BARABAS
Barabas.
Je suis seul. Bien travaillé, boisson qui procure le sommeil I Je me vengerai de cette ville maudite! Grâce à moi, Calymath pourra y entrer. Je l'aiderai à égorger les enfants et les femmes, à brûler les églises, à renverser les maisons, à s'emparer de mes marchandises et de mes terres. Le gouverneur en esclavage ramera sur une galère ou sera fouetté jusqu'à ce qu'il en meure!
{Entrent CALYMATH, DES PACHAS et DES TURCS).
i. La scène se passe eu dehors des murs de la ville.
im LE JUIF DE MALTE
Calymath.
Quel est cet homme? Un espion?
Barabas.
Oui, monseigneur, un espion qui cherche l'endroit par lequel vous pourriez pénétrer et surprendre la ville. Je m'appelle Barabas, le Juif.
Calymath.
Celui dont on confisqua les biens sous prétexte de payer le Lribut?
Barabas.
Lui-même, monseigneur. Depuis ce temps, ils ont acheté un esclave m'appartenant, pour qu'il m'accusât de mille vilenies. Ils voulaient m'emprisonner, je me suis échappé de leurs mains.
Calymath.
Aurais-tu démoli ta prison?
Barabas.
Non. J'ai bu un mélange de pavots et de mandragore. Je me suis endormi et comme ils me supposaient mort, ils m'ont jeté par-dessus le rempart. Voilà comment il se fait que le Juif se trouve ici, à vos ordres. Calymath.
Bravement agi ! Ainsi donc, Barabas, tu prétends nous rendre maîtres de Malte?
Barabas.
Sûrement, monseigneur. Près de l'écluse le roc creusé laisse passer le cours rapide des eaux et celui des canaux construits dans la ville. Si tu veux franchir les remparts je puis conduire une centaine de soldats par cette brèche, gagner le centre de la ville et vous ouvrir ainsi les portes. Malte ne tardera pas à vous appartenir. Calymath.
Si tu dis vrai je t'en nommerai le gouverneur.
Barabas.
Si je mens ma vie vous appartient.
Calymath.
Tu te seras condamné toi-même. A l'assaut !
{Ils sortent).