SCÈNE II
MIROBOLAN, LISIDOR, MARIN.
MIBOBOLA.N. Ah ! c>st (ioiic VOUS , MoDsieur Lisidor?
LismoR. A votre service. Je vcnois pour vous parlerde cette affaire...
MiBOROLAN. De quelle affaire ?
LISIDOR. Hé là, de ce que vous soavez.
MIROBOLAN. Quoy ?
LISIDOR. De Faffaire dont nous avons parlé ensemble. MiBOBOLAN. Quand?
LISIDOR. Hé, plusieurs fois.
MIROBOLAN. OÙ?
LISIDOR. En divers endroits.
MIROBOLAN. Je HC sçais ce que c*est.
LisiDOB. Cest touchant le mariage de Mademoiselle vostre fille et de moy.
MIBOBOLAN. Ah ! ce n*est que cela ? Je croyois que ce fust toute autre chose. Touchez là. Vous sçavez la parole que je vous ay donnée : vous n'avez qu'à choisir le jour, soyez certain que vous estes le maisire de cette affaire.
LISIDOB. Je vous suis obligé. Mais avez-vous pris la peine d'en parler à Madame vostre chère moitié ?
MIBOBOLAN. Nou^ mais je vous répon^ de son consentement. Elle est soumise à mes volontez ; et puis, je sçaurois bien la réduire, si elle faisoit la difficile : je suis le maistre, une fois, et nous si^vons. Dieu mercy, mettre une femme à la raison*
LISIDOB. Je n'en doute point.
MIBOBOLAN. Je voudrois bien qu'elle eust souffié devant moy, et qu'elle s'avisast de traverser ce que j'aurois résolu : je luy ferois bien voir que son cheval ne seroit qu'une beste >. Mais, grâce au ciel, je n'en suis point à la peine, et ma femme, en un mot, fait tout ce que je souhaite.
LISIDOB. Trouvez bon , s'il vous plaist, que vous et moy luy portions les premières paroles : c'est une bienséance que je dois observer en son endroit, et vous sçavez que le sexe est jaloux de ces petites formalitez.
* Phrase proverbiale, qui dgniiie : n Je lui ferais bien voir qu'elle D*est qu'une 80tte» une ignorante, u (Leroux, Dictionnaire comique, )
MiBOBOLAN. VoloDtiers; et pour cet effet je vais la faire venir.
(// entre,) L1S1D0B. Eh bien, Marin ?qif en dis-tu?
M AB1N. Tout cela va fort bien, et j*en suis fort aise, à cause de Monsieur vostre beau-père.