‹ Les Contemporains de ShakespeareChapitre 54 sur 250 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

Une Chambre dans la maison de Volpone.

Entre VOLPONE.

Volpone.

Me voilà de retour et le choc a eu lieu! Je ne me suis jamais senti si mal à l'aise dans un déguisement que tout à l'heure. Chez moi, ça va tout seul; en public, il faut surveiller jusqu'à sa respiration. Ma jambe gauche commençait à souffrir de la crampe et je redoutais sérieusement que quelque puissance me frappât d'une paralysie mortelle! Chassons ces idées et abandonnons-nous à la joie! De semblables craintes finiraient par me donner quelque maladie pourvu qu'elles devinssent trop fréquentes. Qu'on m'apporte un bol de vieux vin, pour rassurer mon cœur. {Il boit). Hum! hum! hum! Ça va mieux. Je redeviens maître de moi. Il me faudrait maintenant-quelque bonne friponnerie qui provoquât chez moi le rire. Je me sentirais tout à fait bien. {Il boit). Là! Là! Sa chaleur vivifie! C'est du sang que je bois! Mosca!

[Entre MOSCA).

, MoscA.

Eh bien, monsieur? Voilà le jour qui s'éclaircit encore ? Etes-vous rétabli? Voyez-vous maintenant le chemin à suivre sans crainte des faux pas ! Le vrai moyen d'exercer notre petit commerce en liberté ?

VoLPONE.

Mosca, tu es exquis !

MoscA.

Nous avons mené savamment les choses?

Volpone.

Savamment et vaillamment; les véritables esprits grandissent dans les circonstances extrêmes.

MoscA.

On commettrait une sottise dépassant l'imagination en

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