SUR GABRIEL GILBERT ET LES INTRIGUES AMOUREUSES
Gabriel Gilbert jouit au dix-septième siècle d'une renommée qu*il a bien perdue depuis. Il est assurément peu de noms aujourd'hui plus inconnus, et pou d'ouvrages moins li;s que les siens; et pourtant il a remporté de grands succès au théâtre; il a été regardé comme un des premiers écrivains dramatiques au-dessous de riorneille, remarqué par Richelieu, — juge fort contestable , il est vrai , — et protégé successivement par Mazarin,de Lyonne et Fouquet; enQn il a occupé de hautes positions administratives et diplomatiques, qu'il dut, au moins en partie, à son talent et à ses œu^TCS , comme le dit expressément Chapelain , qui ajoute qu'il n'avait pas une petite opinion d*; lui-même. Après avoir été secrétaire de la duchesse de Rolian, Gilbert, qui appartenait à la religion protestante , devint secrétaire des commandements de la reine Christine de Suède , comme l'avait clé aussi Url)aiu Che\Teau, et son résident en France, après son abdication (1657): il prend cette qualité dans le privilège des Amours de Diane et ctEndymion, tragédie publiée en cette même année.
Loret jîarle quehfue part
De la plame immortelle De'l'excellent raonslenr Gilbert, Rare écrlTain , antear eipert, Qa^on prise en toate compagnie, Et qui, par son noble génie, P0I7 , sçBvant, intelligent, 1)« Christine est le digne agent.
Mais la lianalité des éloges de Loret leur ôte presque toute valeur, et s'il aime à mentionner les ouvrages de Gilbert chaque fois qu'ils se produisent , on peut croire que c'est à cause de sou titre encore plus que de son talent.
Dans la Satyre des satyres de Boursault (se. YI) on trouve quelques renseignements intimes , quoique d'une importance très-médiocre , sur notre auteur. Nous transcrivons ce passage pour les curieux :