SIGVE EL PRIMER DIALOGO
Canta M\ria de aSayv.
tSo ay coraçon que no tenu H empf fin J)c haçer dueîio siiyo a un DIos nlio y clfgo.
La quatrième sc«De est du marquis et de la comtesse , qui se moquent l'un de Feutre.
La cinquième scène est de la comtesse , qui ^tandis que leiBwrquis va chercher ses gens, lit des vei^ qu'elle a faits, qui sont sans mesure et qui n'ont point de rime , quoyque les mots qui doivent rimer ne soient différens que par une seule lettre.
La sixième scène est des avis ridicules que le marquis et la comtesse donnent à Silvandre sur le sujet de la petite comédie qu'il a ordre de faire.
La f^ième et dernière scène est d'une en^eée 44sBas^S6 du luarquis, et de la résolution qu'Ariste lait prendre à Silvandre de ne point chercher d'autre sujet que celuy qui luy est offert par le hasard dans tout ce qu'il vient de voir.
Basques : Monsieur iLE Ghand, monsieur le «iaaj^uis j>£ Villeboy, le MARQUIS DE Kâssân, mousicur de Souyillb; messieurs Bbauchamp, Chicanneau , Fayieb et La Pierbe.
JPour les poyeiXES. ;
Souvent les médecins
Pïe sont pas les plus sains, Encore que leur art de tous maux nous délivre ; '
Les beaux esprits sont tels :
Ils rendent immortels , Kt la plupart du temps ils n'ont pas de quoy vivre.
Cuuta VKAJiCLSQK VSZON.
Do Amor las rtgores dan atcaiprc OMHairto, Que Canaan pU çcw* iis/dtiia jw^ntapUia.
^Cantjn todos los mkmos versos.)
SIGIE EL SEGUypO MÂÙÙGO.
Canta 5iatoirukG0ABo.
Auaqoe lengas oua prcoiUs
Que en las olras ay,l , St a qucrerroe no llegas
Las «s de tiorrar.
Cmnta PftMrciacA viaoïr.
O qne bien enojailo
Te drxa ri dcsdcQ !
Sin sgKadar, ninguno
Intente quercr.
(Cmlan todos Un
KKTRÉE DES ESPAGNOLS ET ESPAG^OLES.
Pour le DUC dk saint- aignan, Espagnol déguisé en masque.
Quelque Espagnol que je sois, J'ay sceu me déguiser avecque tant de gloire Qu'en cent occasions d'étemelle mémoire J'ay passé pour très- bon François, Et m'en suis d'autant mieux signalé dans Tliistoire.
Pour M. LE GRAND, /e5 MARQUIS DE YILLEROY, BfIREPOIX , et RASSAN.
Messieurs les Espagnols , pour vous faire plaisir Je voudrois vous louer séparément tous quatre. Mais je n'en feray rien, et deussiez-vous me battre , Non manque de sujet , mais faute de loisir.
L'on m'a prescrit trop tard ce que j'avois à faire : J'ay mon prince à louer, honneur qui m'est si doux , J*ay cinq jeunes beautez encore à satisfaire. Et je ne suis pas homme à les laisser pour vous.
Ensemble étant amis vous i^rez à vostre aise , Et je ne vous unis que pour vous obliger ; Si vous estes rivaux (pourtant a Dieu ne plaise !) 11 vous sera permis de vous entre-manger.
Pour le ROY, représentant un espagihol.
Que pour cet Espagnol les dieux ont d'amitié ! Aussi c'est un chef-d'œuvre admirable et céleste; Le sang et la nature en ûrent la moitié , La paix et l'alliance ont composé le reste.
Son équité soutient le commun intérest De ces deux nations qui font mouvoir l'Europe : Dure à jamais ce nœud , serré comme il parest , Et qui de tant d'Etats la fortune enveloppe !
POUR l'entrée DES ESPAGNOLES.
MADAME, Madame de M(Jntespan , madame de Crussol, mademoiselle DE la Vallièee et mademoiselle de Tolssy.
Ces Espagnoles ont des traits Contre qui la raison fait des efforts frivoles ;
11 n'est pas défendu d*adQiirer leurs attraits , Mais il est dangereux d'aimer ces Espagnoles.
L'une ' sort d'un si noble sang Qu'on ne sçauroit jamais atteindre à cette belle ; Toute la gravité qui conduit à son rang Oste la liberté de soupirer pour elle.
L'autre > a le cœur peu partagé ; Je ne sçais s'il est plein, je ne sçais s'il est vide. Mais je tiens , s*il s'étoit une fois engagé , Qu'il auroit de la peine à devenir perGde.
