ACTE IV, SCENE II
plus de maladies que cette coquine n'a commis d'adultères! 0 70US, mes équitables auditeurs, si des actions aussi audacieuses, exorbitantes, peuvent s'accomplir impunément, quel citoyen pourra désormais se vanter de conserver la vie, la réputation, d'échapper à la première accusation venue? Qui d'entre vous sera désormais à l'abri, honorables Pères? Je voudrais, avec l'autorisation de vos graves Paternités, vous demander si leur complot présente quelque trace de sincérité? Si, pour les narines les plus bouchées, cela ne sent pas le rance et la calomnie la plus scandaleuse ? Je vous supplie d'avoir souci de ce bon gentilhomme dont la vie est si compromise par leur calomnie! Quand des coupables, et ce sera ma conclusion, sont, comme ceux-ci, vicieux au point d'incarner des actes impies, c'est avec d'autant plus de confiance qu'ils s'enfoncent dans le crime!
Premier Juge.
Qu'on les mette sous bonne garde et qu'on les sépare.
Deuxième Juge.
Comment de tels monstres peuvent-ils vivre ?
Premier Juge.
Ramenez ce vieux gentilhomme avec les plus grands égards.
{Sortent les Officiers et Volpone).
Je suis désolé qu'il ait été la victime de notre crédulité.
Quatrième Juge.
Quelles créatures !
Troisième Juge.
Je ressens en moi comme un tremblement de terre!
Deuxième Juge.
La honte, même au berceau, n'a jamais coloré leurs visages.
Quatrième Juge, à Voltore.
Vous venez de rendre un fameux service à l'État, en les démasquant!
Premier Juge.
Vous apprendrez, avant la nuit, le châtiment que leur réserve la Cour.
{Sortent les Juges, les Greffiers et les Officiers emmenant Bonario et Celia.
Voltore.
Je remercie Vos Paternités. {A Mosca). Qu'en pensezvous?
MOSGA.
Je voudrais que l'on dorât votre langue et que vous devinssiez l'héritier de toute la ville ; que la terre manquât d'habitants plutôt que vous voir manquer de quelque
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chose. On devrait vous élever une statue sur la place Saint-Marc, vous porter en triomphe dans la ville, car je vous considère comme un triomphateur.
CORVINO.
En effet.
MOSCA
Vous avez eu raison de proclamer votre cocuage au lieu de raconter le reste.
CoRVINO.
J'y avais réfléchi. Maintenant la faute retombe sur elle.
MOSCA
Sans cela vous l'endossiez.
GoRVINO.
Néanmoins, je me méfie encore de ces avocats.
MoscA.
Vous avez tort. J'ose vous promettre que je vous soulagerai de ce souci.
CoRVINO.
Je m'en rapporte à toi, Mosca.
[Il sort).
MoSCA.
Comme vous pouvez vous en rapporter à vous-même, monsieur.
CORBACCIO.
Mosca !
MoscA.
Maintenant, à votre affaire.
CORBACGIO.
Vous avez à faire?
MoscA.
Je parle de la vôtre.
CORBACCIO.
Et non d'une autre?
Mosca.
Mais non.
CORBACCIO.
Alors sois prudent.
Mosca.
Dormez sur vos deux oreilles.
Ck)RBACCIO.
Expédie-nous cela.
Mosca.
Sans tarder.
CORBACCIO.
Enferme tout, les bijoux, l'orfèvrerie, l'argeat, les tentures, les couvre-pieds, les rideaux.