ACTE iV, SCÈNE II
Lucre.
'J'ai dépensé beaucoup d'argent, sans compter les voyages, pour vos affaires. Je suppose que vous vous en doutez ?
WlTGOOD.
Je serais un sot de n'en point convenir.
Lucre.
Quoique j'agisse ainsi pour éblouir la veuve et le monde, vous devez avoir une conscience...
WrTGOoi).
Le Ciel défendie qu'il en soit autrement.
Lucre.
Vous voilà rentré en possession du tout, c'est chose faite.
WlTGOOD.
Et vite.
Lucre.
En effet! Vous savez qu'il ne s'agit que d'un dépôt?
WlTGOOD.
Laissez-moi mieux comprendre. Un déj)ôt?
Lucre.
Voilà.
WlTGOOD.
C'est une preuve de confiance que vous me donnez?
Juste !
WrTGooD, à part.
Si jamais je replace ma confiantîe en toi, le diable m'emporte !
Lucre.
Vous êtes tous témoins, messieurs? Toi aussi?
L'HOTELFER,
Sur ma vie, monsieur, je connais les intentions de ma maîtresse à l'égard de votre neveu. Laissez faire les choses et tout finira très bien.
[Il sort).
Lucre.
Un brave garron ! Femme ! Jenny !
[Entre MIST ESS LUCRE).
MisTREss Lucre.
Quelles nouvelles, monsieur?
Lucre.
Le jour des noces approche ! Chère femme, montre-toi
bonne ménagère. Je te sais habile cuisinière Ton premier
mari t'a épousée dans la cuisine d'un alderman et t'a élevée
jusqu'à lui pour que tu fisses lever les pâtes. Quoi? Nous
sommes entre amis, et cela ne sortira pas d'ici. Messieurs, je vous invite au mariage de mon neveu mardi prochain. Premier Gentlemax.
Nous acceptons de grand cœur, heureux du tour joué à votre ennemi.
LCCRE.
Il se moquait de moi, messieurs, ah ! ah ! ah !
{Us sortent tous, excepté Witgood).
WlTGOOD.
Celui qui se moquerait d'eux manquerait de conscience, puisqu'ils s'en chargent eux-mêmes. En pareil cas, je ne suis pas le plus cruel. J'éprouve à présent plus de pitié que d'envie, car mon bonheur me rend compatissant. i Regardant le douaire). Quant à toi, l'àme de la situation, je t'embrasse. Tu représentes le confort de ma vie, et tu ne me quitteras plus jusqu'à ma mort.