SCENE VI
DORINE, MIROBOLAN.
DORiNE, ayant écouté. Je ne scaurois trouver tous vos affusteaux ;
et, d'ailleurs. Madame m'a dit de vous avertir qu'on étoit venu
vous demander avec grand empressement de chez iMonsieur le
baron.
MIROBOLAN , 8* en allant. Il faut donc remettre la partie à demain.
Dorine, fais donc porter ce corps à la cave. DORINE, ycrmaw^ la porte a^rèsluy. Allez, je n'y manqucray pas. CRispiN » se relevant. Et moy, sans m'a muser à raisonuer, je sors au
plus viste.
OORINR. Où veux-tu aller?
CRISPIN. Comment diable! où je veux aller? Laisse-moy sortir. Quoy !
tu vas froidement quérir les bistouris et tous ces brimborions
pour me tailler en pièces, et tu veux (|ue je demeure! Tu te railles
de moy. , DORINE. Apprens que quand je suis sortie pour aller chercher ces
ferremens, c'a été dans la pensée de les cacher, de sorte qu'il
ne pust les trouver; et c'est ce que je n'ay pas manqué de f;rire. CRISPIN. Ho, c'étoit fort bien fait. Aussi je m'étounois, moy qui
dois estre ton mari, que tu eusses le courage de me voir couper
si barbarement...
DORINE. Je n'avois garde d'y consentir. Mais attens-moy iey; je vais
tascher de donner cette lettre et d'en avoir la réponse. CRISPIN. Je ne veux point attendre eu ce lieu. DORiNK. Pourquoy?
CRISPIN. Le.motde bistoury me fait trembler ; je vais l'attendre dans
la rue : là je ne craindray point messieurs les bistouris. Pour
moy, il me semble, par la peur que j'ay eue, que cette salle en
est toute remplie.
DORINE. Va, mais surtout ne t'impatiente point.