‹ Les contemporains de Molière:Chapitre 47 sur 325 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

DAMON, LISANDRE, YArn^E, MAROT.

DAMON. Eh bien! brave Lisandre,

Avez-vous rencontré mon perGde neveu?

MAROT. Permettez-luy, Monsieur, de respirer un peu : Il a couru si fort, qu*il en est hors d*haleine.

YANTB. Que je crains pour mon frère, et que je suis en peine!

DAMON. Dites, l'avez- vous veu? Tirez-nous de soucy.

LISANDRE. Je Tay trouvé. Monsieur, à dix postes d'icy;

Quoyqu'il eust devant moy quatre postes d*avance, J'ay joint ce bon courrier.

MAROT. La grande diligence!

LISANDRE. Dès quil me vit, de loin , connoissant mon dessein , Il descend de cheval, et vient à moy soudain, £t prend deux pistolets de Tarçon de sa selle , Pour me faire voler, disoit-il, la cervelle. Le respect que j'avois pour Yante et pour vous Fit que je hasarday dVssuyer ses deux coups. Pour épargner un sang que je n'osois répandre.

DAMON. C'est en fort galant homme en user à Lisandre.

LISANDRE. 11 tira de deux pas son premier pistolet

Qui brusla mes cheveux et noircit mon collet; Le second prit un rat ■ .

MAROT. A ce rat rendez grâce.

Car peut-estre sans luy vous mouriez sur la place.

LISANDRE. Sans doute. Après cela, quoyqu'il fist bien le fier, Je Kobligeay pourtant à demander quartier. Il me confessa tout alors avec franchise Et me dit que l'argent étoit dans sa valise ; J'y fouille et m'en saisis d'un soin fort diligent. Et je pris la valise ensemble avec l'argent. Sans me mettre en soucy d'en donner de décharge. Derrière un postillon a l'instant je la charge ; Puis je monte à cheval, luy jcttant un souris. Et je prends mon chemin tout droit devers Paris ; . Luy, d'un autre costé, reprend celuy de Rome.

MAROT. Assez mal satisfait de n'avoir plus la somme.

' C'est le même sens et la même élymoiogie que noire verbe rater.

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