‹ Les Contemporains de ShakespeareChapitre 236 sur 250 · ACTE IV, SCENE IV · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCENE IV

HOARD. /■

Quant à vous, mon fauconnier et mon pic[ueur, soyez particulièrement les bienvenus.

Le Piqueur.

Nous saurons, monsieur, mériter cette faveur.

HoARf).

J'y compte. Allez, et lavez-moi vos jambes dans la salle où l'ou bat le beurre. {Us sortent). Par la messe, je me souviens. Je vais poser la question à ma femme, mistress Jane Hoard.

(Entre LA COURTISANE dans un autre costume). La Courtisane.

Que désirez-vous de moi?

Hoard.

Je voulais vous demander, chère épouse, ce que vous préférez. Faire le repas de noces ici, ou à la campagne?

La Courtisane.

"THum! Ici! Marions-nous ici! Autant en finir ici avec toutes les cérémonies !

Hoard.

Une marquise ne répondrait pas mieux! Hoard! relève la tête. Ton épouse te fera honneur!

{Entre L'HOTELIER avec une lettre).

Qui te presse de la sorte? ah ! une lettre ! Encore quelque tour de mon rival! Quoi encore?

L'HOTELIER.

Une lettre pour ma maîtresse, monsieur?

Alors, elle me regarde, coquin!

LHOTELIER.

Elle vous regarde aussi, coquin! Que votre Seigneurie m'excuse. Vous allez bientôt partager mon trouble ; il s'agit d'un précontrat!

Hoard.

Un précontrat, dis-tu?

L'HOTELIER.

Le vieux Lucre, qui ne sait plus où donner de la tète, demande à plaider le plus tôt possible. Le jeune Wilgood, traqué par ses créanciers, crie après vous d'un autre côté et prétend que vous avez causé sa perte en voulant annuler illégalement son contrat.

Hoard.

Corbleu !

L'Hôtelier, à part.

Il obtiendra satisfaction a ce qu'il prétend.

La Courtisane, à part.

Hélas! Des créanciers si irapitoyabie&! Ma situation est encore incertaine! Comment lui porter secours!

L'HoTELnSR.

Voilà la vérité, monsieur.

HOARD.

Femme, que contient cette lettre, je tcux la lire?

La Courtisane, déchirant la lettre et la foulant aux pieds.

Maudites soient mes paroles inconsidérées et maladroites! Je veux marclier sur ma langue, et traîner mon imprudence dans la poussière.

HoARD.

Femme...

L'HoTELiER, à part.

Voilà de l'habileté ! Bravo pour les femmes qui empêchent leur mari de lire leur correspondance.

La- COCRUSANK.

J'ai, monsieur, prononcé des paroles imprudentes, qui, en effet, peuvent motiver un procès.

HOARD.

Si imprudentes que cela? Laissez-moi examiner le cas.

La Courtisane.

Plus qu'imprudentes, j'en ai bien peur! Au moment où je désirais tant qu'il ne fût plus question de lui!

HoARD.

Puis-je arranger l'afTaire?

La Courtisane.

Non, monsieur! Je voudrais pourtant que vous vous en tiriez à votre honneur, et que la honte fût pour eux... Ah ! si vous saviez en profiter! l'occasion nous est offerte!

HOARD.

Parlez, ma chère femme!

La Courtisane.

Le voilà sous la coupe de ses créanciers, sans le sou, et pour des dettes sans importance. Je 1«^ sais capable de tout pluiot que de pourrir en prison. Je ne vois qu'un procédé pour qu'on le relâche. L'affaire n'est pas encore Tenue aux oreilles de son oncle. Envoyez immédiatement quelqu'un trouver les créanciers en question; dans son désespoir, il est incapable de rien faire par lui-même. Donnez des ordres pour ses dettes, au besoin payez-les. La peste l'étouffé, mais débarrassez-vous de ce misérable. Hoard.

Parfait! Tu me stupéfies. Cours sans perdre de temps et amène-moi ici Witgood ainsi que ses créanciers-

Page 1