules en ld&». «^ Ce fait est d'ailleur:» attesté par Ménage. La cliausoii se ct)antait sur Pair : Tircis^ ce berger fidèle^ ou Les petits sauts de Bordeaux.