‹ Les Contemporains de ShakespeareChapitre 183 sur 250 · ACTE V. SCENE II · texte numérisé non relu

ACTE V. SCENE II

Non, Ralph, ce sera moil... Hammon, où vas-tu de si bonne heure?

Hammon.

En quoi cela t'importe-t-il, drôle?

FiRK.

Il lui en importe comme à moi, et aux autres. Bonjour, Jane, comment vas-tu? Seigneur, quel changement! Dieu en soit remercié t

Hammon.

Coquins, bas les mains ! Gomment osez-vous effleuter mon amour !

Tous.

II nous appelle coquins ! Crions : « Clubs pour les apprentis ' ! »

HoDGE.

Un instant, mes coeurs! Cbmment nous osons l'efQeurer, Hammon? Nous ferons plus encore. Nous allons l'emmener avec nous. Mes maîtres et gentlemen, ne tirez pas vos broches à oiseaux. Les cordonniers ont le cuir dur ! Ceux du pahti de Hammon.

Qu'est-ce que tout cela veut dire?

HODGE

Vous allez le savoir. Jane, reconnais-tu cet homme? C'est Ralph, je te le dis. Le reconnais-tu, bien que la guerre l'ait rendu boiteux? Ne demeure pas immobile, cours à lui, prends-le par le cou et embrasse-le ! Jane.

Mon époux est vivant! Oh Dieu, laissez-moi! Je veux mbrasser mon Ralph !

Hammon.

Qu'est-ce que cela signifie, Jane?

Jane.

Pourquoi m'avez-vous dit qu'il était mort?

Pardonne-moi, cher amour, on m'avait trompé. {A lalph). Le bruit a couru à Londres que tu avais été tué.

FiRK.

Tu vois qu'il vit. Jeune femme, décampe avec lui. Mainînant, maître Hammon, où est votre maîtresse, votre

mme?

Un Serviteur.

Morbleu, maître, il faut nous battre pour ellel Âllezous la laisser partir ainsi?

i. Pour demander du secours l'habitude était alors de crier: Clubs clubs ! I

262 LE MARDI GRAS DU CORDOiNNIER

Tous.

A bas cette créature! Clubs! Sus à lui!

HODGE

Arrêtez !

Hammon, au serviteur.

Arrête, fou! Messieurs, il s»; tiendra tranquille. Ma Jane me quitterait ainsi en dépit de ses serments ?

FiRK.

Oui, monsieur. C'est son devoir. Elle le remplira. Arrangez ça.

HoDGE.

Écoute, camarade Ralph, suis mon conseil. Mets la donzelle au milieu; qu'elle choisisse son homme, et devienne sa femme.

Jane.

Qui pourrais-je choisir? Qui a toutes mes pensées, sinon celui que le ciel a crée pour qu'il soit mon amour? Tu es mon époux, et ces humbles habits te rendent à mes yeux plus beau que toutes les richesses. Donc, à bas ces parures ! Je les rendrai à leur propriétaire pour demeurer à jamais ta fidèle épouse!

HODGE

N'en garde pas une guenille ! La loi est de notre côté. Celui qui sème sur le terrain d'autrui, compromet sa récolte. Retourne chez toi, Ralph. Suis-le, Jane. Il n'aura pas la valeur d'un buse de toi !

FiRK.

Arrête, Ralph! Ce qui lui appartient t'appartient. Hammon, ne la regarde pas ainsi!

Le Serviteur.

Morbleu! Supporterons-nous ça!

FiRK.

Jaquette bleue, demeure tranquille, ou nous allons te mettre une autre livrée sur le dos! Nous fêterons le jour du mardi gras, Saint-George en votre honneur! Ne la regarde pas ainsi, Hammon, ou tu vas avoir affaire à moi! Si tu tiens à ta tête, pas un regard, pas une œillade! Ne la touche pas ou moi et les camarades te faisons ton affaire.

Le Serviteur.

Venez, maître Hammon, il n'y a plus à lutter. Hammon.

Mes bons amis, écoutez-moi. Honnête Ralph, toi à qui j'ai fait la plus grave injure en aimant Jane, regarde ce que je t'offre. Vingt livres d'or contre ta Jane. Et plus si tu l'exiges.

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