De celle-cy ' l'intention Est de faire aux humains une mortelle guerre, Et son vray caractère est de la nation Qui voudroit maistriser le reste de la terre.
Celle-là 4, d'un air noble et haut , Est sage autant qu'aimable , et toute cette flamme Qui fait tant de ravage en un climat si chaud. Elle Fa dans l'esprit et ne Ta point dans l'âme.
Que cette jeune beauté plaist ^ !
Mais à quelle fortune est-elle réservée ? Avec tant de trésors diriezvous pas qu'elle est Des Indes en ce lieu fraischement arrivée !
Pour vos flèches changez de but.
Amour, et quittez là des entreprises folles ; Vous avez votre sens, mais la raison conclut Qu*il est très-dangereux d'aimer ces Espagnoles.
ENTRÉE Vil
ET
RÉCIT
On fait paroisfre obphée, fils de cette Mu$e{CaUiope) qui^ par les divers sons de sa lyre , exprimant tantost une douleur languis-
> Madame.
> Mlle delà Vallière.
' Mme de Montespan.
4 Miue de Cnissol. V' plus loin (Entrée XI), pour l*explicaUon de ces vers, no« Ire note sur celte âUe de Julie de Ramlwuillet et du duc de Monlausier. ^MiiedeToussi.
saute et tantost un dépit violent^ inspire les mesmes motwemens à ceux qui le suivent ; ft, entre autres, une NYMras, que le hasard a fait rencontrer sur Cun des rochers <iuHl attire après luy^ est tellement transportée par Vefjet de cette harmonie , qu'elle découvre sans y penser les secrets de son eœur par cet te chanson :
Amour trop indiscret, devoir trop rigoureux, Je ne sçais lequel de «vous deux Me cause le plus de martyre ; Mais que c'est un mû\ dangereux D*aimer, et ne le pouvoir dire !
Orphée : Monsieur de Lully.
Nymphe : Mademoiselle Hjllaiae.
JJuit Thraciens : Messieurs Des-Aibs Faisné, Dbs-Airs Galant, JVoBLET Taisné, Favier, SAnuT-ANmns, B^esoueto et Foignac.
liÉCIT D^9RP/œ£ ,
qui n'est point chanté.
Je ne viens point icy, par mes tristes accens, Des sensibles objets suspendre tous les sens, Attirer après raoy les rochers et les marbres,
Faire marcher les arbres :
Ma tristesse par là ne se peut amoindrir,
Et c'est un effort inutile.
Hélas! ce que je veux n^est possi difliotle: Je ne veux que toucher un cœur et Taltendrir.
Non, je ne prétens point que Pamour par ma voix. Vienne contraindre icy la nature et ses loix ; S'il y faut de la force et de la violence ,
J'aime mieux le sileuce.
Alûviristesse^par là, etc.
Pour MONSIEUR DE LLLLY, Orphée.
Cet Orphée a le goust très -délicat et fin ; C'est l'ornement du siècle, et n'est rien qu'il n'attire , Soit hommes , animaux , bois et roclieus enfin , Du son mélodieux de sa charmante lyre.
Toutes oesdioses-là le suivent pas à pas , Et de sou harmoDÎe elles sont les oonquestes ; Mais , si vous Fen pressez , il vous dira tout bas QuMl est cruellement Catigué parles bestes.
ENTRÉE VIIL
Pour ÉBATO , que Von invoque particulièrement en amour ^ on a tiré six amans de nos romans les plus fameux^ comme Théagène et Cariclée , Mandane et Cyrus, Pokxandre et Alcidiane,
TBOIS AMAIVS et TROTS AVANTBS.
Amans : Cyrus, Le ROY; /'olexcrmiffY, ie mabquis db Villeboy ; Théagène , monsieur B£AUCHA.Mr.
Amantes: ilfa/z^an^', monsieur Ray nal; Akidiane^ le mabquis DE Mtbepoix ; Cariclée^ le sieur La Pjebbe.
CYBUS et rOLEXANDBE.
Pour le ROY, Cyrus,
Supert>e antiquité , dont si tnal^à-fNTopos
Le siède trop longtemps a -souffert 1^ reprodKS,
Et qui voulez toujours, à régavd des liérM ,
Que les plus éloignez temisseiit les fAw |)mdbeB ,
Si vous en avez eu, bous en awom Aussi,
Et la chose entre nous doft «Store égale ief.
