ACTE V, SCÈNE IX
LIS ANDRE. Il étoit si chagrin, il étoit si confus ,
Que son oncle , je crois, ne le re verra plus. ' DAMOM. Tant mieux, j'en suis content, de bon cœur je Fen quitte;
Te me passeray bien d'une telle visite ,
Et je le déshérite après ce qu'il a fait ;
Je ne le veux plus voir.
MAROT. Ce sera fort bien fait.
Il le mérite bien.
DAMOK. Pour vous, brave Lisandre ,
Que j'ay pour vos bontez de grâces à vous rendre !
En quels termes pourray-je exprimer ce bienfait?
Comment reconnoistray-je un amy si parfait? LisANDBE. Donuez-moy vostre nièce , et mon ame est contente. DAMON. Je me donne moy-mesrae encore avec Yante.
Après cette action, qu'on ne peut trop louer.
Ma nièce auroit grand tort de me désavouer. MAROT, bas. Résistez un petit, pour mieux couvrir l'affaire. YANTE. Oserois-je épouser l'eunemy de mon frère? DAMON. T.isandre n'a rien fait qu'en fort homme d'honneur.
Et j'étois ruiné s'il eust eu moins de cœur.
Pour un frère si lasche ayez moins de tendresse.
Quittez le nom de sœur i)our celuy de maistresse.
Vous devez oublier un parent vicieux ,
Pour chérir en sa place un époux vertueux. LISANDBE Ne la contraignez pas.
DAMON. Laissez, laissez-moy faire.
Sans faire de Taçon et sans plus de mystère.
Par contrat l'épousant , vous aurez tout mon bien ;
Si vous le refusez, ma foy, vous n'aurez rien.
Sans faire à contretemps la pleureuse ou la vaine.
Choisissez l'un des deux, son amour, ou ma haine. YANTE. Donnez* moy le loisir, pour le moins, d'y penser. DAMON. Non, non, il ne faut pas là-dessus balancer. MABOT, à Yante. Vous avez fort grand tort. YANTE, à Daman. De peur de vous déplaire.
Il faut donc s'y résoudre.
DAMON. Elle accorde l'afTaire,
Je l'ay réduite enGn ; il ne faut seulement
Qu'aller trouver Clindor pour son consentement. LiSANDRR. Descendant de cheval, j'ay tout dit au bonhomme
Ce qui s'étoit passé sur le chemin de Rome ;
Mais l'on vient de sa part.
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LKS INTRIGUES AMOIREISES.