PYRAME ET THISBÉ
Pyrame, Monsieur le grand > ; Tliisbé^ le MAKgiis de mirepoix. Pour MONSIEUR LE GRAND , Pyrame .
Pyrame étoit uu peu plus triste que vous n'estes ; Vous avez, néanmoins, son air et ses attraits : Thisbé s'y fust méprise , et sans doute vous faites
Tout ce qu'il Ot, au meurtre prés ; Aussi pouvoit-il bien , ce semble , à moins de frais
Marquer sa passion extrême :
D'autres preuves d'amour il est- un million. Vous auriez plus de peine à vous tuer vous-mesme , Que vous n'auriez de peine à tuer un lion. Si vostre âme inquiète^ adorable Pyrame, Vouloit quitter ainsi le beau corps qui la joint , Elle seroit une âme injuste au dernier point , Et je ne croirois pas qu'il fust une pire âme.
Pour le MARQUIS DE MIREPOIX , ThUbé.
Vous avez bonne mine, et ne prétendez pas Que pour vostre beauté l'on souffre le trépas.
Aussi la fable, ingénieuse et sage, Sur l'accident funeste où Pyrame est tombé ,
Quand elle parle de Thisbé N'accuse que son voile, et non pas son visage.
ENTRÉE IIL
Thalie, à qui la comédie est consacrée^ a pour ji^rt âge une pièce comique représentée par les comédiens du Roy ' , et composée par celuy de tous nos poètes qui, dans ce genre d'écrire , peut le plus Justement se comparer aux anciens.