ACTE 11, SCÈx\E II
MONEYLOVE.
Quatre cents livres de revenu en terres !
HOARD.
Bah!
MoNEYLOVE.
Je connais son logis. Si Votre Seigneurie consentait à me protéger, à dire un mot pour moi, je ne doute pas de plaire à ladite veuve. Je ne me contenterais pas de vous remercier. Deux cents angelots...
llOAKD.
A-t-elle des prétendants?
MoNEYLOVE.
On dit, ou plutôt on murmure, ce dont j'ai lieu de me réjouir, que son seul prétendant serait ce jeune coureur de Witgood, le neveu de votre mortel adversaire.
HoARD.
Tu en es sûr ?
MoNEYLOVE.
Absolument. Et l'oncle se montrerait assez adroit pour charmer la veuve et enlever le mariage.
HoARD.
Très bien.
MoNEYLOVE.
Vous savez que le jeune Witgood est un dépensier, un mauvais sujet ?
HOARD.
Un iripon !
MoNEYLOVE.
Un noceur I
HoARD.
L'écume des mauvais lieux !
MoNEYLOVE.
Ces renseignements donnés par Votre Seigneurie, j'aurais double chance de le supplanter dans l'esprit de la veuve et de gagner son affection.
HOARD.
Tiens-toi à ma disposition vers les cinq heures.
MoNEYLOVE.
Je n'y manquerai pas.
[Il sort).
HoARD.
Fou ! Tu confies ton trésor à un voleur, en contant à un veuf une histoire d'amour ! Je tiens ma revanche 1 Je vais non seulement pouvoir contrecarrer mon adversaire,, tromper les dernières espérances de son neveu, mais grossir ma fortune, augmenter mes revenus, multiplier mes bénéfices ! Ah! ah! je répondrai enfin à vos insultes^
je vous retournerai vos compliments, je confondrai vos projets, détruirai vos plans, bouleverserai comme une peste inattendue et hâtive votre sécurité 1
{Entrent TROIS Cl^EANCIERS de WITGOOD).
Premier Créancier.
Je suis heureux de la nouvelle.
Deuxième Créancier.
Nous le sommes également-
Troisième Créancier.
Le jeune Vitgood va redevenir une bonne affaire.
Hoard, à part.
Chut ! Ecoutons !
Premier Créancier..
Je vous promets, master Cockpit, que la veuve possède un sac !
Deuxième Créasciiîr.
En avez-vous entendu parler?
Premier Créancier.
De la veuve Medler? On ne parle qua d'elle!
Troisième Créancier.
Quatre cents livres de revenu, dit-on, en bonnes terres !
Premier Créancier.
Si vous croyez cela, vous demeurez au-dessous de la vérité.
Deuxième Créancier. Et voyez comme il garde l'affaire secrète !
Premier Créancier.
11 s'agit maintenant de ne pas attendre qu'elle choississe un meilleur parti.
Troisième Créanqer.
11 me doit mille livres, dont je n'ai jamais touché un penuy !
Premier Créancier.
n ne se doute pas de notre présence, et serait bien étonné s'il savait que nous le suivons !
{Sortent les Créanciers.)
HoARD.
Les créanciers! Bon, je vais les suivre. Cela est fait pour moi. Tous connaissent la fortune de la veuve et l'on sait que je peux l'établir richement ; ce que je ferai. Deux chances me font entrevoir un destin doublement heureux : je me venge d'un ennemi et j'améliore ma situation !
FiN DU. second ACTE.