ACTE V, SCÈNE I
explique certains énigmes. Allez avec votre mélancolie. (Sort Ladij Poiilick Would-Be).
VOLPONE.
0 mon diable malin !
ConviNo.
Mosca, je te prie, un mot.
MOSCA
Dieu! Vous voilà encore ici! Au lieu de montrer l'exemple à tout le monde ! Que voulez-vous? Qu'espérez-vouo? Ignorez-vous que je vous considère comme un âne ? Vous auriez joué le rôle de mari complaisant, si le sort l'eût permis. Vous demeurez un cocu déclaré en bon terme. Cette perle, me direz-vous, devait vous appartenir? Bien. Le diamant aussi ? J'en conviens et vous remercie. Et beaucoup d'autres choses encore. Vos bonnes actions serviront à racheter vos mauvaises. Je ne vous trahirai pas. Gardez le titre de cocu qui doit vous suffire, retournez chez vous et soyez à votre choix, mélancolique ou fou.
{Sort Corvino),
VoLPONE.
Rare Mosca ! Comme ce rôle lui convient!
VOLTORE.
Certainement il abuse tous ces gens-là à mon profit.
CORBACCIO.
Mosca, son héritier!
Ses yeux s'en rendent enfln compte !
GORBACCIO.
Dupé, dépouillé par un esclave parasite ! Mosca, tu m'as floué!
Mosca.
Oui, monsieur. Fermez la bouche, ou j'en arrache la seule dent qui vous reste. Coquin cupide à trois jambes, qui, dans l'espoir d'une proie, depuis à peu près trois ans, flairez par ici avec votre nez de fouine, et me proposiez d'empoisonner mon maître ! Coquin qui, aujourd'hui, devant le tribunal, déshéritiez votre fils ! Parjure ! Restez chez vous, mourez et pourrissez! Si vous croassez une syllabe, il vous en cuira! Appelez vos porteurs et bon voyage.
[Sort Corbaccio).
Va et pourris !
VOLPONB.
Excellent valet!
VOLTORB.
Maintenant, mon fidèle Mosca, je connaig ta fidélité, ta sincérité...
98 VOLPOxNE OU LE RENARD
MoscA, écrivant.
t Une table de porphyre... » Ne m'importunez past
VOLTORE.
Voyons, sois catégorique, les autres sont partis.
MOSGA.
Qui êtes-vous? Qui vous a envoyé chercher? Vous me remerciez, révérend avocat? En vérité, je regrette pour vous que la chance démolisse en ma faveur vos travaux méritoires; je vous assure, monsieur, que cela s'est fait malgré moi, presque à mon grand regret, mais la volonté des morts est sacrée. Je me console en pensant que vous n'avez pas besoin de cet héritage. Vous possédez, grâce à votre éducation, un talent qui ne vous laissera jamais dans l'embarras, tant qu'il existera des hommes et de la méchanceté pour motiver des procès. Contre la moitié de vos talents, je céderais toute ma fortune. Si l'on m'entame un procès, ce qui j'espère n'arrivera pas, vu la clarté et la netteté de la situation, je recourrai à la turbulence de votre aide, et vous paierai, bien entendu, des honoraires. En attendant, vous connaissez la loi, et je vous suppose trop consciencieux pour convoiter mon bien. Ah, monsieur, je vous remercie pour le plat d'argent. Il aidera à l'installation d'un jeune homme. Sur ma foi, vous paraissez constipé. Regagnez vite votre domicile et purgez-vous.
(Sort Voliore).
VoLPONE, sortant de derrière le rideau.
Ordonne-lui de manger beaucoup de laitue! Mon spirituel brandon de discorde, je veux t'embrasser ! Ah! que ne puis-je te changer en Vénus! Mosca, prends mes plus beaux habits et promène-toi dans les rues. A ta vue, ils souffriront plus encore. Il faut continuer le jeu. Qui voudrait renoncer à un pareil plaisir?
MoscA.
Je crois qu'ils ne reviendront plus.
VOLPON'E.
Bah! Quand ils sauront que je vais mieux, ils revien» dront tous. Que ne puis-je trouver un déguisement qui me permette de les rencontrer et de leur poser des questions! Avec quelle joie je les torturerais encore! MoscA.
Monsieur, je peux vous travestir. Je connais un huissier qui vous ressemble. Je le ferai boire et je vous apporterai ses habits.
Un déguisement rare et bien de ton invention I Je veux être pour eux une maladie douloureuse.