‹ Les contemporains de Molière:Chapitre 46 sur 325 · DAMON MAROT · texte numérisé non relu

DAMON MAROT

Ayant sceu mon malheur, Vous venez prendre part à ma juste douleur. Ouy, je viens partager Tennuy qui^vous dévore; Mais je crains un malheur beaucoup plus grand encore Lisandre après mou frère est ailé cette nuit. Tant mieux ^ si ce n'est pas en vain qu'il le poursuit. Ah ! le funeste avis et le malheureux homme Qui le vient avertir qu'il s'en alloit à Romeî Pourquoy ?

J'en appréhende un dangereux effet :

Mon frère est un enfant , Lisandre ( st homme fait , Et ce cruel amant, transporté de colère, Pour recouvrer son bien pourra tuçr mon frère. bas. Fort bien imaginé ! Plaignez son triste sort, Pleurez.

Hélas !

Pleurez comme s'il étoit mort.

Que dites- vous tout bas?

Qu'Yante est une folle De pleurer sans sujet et de faire l'idole « . Vostre valet, ma nièce, est plus sage que vous. Lisandre sçaura bien modérer son courroux ; Il aura la conduite avecque la vaillance. Il sçaura ménager la chose avec prudence , Pour recouvrer ma perte et celle de Clindor. Sa vie est précieuse encore plus que l'or. Si Lisandre est prudent et s'il a du courage, Damon n'est pas d'humeur a souffrir un outrage, Et, quoy que fasse enGn mon frère et mon amant. Je n'en puis espérer un bon événement.

Le voicy qui revient, il pourra nous l'apprendre. Autre courrier encor.

' Faijre la niaise.

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