‹ Les Contemporains de ShakespeareChapitre 215 sur 250 · ACTE II, SCENE I · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE I

La Courtisaxe.

Lucre.

Vous assisteriez à un -véritable assaut. Il ne pourrait plus traverser une rue. Il entrerait dans quelque grande famille. Vous voyez cette maison? elle lui reviendra avec tout le reste : les appartements, meublés, plafonnés de gypse, tendus de tapisseries, etc., etc. Neveu!

WlTGOOD.

Mon oncle?

Lucre.

Montrez la maison à votre veuve. Paites-lui visiter toutes les chambres et traitez-la bien-. {A part, à Witgood). Ne^s'eu, assure-toi d'elle si tu es un malin.

Witgood.

Hélas ! Je ne sais pas comment elle le prendra!

Lucre.

Très bien, je te le garantis. Serais-tu un âne? Je voudrais être à ta place. De l'aplomb ou tu me ferais honte. {Sortent Wilgood et la Courtisane).

Laissez-les agir à leur guise. Bien des mariages se sont faits ici de la façon. Rien comme la maison d'un oncle pour produire son effet. J'empêcherai ma femme de trop parler. Tonny, votre fils, fait la cour à une pauvre fille qui ne possède que mille livres de dot, et mon neveu, un garçon n'offrant aucune espérance, a rais la main sur une 4- veuve à la tête de quatre mille livres de revenu ! MisTREss Lucre.

On fait ce qu'on peut.

Lucre.

Je tiendrai mon argent prêt avant qu'il ne redescende. J'entends donner à la veuve des joyaux, de l'argenterie, pour l'encourager. Je sais une belle coupe à pied qui lui fera particulièrement plaisir.

{Il sort).

Mistress Lucre.

Il se moque de nous avec son neveu? Je conçois un j>lan, mon fils, qui démolira celui de votre beau-père. Freeroh.

Un plan tragique ou comique, chère mère?

Mistress Luohb.

Un plan qui ne lui fera pas plaisir. Freedom, j'entends que, dès à présent, vous cessiez de courtiser la nièce de mas ter Hoard.

Freedom.

Pourquoi^ mère ?

MisTREss Lucre. Je vous répète que j'ai mon plan. Prenez cette chaîne d'or, ce superbe diamant. Suivez notre veuve jusqu'à son logis et, quand l'occasion se montrera favorable, donnezles-lui. J'ai mon dessein. On vous tient pour ce que vous valez, mon fils, parmi la haute société. Freedom.

Je l'en remercie, ma mère.

MrsTREss Lucre.

Witgood n'est qu'un gueux auprès de toi. Dis à la veuve que tu possèdes deux cents livres de rente, outre ce qui doit te revenir. Si j'étais veuve, mon cœur ne voudrait pas d'autre parti que toi.

Freedom.

Je vous remercie de tout ce que vous faites pour moi, mère. J'en aimerais mieux une aut^e, mais si je ne lui adresse pas une cour assidue et si elle ne m'est pas reconnaissante de ces dons, je ne veux plus être votre fils. J'entends en courir le risque.

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