‹ Les Contemporains de ShakespeareChapitre 11 sur 250 · ACTE I, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE I

CORBACCIO.

De tout mon cœur.

MOSCA

Maintenant, si j'ai un conseil à vous donner, rentrez vite chez vous, et libellez un testament où vous inscriree mon mattre comme votre unique héritier.

CORBACCIO.

Ce serait déshériter mon (ils!

MoSCA.

Tant mieux! La couleur tournera à votre profit.

CORBACCIO.

La couleur?

MoSCA.

Je veux dire que sous couleur de le faire voire héritier vous rédigerez en sa faveur un testament que vous m'enverrez. Je vanterai, en les exagérant, vos soins, vos veilles, vos prières, vos cadeaux, Aotre présent d'aujourd'hui. Ensuite je lui montrerai votre testament où, sans hésitation, sans s'occuper de votre propre fils, si brave, d'un si haut mérite, cédant malgré vous au torrent de l'affection qui vous porte vers mon maître, vous le constituez votre héritier. Il ne peut être assez stupide, assez borné, assez peu consciencieux, assez ingrat...

CORBACCIO.

Pour ne pas me faire son héritier à son tour?

Voilà.

CoRBACCIO.

J'avais déjà pensé à ce petit complot.

MoscA.

Je le crois.

CORBACCIO.

Tu ne le crois pas?

MoSCA.

Si, monsieur.

GORIÎACCIO.

C'est exactement ce que j'avais l'intention de faire.

WOSCA.

Et quand vous l'aurez fait...

CORBAGCIO.

Quand il m'aura reconnu pour son héritier...

MoscA.

Certain que vous êtes de lui survivre...

CORBACCIO.

Evidemment.

MoSCA.

Puisque vous êtes vigoureux...

Tu peux le dire.

MOSCA

N'est-ce pas?

CORBACCIO.

J'avais pensé à cela aussi. Tu es le véritable interprète de mes intentions.

MoscA.

Non seulement vous vous faites du bien à vous-même...

CORBACCIO.

Mais encore à mon fils.

MoscA.

Tout simplement.

CORBACGIO.

.Encore une invention de moi.

MoscA.

Hélas, monsieur, le ciel sait que j'ai prêté toute mo^ attention, donné tous mes soins (mes cheveux en ont gri« sonné) pour amener la chose à ce point.

CORBACCIO.

J'en suis sûr.

MoscA.

C'est pour vous que je travaille ici.

CORBACCIO.

Oui, travaille encore. {Faisant mine de sortir). Je vais arranger tout cela.

MoscA, à pan. Corbeau l

CORBACCIO.

Je te sais honnête...

MosGA, à part.

Tu mensi

CORBACCIO.

Et...

MosCA, à part.

Son intelligence n'est pas meilleure que ses oreilles.

CORBACCIO.

Sans aucun doute je serai un père pour toi.

MosGA, à part.

Et moi je duperai le père qui m'échoit.

GORBACCIO.

11 se peut que la jeunesse me revienne. Pourquoi pas?

MoscA, à part.

Sa Seigneurie est un âne pirécieux.

CORBACCIO.

Que dis-tu î

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