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ACTE IV, SCÈNE lil

Premier Créancier.

Je me sens chaud au cœur ! J'aime à voir tes chiens aux I jambes des hommes. Le voici qui vient ! j (Entrent DES SERGEiNTS conduisant WITGOOD).

WlTGOOD.

1 Ma joie était trop grande, je ne pouvais plus croire au

' malheur. Tout s'écroule en un jour! Comme il faut peu

; de temps pour que .s'élève une noire tempête !

j Premier Créancier.

! Nous pouvons parler maintenant, monsieur. Et cette

( fameuse veuve? Je crois que vous y renoncez mainte^

nant?

I Deuxième CixÉANCifeR.

j Une veuve, à lui ! un prodigue, un coquin, un coureur? i Une veuve possédant de la fortune? une geôle plutôt !

I WlTGOOD.

I Comme vous avez raison mes maîtres, de tyranniser un pauvre homme, d'affliger un affligé! C'est une coutume parmi vous. Je me félicite que vous ne l'abandonniez pas, et j'espère que dorénavant vous la conserverez. Premier Créancier.

Eh bien, monsieur, que pensez-vous maintenant de votre billet de cent livres? Une jolie dette pour rembourrer vos pourpoints !

Deuxième Créancier.

II me doit quarante livres.

Troisième Créancier»

A moi cinquante.

- Je vous pcie, messieurs, permettez-moi de respirer ! Premier Créancier.

Non, monsieur, noa, vous suffoquenez. De la sorte vous ffeinous échapperez plus.

WlTGOOD.

Voulez-vous m'entendre ?

Deuxième Créancier.

Nous savons que vous avez la langue bien pendue. L'autre jour encore vous vous moquiez de nous! Honte! Et nous risquions de tout perdre faute de témoignages. Chaque fois que nous agissons discrètement, nous payons les pots cassés ! Non ! non! Décidément nous ne nous enrichirons jamais à nous montrer si délicats. Mieux vaut agir en commerçants.

WlTGOOD.

' Accordez-moi un temps raisonnable, et je m'engage à vous satisfaire.

Premier Créancier.

Vous osez parler de temps raisonnable !

WlTGOO'i.

En effet, les bêtes ne comprennent pas ce que c'est!

Deuxième Cr.ÉANciER.

H nous faut ou de l'argent, ou votre carcasse !

WlTGOOI).

Que voulez-vous tirer de ma carcasse ?

Troisième Créancier.

Une joie secrète que nous nous réservons! Quand on a l'habitude de mettre des oiseaux en cage, il en coûte peu de conduire un homme en prison !

WiTGOOD, à part.

II me faut en appeler encore aux ressources de mon esprit. Un expédient me suffira pour les confondre. {Haut), Vous me permettrez du moins mes maîtres d'avoir recours à mes amis, et d'user de tous les moyens ? Premier Créancier.

Soit, monsieur !

[Entre L'HOTELIER).

L'Hôtelier.

Master Witgood !

Toi!

Witgood.

L'Hôtelier.

Puis-je vous dire un mot en particulier?

Witgood.

Impossible, hélas! Je suis ici dans un enfer où les diables ne permettent pas de communiquer.

Premier Créancier.

Vous nous appelez des diables, vous conviendrez tout à l'heure que nous sommes des puritains. Emmenez-le, ils s'entretiendront en chemin, et nous ne perdrons pas notre temps à les écouter ! Ah ! je suis un diable ! Jusqu'à la fin de mes jours, j'aurais eu meilleure opinion de moi!

[Ils sortent):

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