SCENE PREMIERE
Une Chambre dans la maison de Volpone.
Entre VOLPONE.
Volpone.
Me voilà de retour et le choc a eu lieu! Je ne me suis jamais senti si mal à l'aise dans un déguisement que tout à l'heure. Chez moi, ça va tout seul; en public, il faut surveiller jusqu'à sa respiration. Ma jambe gauche commençait à souffrir de la crampe et je redoutais sérieusement que quelque puissance me frappât d'une paralysie mortelle! Chassons ces idées et abandonnons-nous à la joie! De semblables craintes finiraient par me donner quelque maladie pourvu qu'elles devinssent trop fréquentes. Qu'on m'apporte un bol de vieux vin, pour rassurer mon cœur. {Il boit). Hum! hum! hum! Ça va mieux. Je redeviens maître de moi. Il me faudrait maintenant-quelque bonne friponnerie qui provoquât chez moi le rire. Je me sentirais tout à fait bien. {Il boit). Là! Là! Sa chaleur vivifie! C'est du sang que je bois! Mosca!
[Entre MOSCA).
, MoscA.
Eh bien, monsieur? Voilà le jour qui s'éclaircit encore ? Etes-vous rétabli? Voyez-vous maintenant le chemin à suivre sans crainte des faux pas ! Le vrai moyen d'exercer notre petit commerce en liberté ?
VoLPONE.
Mosca, tu es exquis !
MoscA.
Nous avons mené savamment les choses?
Volpone.
Savamment et vaillamment; les véritables esprits grandissent dans les circonstances extrêmes.
MoscA.
On commettrait une sottise dépassant l'imagination en