Mais n*en soyons point crus , ni les uns ni les autres,
Attendons, sur le prix et du uostre et des vostres ,
De la postérité le juste tribunal;
L'invincible Louis ne perd rien à Tattendre :
TafltMt o^est un Cyrus , tantost on AteiiiMéif ,
Ettou^oaivla copie ittteiat Fcuigiiial.
Ils ont eu leurs défauts , ces démons des combats : L^un sentit au courroux sa grande âme asservie , Et l'autre eut dans sa fîn quelque chose de bas , "Que tffivx Ktri l'ont loué n'ont point mis dans sa ^. Xoiiis est toujours sage , il règle ses désirs^ £t jie fisit que^lisser far dessus lesplaisinB; ^ ivertii , farte eti^eine, est une vertu rare. Qui relève ; aiïermit, fortiGe et répare j
iiO'i LE BALLET ROYAL
C'est un fleuve qu*on croit qui va tout renverser, Qui ne rencontre point de digue h son épreuve; KnGn Ton se rasseure, et Ton voit que ce fleuve Inonde la campagne afln de l'engraisser.
Pour le MARQUIS DE viLLEBOV, PoUxandre.
Que c'est un grand bonheur dVstre jeune et bien fait. De l'esprit et du corps également parfait, Ainsi que Polexandre errant par tout le monde
A dessein de lui ressembler,
Et de pouvoir faire trembler
Constantinople et Trébisonde !
£t puis, quand vous estes tenté D'aller secrètement vous embarquer sur l'onde, '
Estre tout à coup arresté Par un géant terrible, et qui porte couronne, Dont le fameux pouvoir vous retient enchanté
Dans une des tours de Péronne; Faire tous les étez quelque trait de roman , Par où vous soyez mis les hivers en écran', Hrusler toujours d'un feu qui n'ait rien de profane , Joint à de grands respects pour quelque Alcidiane, Desquels on se défait quand il en est saison; Et surtout se garder de la démangeaison
De raconter ses avantures,
Et de montrer des écritures*.
Pour POLYMNIE, de qui le pouvoir s'étend sur l'éloquence et la dialectique, trois philosophes gbecs et deux obâteubs bomains sont représentés en ridicule par des comédiens français et italiens, auxquels on a laissé la liberté de composer leurs rôles^
■ CVst-à-dire de fouruir un sujet à Tune de ces images dont U était d'usage dUtlustrer surtout les écrans ci main au XYll* siècle. On les couvrait aussi de ligures de Mason et même de devisi-s et de vers.
> Ce i)allet , en particulier, est tout rempli d'allusions aux galanteries iunomlirables Aucharmanl marquis de Yilleroy, qui était gâté par les femmes. Voir encore les entrées XII et XVI.
DES MUSES. «wi5
OBATEUBS LATINS. PHILOSOPHES GBECS.
Cicéron, Arlequin. Démocritey MoDtfteury.
Hortence'^ Scaramouche. Heraclite, Poissou.
Sénateur, Valerio. I^ Cynique, Brécourt.
ORATEUBS et PHILOSOPHES.
^'est-ce pas estre né sous un noble ascendant Que d'estre un orateur, et d'estre un philosophe, Quoyqull en soit beaucoup de fort petite étoffe.' C^r, par un ordinaire et fatal accident , Qui cause à la science un éternel opprobre , De ces deux composez il se forme un pédant , Ridicule animal y très-crasseux et peu sobre '.
Pour TEBPSiCHOBE, à QUI Pinvention des chants et des danses rustiques est attribuée , on fait danser quatre faunes et quatre FEMMES sauvages qui, pliant en diverses façons des branches (TarbreSj en font mille tours différens ; et leur danse est agréablement interrompue par la voix d'un jeune satybe :
RÉCIT nu SATYRE,
Le soin de gouster la vie
Est icy nostre employ ; Chacun y suit son envie :
C'est nostre unique loy.
I/Amour toujours nous inspire
Ce qu'il a de plus doux; Ce n*est jamais que pour rire
Qu*on aime parmy nous.
Satyre : Monsieur Le Gbos.
' Hortensias.
^ Le pédant, un des types favoris de notre vieille comédie et du roman satirique au dix-septième siècle, est presque toujours mis en scène sous les traits d'uu a/4ima/ dont la gloutonnerie égaie la saleté. Il est, de p'us, laid, avare, ridicule de tous points. Tel i*ont représenté Larrivey, Rotrou, Molière, Cyrano, Scarroo, Sorel, Ménage, etc.
