‹ Les contemporains de Molière:Chapitre 96 sur 325 · SCENE VI · texte numérisé non relu

SCENE VI

DORINE, MIROBOLAN.

DORiNE, ayant écouté. Je ne scaurois trouver tous vos affusteaux ;

et, d'ailleurs. Madame m'a dit de vous avertir qu'on étoit venu

vous demander avec grand empressement de chez iMonsieur le

baron.

MIROBOLAN , 8* en allant. Il faut donc remettre la partie à demain.

Dorine, fais donc porter ce corps à la cave. DORINE, ycrmaw^ la porte a^rèsluy. Allez, je n'y manqucray pas. CRispiN » se relevant. Et moy, sans m'a muser à raisonuer, je sors au

plus viste.

OORINR. Où veux-tu aller?

CRISPIN. Comment diable! où je veux aller? Laisse-moy sortir. Quoy !

tu vas froidement quérir les bistouris et tous ces brimborions

pour me tailler en pièces, et tu veux (|ue je demeure! Tu te railles

de moy. , DORINE. Apprens que quand je suis sortie pour aller chercher ces

ferremens, c'a été dans la pensée de les cacher, de sorte qu'il

ne pust les trouver; et c'est ce que je n'ay pas manqué de f;rire. CRISPIN. Ho, c'étoit fort bien fait. Aussi je m'étounois, moy qui

dois estre ton mari, que tu eusses le courage de me voir couper

si barbarement...

DORINE. Je n'avois garde d'y consentir. Mais attens-moy iey; je vais

tascher de donner cette lettre et d'en avoir la réponse. CRISPIN. Je ne veux point attendre eu ce lieu. DORiNK. Pourquoy?

CRISPIN. Le.motde bistoury me fait trembler ; je vais l'attendre dans

la rue : là je ne craindray point messieurs les bistouris. Pour

moy, il me semble, par la peur que j'ay eue, que cette salle en

est toute remplie.

DORINE. Va, mais surtout ne t'impatiente point.

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