HENRI II F. IN F
s'arrête. Il s'attendrit, pleure el vous arrache des larmes; puis tout à coup, à la strophe suivante, il part d'un éclat de rire et se gausse de vous qu'il a pris pour dupe.
É!ait-ce une sensibilité feinte? II le déclare lui-même avec une cynique audace.
Mais ne le croyez pas. On n'imite jamais de cette façon les plus belles facultés de l'âme et du cœur. 11 se moque de ses propres émotions, parce que le dualisme inexplicable de sa nature reprend le dessus. Il est sincère clans le sarcasme comme il est sincère dans les pleurs.
C'est un écrivain plus insaisissable que Protée.
De 1825 à 1850, Henri Heine prit al-
ternalivenient sa résidence àNaubourg, à Munich et à Berlin.
Les hommes les plus illustres de l'Allemagne comptèrent au nombre de ses amis.
Nous citerons le prince de Puckler-Muskau, Ludivig, Hegel. Bcerne, le grand patriote, avec lequel Henri devait se brouiller mortellement plus tard; Ferdinand Freligralh, Charles Immermann , Christian Grabbé, Frédéric Hebel et le comte d'Auersberg, ce poëte lyrique millionnaire connu sous le nom d'Anastasius Griïn.
Mais les ennemis qu'il s'attirait par sa verve impitoyablement railleuse étaient en aussi grand nombre.
Le poëte Herweg ne lui pardonna jamais, non plus que le professeur Massmann, de Berlin, i qui dédaigne le sa-
m: nui h fi. m: st
von, ce luxe de la parfumerie moderne. *
11 eut pour détracteurs impitoyables Gustave Pfizer, dont les poésies sont un excellent soporifique ; Ramner, le barbouilleur; Cornélius, le peintre; Franz Horn, le piétiste berlinois; Jabn, qif il appelle « le grossier mendiant père Jabn, » et madame Pircb Pfeifer.
N'oublions pas Franz Litz et Meyerbeer, deux musiciens qu'il envoie très-irrévérencieusement au sabbat.
Notre béros se préoccupait fort peu de toutes ces haines amoncelées sur sa tête.
Hambourg abritait pour le moment £Cs pénates vagabonds, et il ne songeait qu'à plaire aux jolies filles, dont il faisait la rencontre sur la Jungfernsteeg, promenade de Hambourg, qui consiste en une