AOft LE BALLET ROYAL
Quatre Faunes : Monsieur Dolttet, les sieurs SAiriT-A^NORÉ, NOBLETraîsné et Des-Airs Galant.
Quatre femmes sauvages : I^s sieurs Bonard, Desonits, Fa-
VIER, et FOIGNÂC.
Pour les FAUNES.
Ces gens-cy tiennent en affaire Un procédé fort ingénu :
L'honneur leur sembFe une chimère , Et chez eux FAmoar est tout nu , Comme dans les bras de sa mère.
Jjes neuf iivsns et les neuf filles de pibrus dansent à fenvy^ tantost séparément et taniost ensemble y chacune de ces deux troupes aspirant avec une mesme ardeur à triompher de celle qui lui étoit opposée.
Piérides .MADAME; mesdames de Montespan, de CRbssOL; mesdemoiselles de La Vallièrk, de Toussy, de La Mothe. be FiENNEs; madame du Ludbe^cI mademoiselle de Bra:ccas.
Muses : mesdames de Villequier, de Rochefort, de La Val- LiÈRK, DU Flessts, d'Heudigourt; mesdemoiselles d'Arquiex
DR LOiNGUEVAL, DE COLOGOIV, lU: L\ MaRK.
Contestation des piérides et des muses . MADAME, Piéride.
Quelle étrange dispute est-ce donc qui s'appreste ? Qui vous a, je vous prie , osé mettre en la teste , Muses, que nous étions jalouses de vous , nous ?
MADAME d'HEUDICOUBT * , MUS€.
Madame, nous avons un grand respect pour vous : A vous dire le vray, de personne à personne ,
* Bonne de Pont, qui avait époosé cette année mène Michel de Sabld, marquis d^Headicourt.
D'une conHnune voix vous aurez la couronne ; Mais si vostre bonté nous permet une fois D*appuyer nos raisons et soutenir nos droits , Pour nostre gain de cause à la face des hommes , Il suffit eu ce lieu d'alléguer que nous sommes Filles de Jupiter, vous de Pierius.
Encore qu'Alexandre effaçast Darius , Leurs soldats pouvoîent bien se comparer ensemble ; Et cela nettemenr veut dire, ce me semble , Que l'on peut vons tirer hors de comparaison , Et contre tout le resté avoir quelque raison.
MADEMOISELLE DE LÀ YALLIÈBE, Piéride.
Non, non, point de détour, et point de stratagème : U n'est pas questtoii èe ce respect extrênie , Et, sur le point où roule icy nostre entretien, La personne y fait tout^ et la qualité rien. Il fane examiner quel est nostre mérite , Mais un mérite illustre, et que rien ne Tiniite , Brillant et reconnu d'un aveu solennel.
Comme un mérite à nous purement personnel : Point d'appuis étrangers, que toutes y renoncent ; Après, que Ton décide , et que les dieux prononcent.
MADSMOISBLLS DE LOKSU&VAk' , MUM.
Les dieux ? nous retombons en pire extrémité. Sçait-on pas que les dieux sont de vosire costé ? Eux qui sont si puissans sur la terre et sur Tonde ^ Et qui devroient sans doute estre pour tout le monde ; Cependant par malheur, on voit qu'ils n*y sont point.
MADAME Dm MOIITESPAN , PiMde,
Laissons les dieux à part et revenons au point. Parlons de bonne foy , quelle erreur est la vostre ? Selon vous, estre Muse est-ce estre plus qu'une autre 7 Si ce nom fut jadis en admiration , II a suivy du temps la révolution ;
' Fille de cil. Albert de Longucval , comte de Baqool.
«i08 LE BALLET ROYAL
T^ mode en est passée, et, si je ne m'abuse,
L'on peut valoir beaucoup, quoy qu'on ne soit pas Musc.
MADEMOISELLE D'aRQIJIEN ' , yfUSe,
INfais je tiens qu'cstre Muse aussi n'empesche pas Qu'on n'ait lieu de prétendre aux plus charmcms appas. Ce seroit grand*pitié que , pour estre un peu belle , On dût appréhender d'estre spirituelle , Qu'il fallût renoncer à ces divins trésors , Et que l'esprit donnât l'exclusion au corps. .
MADAME DE CBUSSOL », Piéride,
Pour moy, bien que toujours les Muses m'ayent chérie ,
l*ar elles tendrement élevée et nourrie ,
Que j'aye été bercée au doux bruit des chansons
Que font de temps en temps leur doctes nourrissons ,
Je m'estime bien plus d'estre icy Piéride ,
Et je tiens mon état meilleur et plus solide.