‹ Les contemporainsChapitre 2 sur 11 · MICHEL LAROCHELLE · texte numérisé non relu

MICHEL LAROCHELLE

S'adressant aux jeunes libéraux de Québec-Est, croyons-nous, quelques jours après le triomphe du parti libéral en 1896, sir Wilfrid Laurier dans un de ses plus beaux mouvements d'éloquence s'écria : " Si on me demandait ce que j'apprécie le plus dans mon entourage de partisans, je crois que, répétant le geste admirable de la mère des Gracques, je vous désignerais, vous les jeunes d'ici et de toute la province. A vous je dois beaucoup et j'en rendrai éternellement le témoignage."

En effet, la phalange des jeunes libéraux a bien mérité d'être aussi brillamment portée à l'ordre du jour par le chef, après la victoire. Elle s'est dépensée généreusement. Elle a montré pendant cette longue campagne une endurance, une discipline, un enthousiasme qui ont puissamment conti'ibué au dénouement que l'on sait.

C'est à l'un de ces jeunes que nous consacrons ce présent travail. Tous admettront sans arrière-pensée que notre choipc est heureux et les autres jeunes y verront de notre part une juste reconnaissance des travaux de tous.

M. M. G. LaRochelle est incontestablement un lieutenant politique qui a bien mérité tousses galons. Il est en sus l'une des plus sympathiques figures du jeune barreau de Montréal.

Né à Sorel d'une vieille famille française, il fît un très brillant cours au collège de sa ville natale. Puis, au séminaire de Nicolet, il concourut avec grand succès pour le prix du prince de Galles, cette précieuse timbale que tout étudiant de premier ordre rêve de décrocher, et il fut gradué avec le titre de bacheliet; ès-arts.

Tout le prédestinait à la profession du droit : son tempérament, le tour de ses études personnelles et son éloquence déjà remarquée au collège.

Ses deux premières années d'études légales furent faites au bureau de l'honorable Wilfrid Laurier. Ce distingué voisinage ne contribua pas peu à développer davantage les qualités de notre jeune ami, qui sont depuis entrées en pleine maturité.

Il alla ensuite étudier sous l'honorable Rodolphe Laflamme dont il devint l'associé après son admission à la pratique. C'était, on en conviendra, une belle entrée dans la carrière.

Plus tard, il forma une société avec M. J. A. C. Madore, un autre jeune qui a, lui aussi, marché à pas de géant et qui par son énergie est parvenu à se faire si bien écouter à Ottawa. Cette société déploya une activité et une sagacité qui lui conquirent, en peu de

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temps, une clientèle de premier rapport et de premier ordre. C'était une juste récompense pour l'intelligence secondée par l'énergie et l'opiniâtreté au travail.

Aujourd'hui, notre ami pratique seul. Sa clientèle, que nous connaissons très bien, se recrute dans les plus hautes sphères du monde commercial et elle a augmenté de jour en jour, au point de devenir l'une des plus considérables de la métropole. Comme on le sait, M. LaRochelle a été chargé de plusieurs causes d'une importance capitale.

A l'âge de vingt-huit ans, il a été nommé recorder de l'importante cité de Saint-Henri. C'est là un plus éloquent témoignage que tout ce que l'on pourrait écrire. En cette qualité, il s'est montré sans cesse pénétré du vrai sens de la justice, et ce n'est pas avec lui que la dignité de la magistrature court risque d'être lésée.

Notre ami est un lettré, un studieux. Il écrit avec une élégance et une propriété de langue qui font reconnaître ses articles entre cent. Il a collaboré à presque tous nos grands journaux politiques, toujours avec une modération, un fini et un tact admirables. Pour lui, au moins, il est vrai que le style, c'est l'homme.

Sa conférence sur Le Chris/, le Pape et la Démocratie dénote combien et comment il étudie. C'est original, logiquement enchaîné et limpide. Cette œuvre devrait être éditée.

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Sur le terrain politique M. LaRochelle a déployé ces précieuses qualités. Loyal aux chefs, heur ou malheur, toujours à la disposition de ses compagnons d'armes, il a porté sur les hustings une éloquence chaude, imagée, inaltérablement distinguée. Sa courtoisie et son fair-play sont reconnus par les plus véhéments adversaires. Très renseigné sur les questions du jour et d'autrefois, son libéralisme nous a toujours semblé s'être savamment composé du libéralisme à la Burke de Laurier, son premier patron, et de la politique avancée de feu Laflamme, son ancien associé. Cet éclectisme n'est pas du banal opportunisme, mais bien le fruit d'une analyse sincère des états de choses faite par un esprit calme mais toujours de son temps.

Depuis son apparition dans les luttes, et il y a de cela des années en longue file, M. LaRochelle a, croyons-nous, pris part à toutes les élections, de quelque nature qu'elles soient, qui ont eu lieu dans le district de Montréal. Ses chefs l'ont envoyé aux postes les plus avancés, les mieux défendus.

Durant les célèbres élections générales de 1886, il fut tout spécialement remarqué, et de cette époque son nom fut placé sur la liste des jeunes tribuns dans lesç[uels le parti repose sa plus grande confiance. Les témoignages ne lui furent pas épargnés, ni les postes qui constituent les meilleurs diplômes.

L'honorable M. Laurier se l'attacha comme secrétaire particulier ; puis, à l'âge de 23 ans, il devint pré-

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