‹ Les Contemporains de ShakespeareChapitre 89 sur 250 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

Entrent FERNEZE, xMARTIN DEL BOSCO ET DES CHEVALIERS.

Ferxeze.

Capitaine, dis-nous où tu vas, quelle est la nationalité de ton bateau ancré au port et pourquoi tu abordes sans notre permission. '

Bosco.

GouYerneur de Malte, je vais plus loin. 3Ion bateau le Dragon Volant est espagnol comme moi. Je me nomme d^l Bosco, vice-amiral du roi catholique. Premier Chevalier.

Il dit la vérité, monseigneur ; il faut donc le bien traiter.

Bosco.

Notre chargement se compose de Grecs, de Turcs et de Maures africains. Nous nous attardions dans les eaux corses, refusant de baisser pavillon devant la flotte turque dont les galères nous chassaient, lorsque, soudainement, le vent s'éleva. Nous pûmes lofer, tirer des bordées et combattre à l'aise. Nous en tuâmes quelques-uns, d'autres se noyèrent. Le capitaine est mort. Ce qui reste demeure notre butin, et nous voudrions en traflquer à Malte. Ferneze.

Martin del Bosco, je te connais. Sois le bienvenu à Malte, de moi et de tous. Quant à te permettre de trafiquer des Turcs, nous ne le pouvons pas, pour des raisons tributaires.

Premier Chevalier.

Del Bosco, tu nous aimes et tu nous honores. Persuade donc le gouverneur d'en finir avec les Turcs. Ils ne font trêve que dans l'espérance de nous soutirer de l'or, quand avec la somme qu'ils réclament nous pourrions entrer en campagne.

Bosco.

Eh quoi ? chevaliers de Malte, vous accordez aux Turcs une trêve si bassement achetée? Monseigneur, souvenezvous que, à la honte de l'Europe, l'île chrétienne de Rhodes, d'où vous venez, vous a appartenu, et que vous ne vous êtes réfugiés ici que pour combattre les Turcs.

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