ACTE I, SCÈNE I
FiRK.
A la vérité, maître cormoran, vous rendriez service au bon Dieu en laissant Ralph et sa femme demeurer ensemble. C'est une jeune mariée. Si vous emmenez son mari seulement pour une nuit, elle en tombera malade. Elle peut supplier à cette heure, car son mari est un bon ouvrier en ce qui concerne la piqûre et le poinçon. On n'a pas son second dans le métier.
Jane.
Permettez-lui de rester ou je tombe malade!
FlRK.
Elle deviendra comme une paire de vieux souliers, et ne sera plus bonne à rien.
Lac Y.
Mes amis, mon pouvoir ne va pas jusque-là. Les Londoniens sont recrutés, payés, expédiés par le lord-maire et je ne peux pas remplacer un homme.
HODGE
Alors vous seriez aussi bien caporal que colonel, si vous ne pouvez pas exempter un homme? A parler franc, vous assumez une rude responsabilité en enrôlant un homme l'année de son mariage.
Eyre.
Bien dit, mélancolique Hodge. Grand merci, mon bon premier garçon.
Margery.
Messieurs, des gens comme vous agiraient mal en se montrant impitoyables à l'égard d'une jeune épouse, vu sa situation de nouvelle mariée. Mais laissons pisser le mouton. Son mari est un jeune homme qui débute. Laissons encore pisser le mouton...
Eyre.
Assez avec vos bavardages, vos cris, vos ceci et vos cela. Assez! Silence, Cicely Bambrinket! Laissez parler votre maître.
FiRK.
Et ses cornes aussi.
Eyre.
Trop tôt, mon beau Firk, trop tôt! Paix, coquin! Capitaines, vous ne voulez pas rendre la liberté à cet homme? Soit. Qu'il parte donc. Il tire admirablement. Qu'il s'évanouisse! Paix, Jane, avale tes larmes, elles mouilleraient sa poudre. Prenez-le, mes braves. Hector de Troie n'était ju'un cheval de louage à côté de lui! Hercule et Terma- ^ant des couards! Les tables rondes du prince Arthur, ç>ar le lord de Ludgate! n'atteignirent jamais sa taille et le se montrèrent jamais plus pétulants comme hommes
d'épée! Par la vie de Pharaon, vous voyez un brave ! un implacable bretteur! Paix, Jane, je n'en dirai pas plus long!
FiRK.
Vois, Hodge, comme mon maître recommande Ralph.
HODGE
Ralph, tu dois partir.
AsKEW.
Je me félicite, cher maître Eyre, de rencontrer un soldat aussi résolu. Croyez-moi, d'après vos renseignements et vu l'intérêt que vous lui portez, on prendra soin de lui.
Lacy.
Tu t'appelles Ralph?
Ralph.
Oui.
Lacy.
Donne-moi ta main. Foi de gentilhomme, tu ne manqueras de rien. Femme, ne te désole pas. Dieu, sans aucun doute, te renverra ton mari sain et sauf, mais il faut qu'il parte, la guerre a ses exigences.-
HoDGE.
Tu serais un couard, par mon étrier, de ne pas partir ! {Entre DODGER).
DODGER.
Monseigneur, votre oncle est avec le lord-maire et les aldermen à Tower-Hill. Il vous prie de venir le rejoindre le plus promptement possible.
AsKEW.
Allons, cousin.
Lacy.
Dodger, courez devant et dites que nous venons.
{Sort Dodger).
Ce Dodger, parasite de mon oncle, représente le plus fieffé drôle de la terre. En un jour, il peut semer tant de discorde dans une noble maison, avec ses flagorneries, qu'il faudrait vingt ans pour en réparer les effets. Je crains bien qu'il ne nous accompagne en France pour nous surveiller.
AsKEW.
Raison de plus pour vous recommander de la prudence.
Lacy.
Rassurez-vous, mon bon cousin. Ralph, allez joindre votre drapeau.
Ralph.
J'y vais, puisqu'il n'y a pas moyen de faire autrement I