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AMÉDÉE BOUCHARD

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AMÉDËE BOUCHARD

Il s'est trouvé, en ces temps derniers, des notaires qui n'ont pas cru à l'impossibilité de conserver les vénérables traditions de leur profession, tout en se mettant dans le mouvement. Il ne leur a pas paru déraisonnable de tenter, à la fois, ne rien perdre du passé et prendre une juste part de ce qu'offre le présent. A ceux des leurs qui voient partout révolution, ils ont proposé évolution. C'était bien différent, et pourtant, que de courage il a fallu à ces novateurs.... Mais, aussi, comme ils ont grandi dans l'estime public leur noble profession et comme ils ont créé l'union entre tous les membres qui la composent, ainsi que l'on a eu le bonheur d'en juger lors de leur troisième banquet annuel donné le ô février dernier, au Château " Place-Viger."

C'est à l'occasion de ce banquet que nous avons cru devoir donner, dans notre " galerie," une des bonnes places au jeune notaire qui nous semble avoir été l'âme du mouvement dans ce district.

M. Amédée Bouchard, né à Napierville, en 1865, eut pour père feu le notaire Ephrem Bouchard, qui était également régistrateur du comté. Il fît la première partie de ses études classiques au collège de Ste-

Thérèse et vint les terminer au séminaire de philosophie de Montréal. Après des examens préliminaires remarquablement heureux, il entra à Laval comme étudiant pour le notariat.

Une fois reçu, il pratiqua d'abord seul, puis avec M. C. E. Leclerc jusqu'à deux ans après où il reprit étude sans associé. Aujourd'hui, il est avec M, Landry, sous la raison sociale " Bouchard et Landry."

M. Bouchard occupe dans sa profession une place considérable et recrute sa clientèle dans les milieux les plus importants. Il est le type parfait du notaire qui sait allier le solennel à la ronde et belle humeur.

C'est un ardent libéral, de l'école non mitigée. Il ne s'est jamais beaucoup donné à la politique, mais son parti sait par expérience qu'on peut toujours compter sur lui. Il est de cette réserve dont Laurier parlait à la convention d'Ottawa et qu'il estimait l'une des plus réelles forces de son armée.

A son entrée dans la profession, M. Bouchard fut, comme beaucoup d'autres, attristé, humilié même de voir en quel effacement on la tenait et elle se tenait elle-même. Elle se contentait de quelques maigres concessions, et par contre se voyait ostraciser un peu partout. L'esprit de corps manquait ; quant à la Chambre des Notaires, dont les quarante membres se connaissaient à peine de nom, c'était, comme l'a justement dit au dernier banquet Son Excellence le Lieutenant-Gouverneur, une bonne institution, mais

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