‹ Les Contemporains de ShakespeareChapitre 10 sur 250 · ACTE I, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE I

MOSGA.

Coule une sueur froide, avec un autre écoulement continuel qui part du coin des yeux.

COHBAGCIO.

C'est possible. Je me sens mieux! Et ses vertiges?

MoSGA.

lia perdu tout sentiment, et ne ronfle même plus. C'est à peine si vous vous apercevriez qu'il respire.

CORBACCIO.

Parfait! parfait! Je vivrai sûrement plus longtemps que lui. Cela me rajeunit d'une vingtaine d'années!

MOSCA

Je m'apprêtais à aller chez vous, monsieur.

ConiîAccio.

Il a fait son testament? Qu'est-ce qu'il me laisse?

Non, monsieur.

CORBAGCIO.

Il ne me laisse rien?

IVIOSGA.

Je crois qu'il n'a pas rédigé son testament.

CORBAGGIO.

Oh! oh! oh! qu'est-ce que faisait ici Voltore, l'avocat?

MOSCA.-

II flairait une carcasse et quand il a entendu dire que mon maître s'apprêtait à écrire son testament ainsi que je l'en pressais pour votre bien...

CORDAGCIO.

Il est venu, n'est-ce pas? Je m'en doutais.

MoscA.

Et il lui a présenté ce plat d'argent.

CORBAGCIO.

Pour devenir son héritier.

MoscA.

Je ne sais pas, monsieur.

CORBACCIO.

Moi, je le sais!

MoscA, à part.

Il le mesure à sa longueur!

GORBACCIO.

Très bien. Je saurai l'en empêcher! Regarde, Mosca, j'ai apporté Un sac de brillants sequins, qui pèse plus que son plat.

MosGA, prenant le sac.

En effet, monsieur, voilà de la vi'aie médecine; un médicament secret! Ne parlez plus de remèdes opaciés. Voilà le grand élixir!

COKBACCIO.

De l'or palpable s'il n'est pas potable.

MOSCA

Je lui en administrerai dans son bol.

COUBACCIO.

C'est cela.

MoscA.

Cordial cent fois béni ! Ça va le rétablir.

CORBACCIO.

Oui, oui.

MoscA.

Ce ne serait peut-être pas une bonne chose.

CoRBACCIO.

Quoi?

MOSGA.

De lui rendre la santé-. '^

A aucun prix!

MoscA.

Cela pourrait lui faire un curieux effet seulement de le sentir.

CORBACCIO.

Dans ces conditions rends-moi le sac.

MoscA.

A bas les mains! Excusez-moi. Vous ne nous causerez pas ce tort. Je peux vous l'avouer, vous aurez tout.

CORBACCIO.

Comment?

MoSCA.

Tout, monsieur, c'est votre droit, votre bien. Personne ne pourra en réclamer une part. Tout est à vous, sans compétition, la destinée l'a voulu ainsi.

CORBACCIO.

Explique-toi, mon bon Mosca.

MoscA.

Voilà. A un certain moment l'accès passera.

CORBACCIO.

Bien.

MoscA.

Profitant du mieux, je lui parlerai à nouveau de la nécessité de faire son testament et je lui montrerai votre sac.

CORBACCIO.

Parfait.

Ce serait plus parfait encore si tous consentiez à m'écouter.

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