‹ Les contemporains de Molière:Chapitre 289 sur 325 · SUR LE BALLET DES MUSES · texte numérisé non relu

SUR LE BALLET DES MUSES

Avant cette date du 5 janvier, il ne semble pas qu^aucune modification eiU été apportée au ballet. La Gazette ne mentionne point de nouvelles représentations pendant le courant du mois de décembre , mais il en est vaguement parlé dans Robinet :

L*«Dguste ballet de* neuf lœar*. . .

Uivertil toujonn à merveille La cour des court 1« noa pareille ,

dit-il, dans sa lettre du 26 décembre. Robinet n'a i)as l'air bien sur de son fait, et le silence de la Gazette surtout pourrait porter à croire que c'est là un propos en l'air, une banalité de chroniqueur à court de nouvelles. Cependant ce renseignement est confirmé par un autre qu'il nous donne plus loin (lettre du 9 janv.), quand il nous apprend que^ Madame avait reparu dans le ballet , où elle avait dil cesser de danser après la mort du duc de Valois, son fils, arrivée le 8 décembre précédent. Quoi qu'il en soit, si le Ballet des Mmes fut réellement donné de nouveau pendant le mois de décembre , ou bien la troupe de Molière , qui se trouvait toujours à Saint- Germain, y jouait toujours Mélicerte , ou bien cette pièce n'avait pas encore été remplacée.

Le roi se livrait avec une telle ardeur à ce divertissement, qu'il n'en put étrct détourné par l'approche imminente des couches de la reine. Le 2 jan- \ier, devait avoir lieu une nou>olIe représentation, et elle était même commencée, quand Marie-Thérèse ressentit les premières douleurs. Louis XIV averti , se hâta de suspendre la représentatiou et de courir auprès d'elle.

Dimanche, «econd jour de l'an....

Comme on commençoit lea entrées Du ballet des sœurs d'Apollon;...

La belle rompit la partie.

Et voulut faire sa sortie, Tellement que son rlier papa I/ayant appris loissa tout là.

(Robinet, lett. du 9 Janv.)

Il est probable que la Pastorale comique devait figurer dans cette représentation manquée, puisqu'on la > oit trois jours après, dans celle du 5, où l'on n'avait assurément pu, surtout au milieu du trouble occasionné par l'accouchement de la reine, introduire en si ]ieu de temps une pièce nouvelle, et qui ne fiit sans aucun doute (pie la répétition du spectacle interrompu quelques jours auparavant.

Continuons à relever la série des représentations du Jlallet des Muses ^ (|ui a été souvent indi({uée d'une manière inexacte et incomplète |Mir les historiens du théâtre.

« Le 8 et le 10, on continua de prendre le divertissement du ballet. » {Gaz. du H jauv.) Dans sa lettre du 23 sui>ant. Robinet nous apprend, sans nous donner de date , que le Ballet des Muses avait été encore joué à Saint-Germain. « Le 25, écrit la Gazette, on continua le Ballet des Mmes, avec de nouveaux embellissements, entre lesquels étoit une entrée Espa-

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gnoUf qui fut Irouvéf des mieux conctTlérs el des plus agrénbie». .. Ou %oii que c*est probal)lement à cette date ({u*il faut re^iortei' la jirciiiière aAtaarition de U Mascarade Esfta^iwle^ et, saii» doute aussi de la comédie di« Poètes^ dont cette mascarade faisait imrtic Nous savons, par la lettre de Ro- Ijiiiet du 30, que le I^allet fut encore «laiisc plusieurs fois :

Mard}, dan* le chaimaat Vcrsaillrt L'on fut eocor faire gogailles : ,

Là par le nioaTement|de8 eaux, Qui coulent eo divers tuyaui , On entendit ane belle orgue QUI fait à tonl antre la morgne.

le ^nec i«nl qti'Mi y balla, Q«e Tca(<«« plvs ayrèa cela ?

Lea «être* Joara de la semaine, Ainsi déplaisirs toute pleine On a dei Mutes le ballet.

Enfin \f 31 cotirant , dit la Galette du 4 février, « la cour prit dcreehttf le iKvertimenienf du Ballet , <|ui parois! toitjour« nôn^Tau cl <le plus ca ptaia agréable par l«s scènes qu'on y ajoute et les autres embeHisMmettti des mifMK couciTtés. )*

Let re|trrâeulatioiis de ce divertissement faMH-i de la conr ne se i«Wn- «ii^nt pas petidant le niois suivant. Il ftit dansé le 6 février (Cr<uwre€hi 11)^ H HoMnet écrit, en date du 13 :

Le (iroHd ballet s'y danse enforp> , Avec une scène de 3lorw, Scène nouvelle, et qui vrainirut Plaist, dit*on, nienrèflleosement.

L'on y voit aussi notre Sire, El cela, je crois, c'est tout dire.

Mais de plus Madame ypnroist :

Jugez, lecteur, ce que c'en est.

Cette Scî/ic <lv Miuts était tout au moins le premier germe de la comédie du Sicilien, (jue nous allons voir enfin apparaître nettement. En effet, la GaztUc dvi 18, s'exprimant en tenues plus e\pl ici le~s, apràs avoir mentionné sommairement une représeutalion offerte le 12 aux andta.nsadeurs et ministres étratigers, continue de celle manière ; « Le 14 et le 10, le liallet fut encore dansé avec deux nouvelles cnti*ées de Turcs et de Plaines, qui oui paru ties niietix concertées , la dernière étant aeeompaguée d'uu<» comédie framboise aussi des pins dixerlissantes. > (iClte comédie fraui^aise, on le voit suffisamment par les termes de la Gazette et par les circonslaucos qu'elle indique, ne pouvait èln* que \ç Sicilien^ ou l\-1mour peintre, Rol>inet coidirnie ce détail dans son numéro du 20, où il nous appix'ud ((iie depuis sa dernière lettre on a dansé trois fois le même ballet,

<>ni rtiniiiçeant encor beancoup pîn»

De vi.>aue<i que Protens, Avoitlors d««K antres entrées Qa'oa a Iteuucoup considérées.

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