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ACTE V, SCÈNE I 9i

essayant d'accomplir une grande action avec un esprit couard. Vous ne paraissez pas enchanté?

VOLPONE.

Plus que si je possédais la donzellel

MOSCA

Voilà parler. Maintenant tenons-nous-en là. Notre chefd'œuvre accompli, nous aurions tort de chercher à mieux faire.

YOLPONE.

En vérité tu as enlevé le prix, mon préci&ux Mosca!

MOSGA.

En trompant la Cour.

VOLPONE.

Et en détournant le torrent sur un innocent.

MoSCA.

Et encore, en trouvant le moyen d'harmoniser de pareilles discordes.

VOLPONE.

Je me demande comment tu as pu t'y prendre ! Comment des gens si avisés n'ont-ils pas flairé quelque chose en moi ou en toi, conçu quelque soupçon?

MoscA.

lis n'y ont vu goutte. Trop de lumière les aveuglait. Chacun d'eux demeure tellement convaincu de la réalisation de ses espérances que rien de ce qui pourrail les contrarier, malgré la vérité, l'évidence, la palpabikté, ne leur saute aux yeux.

VoLPONE.

Comme une tentation du diable !

Voilà. Les marchands peuvent parler des profits de leur commerce, les grands seigneurs du rapport de leurs terres; mais si l'Italie renferme des individus dont on puisse tirer plus de gain que de ces gens-là, j'en éprouverai une véritable déception. Votre avocat s'est montré inimitable!

VoLPONE.

« Mes très honorables Pères, mes braves Pères, avec la permission de Vos Paternités, quel semblant de vérité y at-il là? î «Si des actions aussi étranges sont tolérées, mes très honorables Pères... î » J'ai eu beaucoup de peine à retenir mes rires !

MoscA.

Il m'a semblé que vous étiez en sueur.

VoLPONE.

Un pen.

Mosca.

Avouez que vous ne vous sentiez pas à l'aise?

VOLPONE.

Comme dans un brouillard, mais pas abattu. Je conser vais encore tous mes sens.

MOSCA

A propos, monsieur, en honneur de la vérité et par conscience, je dois vous dire que votre avocat, selon mon humble avis, a tout à fait mérité... qu'on se moque de lui.

VoLPONE.

Je partage ton avis, du moins en ce qui concerne la fm de sa harangue que, seule, j'ai entendue.

Oh! le commencement! Si vous l'aviez vu exposer les préliminaires, ensuite les aggraver à l'aide de véhémentes métaphores!... J'ai cru qu'il changerait de chemise! Et quand il affirmait n'obéir qu'à la pure amitié, sans espoir de gain !...

VOLPONE. j.

Oui. Je ne peux pas encore te récompenser, Mosca, comme je le voudrais... Mais par amitié pour toi, puisque tu m'y engages, je veux, sans plus tarder, le tourmenter. MoscA.

Bon, monsieur!

VoLPONE.

Appelle le nain et l'eunuque.

MoscA.

Castrone ! Nano !

{Entrent CASTRONE et NANO).

Nano.

Me voici.

VoLPONE.

Savez- vous quelque intermède ?

MoscA.

Vous avez le choix.

VoLPONE.

Parcourez les rues, tous les deux, et répandez le bruit de ma mort. Avec conviction, tristesse, entendez-vaus ? Attribuez-la au chagrin causé par la dernière calomnie dirigée contre ma personne.

[SortefU Castrone et Nano).

Quel est votre but, monsieur ?

Nous allons voir immédiatement mon vautour, ma corneille, mon corbeau, accourir à cette nouvelle pour becqueter ma charogne, sans compter ma louve et les autres voraces, anxieux...

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