ACTE I, SCÈNE I
Bon maître et vous bonne dame, puisque vous m'avez toujours traité en ami, pendant mon absence, veillez sur ma femme.
Jane.
Hélas, mon Ralph !
Margery, Les larmes l'empêchent de parler.
Eyre.
Paix, monnaie fêlée, flacon pour la peste, ne jetez pas l'inquiétude dans le cœur de ce brave soldat! Allons, Ralph!
Jane.
Que deviendrai-je quand il ne sera plus là !
FlRK. •
Il vous resterera moi et mon camarade Hodge. Ne vous faites pas de bile.
Eyre.
Laisse-moi voir ta main, Jane, ta jolie main, ta main blanche. Ces jolis doigts fileront, carderont, travailleront, tourneront des mèches ; elles gagneront ta vie et la peste de tous! Ralph, voilà six pence pour toi. Bats-toi pour l'honneur du métier, la réputation de la cordonnerie, la fleur de Saint-Martin, les coquins de Bedlam, Fleet Street, Tower Street et Whitechapel! Casse-moi des têtes de Français! Que la peste soit d'eux! Transperce-les! Bats-toi aussi pour le seigneur de Ludgate ! Bataille, mon brave!
FiRK.
Tiens, Ralph, voilà trois pence. Gardes-en deux pour la France. Le troisième penny rafraîchira nos âmes à ton départ, car le chagrin dessèche. Par mon salut, châtiemoi ces Basa mon eues !
^ Hodge.
Ralph, il me coûte de te voir partir... Voilà un shilling pour toi. Dieu t'envoie pour que tu remplisses tes poches ae couronnes françaises et de boulets le ventre de tes ennemis.
Ralph.
Merci, maître, merci à tous. Ma gentille femme, ma bien aimée Jane, quand partent les gens riches, ils donnent à leurs épouses de riches cadeaux, des joyaux, des bagues pour orner leurs mains blanches. Accepte cette paire de souliers. Ils ont été coupés par Hodge, piqués \ par mon camarade Firk, cousus par moi-même qui les ai
! enrichis de tes initiales. Porte-les, ma chère Jane, pour l'amour de ton mari. Chaque matin quand tu les mettras, j pense à moi et prie pour mon retour. Fais-en grand cas.
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car je les ai confectionnés de telle sorte que je les distinguerais entre mille.
{Roulements de tambour. Entrent LE LORD-MAIRE,