‹ Les Contemporains de ShakespeareChapitre 59 sur 250 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

Une salle dans la maison de Sir Politick Would-Be.

Entrent PEREGRINE déguisé et TROIS MARCHANDS,

Perbgrine.

Suis-je bien déguisé?

Premier Marchand.

Je vous le garantis.

Peregrine.

Je veux seulement l'effrayer.

Deuxième Marchand.

Si vous pouviez le faire embarquer I Troisième Marchand.

Pour Zante ou pour Alep.

Peregrine.

Que ne puis-je m'emparer de son carnet de voyage où il inscrit ses aventures et les faire passer pour véritamesl Messieurs, en temps opportun, c'est-à-dire quand vous jugerez que la conversation s'échauffe, n'oubliez pas d'intervenir?

- Premier Marchand.

Rapportez-vous-en à nous.

[Sortent les Marchands).

(Entre UNE FEMME DE CHAMBRE).

Peregrine.

Dieu vous garde, belle dame. Sir Pol est-il ehez lui?

La Femme de Chambrk.

Je ne sais pas, monsieur.

Peregrine.

Veuillez lui dire qu'un marchand vient pour une affaire sérieuse et désirerait s'entretenir avec lui. La Femme de Chambre.

Je vais voir s'il est là, monsieur.

{Elle sort).

Univers/;.

BJBLIOTHECA

dOO VOLPONE OU LE RENARD

Peregri.n'e.

Je suis fixé. Tous les domestiques sont du sexe féminiR ici.

{Rentre LA FEMME DE CHAMBRE).

La Femme de CiiAMP.r.E.

Monsieur est complètement absorbé par des affaires d'Etat. Un aulre jour il vous recevra.

Peregrln'e.

Retournez auprès de lui et ajoutez que si ses affaires l'absorbent complètement, celles dont je voudrais lui parler nécessitent sa présence.

{Sort la Femme de Chambre).

De graves affaires d'Etat I Probablement un moyen de confectionner à Venise des saucisses de Bologne en y fourrant moins d'ingrédients!

{Rentre LA FEMME DE CHAMBRE).

La Femme de Ciiajîbre.

Il dit qu'à votre façon de vous exprimer il sent que vous n'êtes pas un homme d'Etat et, conséquemment, il ▼DUS prie d'attendre.

Peregrine.

Retournez auprès de lui. Je n'ai pas, à sa façon, lu maintes proclamations pour en étudier le style. Qu'il daigne seulement venir.

{Sort la Femme de Chambre).

{Entre SIR POLITIGK).

SlU POLITICK.

Monsieur, je sollicite votre pardon. Le hasard fait qu'aujourd'hui vient de s'élever une regrettable discussion entre ma femme et moi. Au moment où vous arriviez, j'écrivais mon apologie, pour lui donner satisfaction. Peregrine.

Je suis désolé de vous apporter une nouvelle plus regrettable encore. Le gentilhomme par vous rencontré aujourd'hui sur le port, lequei vous disait être nouvellement débarqué...

SrR PoLITICK.

Etait une prostituée en fuite?

Peregrine.

Non. Un espion mis à vos trousses. Il a raconté au Sénat que vous lui aviez avoué posséder le moyen de vendre l'Etat de Venise aux Turcs.

Sir Poutick.

Moi!

Peregrine.

Des arrêts sont signés,, ordonnant qu'on vous appréhende et qu'on s'empare de vos papiers,..

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