‹ Les contes de Canterbury de Geoffroy Chaucer. Traduction française avec une introduction et des notesChapitre 47 sur 188 · Diminutif de Simon · texte numérisé non relu

Diminutif de Simon

Le curé de Tendroit était père d'icelle.

Avec elle il donna force poêle d^airain

pour que ledit Sinquin entrât dans sa famille.

La damoiselle fut élevée au couvent,

Car Sinquin ne voulait, disait-il, prendre femme

qui ne fût élevée décemment et pucelle,

afin de bien tenir son rang de Yeoman '.

3950 Elle était orgueilleuse, effrontée comme pie. C'était un beau spectacle à voir que ces deux-là. Les dimanches et fêtes il allait devant elle, sa cornette ' enroulée tout autour de son cou, et elle le suivait, qui portait robe rouge; rouges étaient aussi les chausses de Sinquin. Nul n'osait l'appeler d'un autre nom que « dame ». Nul n'était si hardi, parmi ceux qui passaient, Qu'il osât foiÀtrer ni jouer avec elle, s'il ne voulait se faire massacrer par Sinquin

3960 à coups de dague, à coups de couteau, de stylet; car toujours les jaloux sont dangereuse espèce — du moins ont-ils désir que leur femme le croie. Elle, de son côté, qui avait sa souillure ', était une puante, puant comme eau croupie; elle était méprisante, elle était insultante. La plus noble, à son gré, lui devait des égards, tant pour sa parenté que pour l'éducation qu'elle avait reçue au couvent.

Ces époux à eux deux possédaient une fille 3970 de vingt ans, sans autre famille qu'un enfant âgé de six mois.

Il était au berceau et c'était un beau gars. I^a jouvencelle était et potelée et drue, le nez camus, les yeux gris comme verre, la croupe large elles seins ronds et hauts, cheveux bien blonds d'ailleurs, à ne vous point mentir.

Le curé de l'endroit, parce qu'elle était belle, était dans le dessein de la faire héritière

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