ACTE V, SCENE I
MOSCA
Et on leur arrachera la proie !
VOLPONE.
VoilàlTu vas endosser une robe et te poser comme mon léritier. Tu leur montreras un testament. Ouvre ce bureau 5t prends un de ceux où les noms sont restés en blanc; je rais y inscrire le tien.
MoscA, lui donnant un papier.
La plaisanterie sera sans égale I
VoLPONE.
Oui, quand la bouche ouverte, ils se verront dupés, quand Is s'apercevront à quel point tu les méprises I... Vite, passe a robe.
MoscA, mettant une robe.
S'ils demandent à voir votre corps ?
VOLPOXE.
Tu répondras qu'il pourrissait depuis longtemps.
MOSGA.
Et qu'il puait tant, qu'il a fallu le mettre immédiatenent en bière et l'enterrer ?
Tout ce que tu voudras. Attends. Voici le testament, fets un bonnet, prends un livre de comptes, une plume, le l'encre et du papier. Assieds-toi, comme si tu inventoiais des meubles. Je me tiendrai derrière un rideau, sur m tabouret, et j'écouterai. De temps en temps jette un coup l'œil, regarde leurs physionomies, comme le sang se retire le leurs figures... Je me promets une pinte de rires 1 MoscA.
Votre avocat en mourra de tristeâse !
VoLPONE.
Ce qui ébréchera le fil de son éloquence.
MoscA.
Votre clarissimo, le vieux au dos rond, dressera ses pointes ! 'el un hérisson quand on le touche !
VoLPONE.
Et Corvino ?
MoSCA.
Demain matin, avec une corde et un poignard, il parourra toutes les rues, comme un fou. Milady aussi, qui omparaissant devant la Cour a faussement déposé en faeur de votre seigneurie.
VOLPONE.
Et qui m'embrassait devant les Pères, quand ma figure uintait l'huile I
MoscA.
Et la sueur. Votre or est un parfum qui dissipe les
mauvaises odeurs. Il redresse les déformés, les rend jolis à voir, comme la ceinture chantée par les poètes. Jupiter lui-même ne saurait inventer un meilleur linceul pour passer au milieu des gardes d'Acrisius. L'or donne au monde la grâce, la beauté, la jeunesse 1
VOLPOXE.
Je crois qu'elle m'aime !
MOSCA
Qui ? La dame? Elle vous jalouse 1
VoLPONE.
Tu crois?
{On frappe).
MoscA.
Ecoutez. C'est déjà quelqu'un.
VOLPONB.
Regarde.
MoscA.
Notre vautour! Il arrive le premier.
VoLPONE.
Je prends ma place, toi à ton rôle!
[Volpone se cache derrière un rideau).
MoscA.
J'y suis. {Il s'assied).
VoLPONE.
Maintenant de l'adresse et torture-les I {Eîitre VOLTORE).
VOLTORB.
Eh bien, bon Mosca?
MoscA, écritant.
« Tapis turcs, neuf... »
VoLTORE.
Il fait l'inventaire. Parfait !
MoscA, idem.
« Deux couvre-pieds. Tissu... »
VoLTORE.
Le testament? Laisse-le moi lire pendant ce temps-là. {Entrent DES SERVITEURS et CORBACClO dans une chaise).
CORBACCIO.
Aidez-moi à descendre et retournez à la maison.
{Les serviteurs sortent).
VoLTORE.
Le Toilà qui vient nous troubler !
MoscA, idem.
« Tissu d'or, deux... t.
CORBACCIO.
C'est fini, Mosca?