‹ Les Contemporains de ShakespeareChapitre 30 sur 250 · ACTE III, SCENE II · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE II

Nano, du dedans.

C'est la belle madame...

VOLPONE.

Would-Be, n'est-ce pas?

Nano.

Juste.

VoLPONE.

Tant pis! Introduis-la. Elle va entrer et ne s'en ira

fdus! Vite! [Il se couche). Puisse mon accès ne pas durer ongtemps. Je crains, comme je craindrais l'enfer, que mon dégoût pour celle-ci ne nuise à l'envie que j'ai de l'autre ! Je voudrais être au moment où elle consentira à partir! Dieu, de quell"; souffrance je suis menacé! {Entrent NANO et LADY POLITICK WOULD-BE). Lady Politick.

Je vouF remercie, mon bon monsieur. Veuillez, je vous prie, dire à votre maître que je suis là... {A part). Cette fraise ne me dégage pas assez le cou!... {Haut). Je vous trouble, monsieur? Je vous demanderai la permission de faire venir une de mes femmes... (A part). En vérité j'ai un costume qui m'avantage. Mais il ne s'agit pas de cela. Je suis suffisamment bien.

{Entre UNE FEMME DE CHAMBRE).

Regardez comme ces maladroites m'ont attifée !

VoLPONE, à part.

Je sens la fièvre entrer dans mes oreilles ! Oh ! un charme pour me débarrasser de cette femme 1 Lady Politick.

Approchez. Cette boucle est-elle à sa véritable place? Pourquoi dépasse-t-elle les autres? Vous n'avez pas lavé vos yeux, ou bien ils n'étaient plus dans votre tête. Où est votre compagne? Appelez-la.

{Sort la première femme de chambre). Nano, à part.

Saint Marc, délivre-nous ! Tout à l'heure elle battra les femmes parce que son nez est rouge!

[Rentre LA PREMIERE FEMME DE CHAMBRE avec LA DEUXIEME).

Lady Politick.

Je vous en prie, regardez cette coiffure ! Tout cela est-il disposé comme ça devrait l'être.

La première Femme de chambre.

Il y a ici un petit cheveu qui dépasse, j'en conviens.

Lady Politick.

Ah ! il dépasse ! Où donc étaient vos chers yeux quand il a dépassé? Hein! vos yeux d'oiseau? Approchez et arrangez-moi cela. Par cette lumière vous devriez demeurer

honteuse. Moi qui vous ai si souvent prêchées, qui vous ai lu les principes de la toilette, qui en ai devant vous argumenté toutes les conséquence?, développé toutes les bienséances, tous les avantages! Moi qui vous ai tant de fois consultées sur mes toilettes!...

Nano, à part.

Plus soucieuse de ses toilettes que de sa réputation et de son honneur! ,

Lad Y PoLiTicK.

Moi qui vous ai tant de fois répété quelle dot serait pour vous la connaissance de ces choses! Une dot qui, à votre retour, peut vous valoir de nobles époux! Et vous êtes toutes à ce point négligentes! Vous devez pourtant vous apercevoir de quelle curieuse nation sont ces Italiens quand ils parlent de moi : « La femme anglaise ne peut pas s'habiller toute seule». Unejolie façon dcj tîv notre pays. Allez-vous-en et attendez-moi à côté. Vous m'avez mis aussi trop de fard! {A Nano). Mon bo'n monsieur, veuillez vous occuper d'elles.

{Sûrtent Nano et les femmes de chambre).

VoLPONE.

La tempête vient sur moi !

Lady Politick, s approchant du Ut.

Comment se por,te mon Volpone?

VoLt'OXE.

Le bruit m'empêche dé dormir. Je rêvais qu'une étrange furie entrait dans ma maison et, avec la tempête mortelle de son souffle, séparait mon toit en deux. Lady Politick.

Croyez-moi, j'ai fait aussi le rêve le plus affreux dont je puisse me souvenir.

Volpone, à part. *

Cruel destin! Je lui fournis l'occasion de me tourmenter! Elle va me raconter son cauchemar!

Lady Politick.

Il me semblait que la médiocrité dorée, polie et délicate...

Volpone.

Si vous m'aimez ne parlez plus. Je sue, je souffre, quand on me signale un rêve. Voyez comme je tremble encore! Lady Politick.

Hélas! chère âme! Cela vient du cœur. Il vous faudrait des semences de perles bouillies avec du sirop de pommes, de la teinture d'or, du corail, du citron en pilules, de la racine d'élicampane et de myrobolan... Volpone, à part.

J'ai pris une sauterelle par son aile ! <

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