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LA DÉCOUVERTE

Dam ce désordre, à mes yeui se présente

Un Jeune earaot

Racinb. — ^iA«l««.

L'intérieur de Notre-Daine, vu à neuf heures du soir, : est d*un aspect assez triste ; sur les bas-côtés du vaisseau, Tombre, qui se prolonge de la poupe à la proue, est déchirée d'espace en espace par quelques pâles rayons de la lune qui s'allongent sur les dalles en glissant h travers les ' vitraux des ogives ; une lampe suspendue au-dessus de la grille du chœur, et que la fabrique alimente suivant un respectable système d'économie, jette au milieu d'un nuage de fumée une lumière perfide qui noircit le badigeonnage des arceaux de la voûte, sans éclairer la mosaïque du parvis. Au fond de la nef, le prêtre adresse aux fidèles agenouillés les instructions du soir : c'est presque toujours devant une demi-douzaine de vieilles femmes que le semainier de la métropole débite ces dernières prières; les pieuses habituées du saint lieu tiennent d'une main le livre de cantiques, et de l'autre le bout de bougie que le bedeau a enlevé du luminaire après vêpres pour le revendre le soir à celle même qui, peut-être, l'avait allumé le matin, afin d'obtenir de son patron la guérison d'une personne bien chère.

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C'est au milieu de ces ténèbres que Gustave pénétra pour retrouver Pauline ; celle-ci était prosternée devant l'image de la Vierge, et priait à peu près comme les bonnes femmes écoutaient le sermon ; mais avoir Tair d'écouter, c'est tout ce que Tamour-propre de l'orateur chrétien peut exiger ; avoir l'air de prier, c'est aussi tout ce que demande le bedeau, chargé de faire observer le respect dû au saint lieu.

Au craquement d'une botte qui s'aj[tpuyait légèrement sur le pavé, Pauline tourna la tête du côté du portique ; Gustave plongea son regard dans l'obscurité, il vit une teinte plus sombre se dessiner dans le clair-obscur de la chapelle. — C'est ellel dit le colonel. Il avança, et tandis que le substitut de monseigneur l'archevêque continuait ses remontrances au milieu des bougies qui s'éteignaient , madame Orbelin et son cousin se parlaient ainsi :

— C'est donc vous, Gustave?... je désespérais de vous revoir jamais... Cruel I vous n'avez pas fait une seule démarche pour vous rapprocher de moi depuis notre séparation. — Ma conduite, Pauline, a été celle d'un honnête homme; M. Orbelin savait tout, je ne pouvais plus me présenter chez vous. — Et que m'importe si l'abandoii d'une femme qu'on aime passe, aux yeux du monde, pour une preuve de loyauté? Je n'accepte pas, moi, un pa-reil sacrifice aux lois de la société. Il fallait essayer de tromper les espions de mon mari ; il fallait venir me voip à tout prix, enfin I Mais non I vous restez loin de moi quand je souffre pour vous, quand je suis devenue par vous la plus malheureuse des créatures. Vous me fuyez» comme si vous aviez peur! et moi, pourtant, je n'ai pa& craint de vous faire le sacrifice de ma réputation, de mou repos, de ma vie! — Vous m'aviez écrit, Pauline, pour me demander des conseils, et ce sont des reproches quç

VOUS m* adressez. Oubliez-vous que moi aussi j'ai sacriGé quelque chose à cel amour dont vous ne me croyez plus digne? N'est-ce rien que de perdre Tespoir d'une brillante carrière, la faveur de Sa Majesté» et ce bras mutile qui devait un jour peut-être porter le bâton de maréchal ? Je ne me plains pas d*avoir payé trop cher un instant de bonheur; mais ne me faites pas un crime de ce que j'ai respecté la tranquillité de votre ménage. Votre époux , me disait-on, avait pour vous tant de soins, tant d'amour! — Des soins! de l'amour! on voit bien que vous ne savez rien de ce qui se passait entre nous. Ses prévenances, ses bontés, c'était une vengeance plus afifreuse mille fois que le déshonneur public. En me conduisant dans le monde, mon mari me forçait à paraître heureuse quand j'avais le «désespoir dans le cœur; il me condamnait au supplice de l'aimer, de répondre à sa fausse tendresse par un sourire, et cependant je sentais des larmes dans mes yeux ; mais il m'était défendu de pleurer! Et quand je revenais chez moi!... que je me trouvais seule, sans consolation^ sans conseil , croyez-vous que la pensée d'en finir avec une existence aussi misérable ne me soit pas souvent venue? Si je n'avais pas senti que je devais bientôt élre mère, je serais morte, Gustave! mortel sans vous avoir revu. — Allons, calmez-vous; si l'on vous entendait? Dites-moi ce que maintenant vous prétendez faire? — Il faut que vous trouviez le moyen de mettre un terme à mon supplice ; j'ai pu le supporter tant que j'étais seule à souffrir; mais à présent que j'ai un fils, je ne dois pas exposer cette innocente créature au malheur d'être haï par celui qu'il nommera son pcre. J'ai besoin de parler de mon enfant à quelqu'un qui comprenne mon amour pour lui. Chez mot, il faut que je retienne mes paroles , que je taise mes craintes, que je cache mes larmes ou ma joie. Cetie con-

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(rainte est au-dessus de mon courage; je ne peux pas vivre plus long-temps ainsi ; enfin, il faut que je divorce! — Gustave réfléchit un moment. — Je crois, dit-il, qu*une séparation à Tamiable vaudrait mieux. — M. Orbelin n'y consentira jamais. — Mais songez donc que les juges demandent de graves motifs pour séparer deux époux. — ILh bien I alors je prendrai un parti violent ; je quitterai la maison de mon mari. Vous allez, d'ici à deux jours, me trouver un logement aux environs de Paris; j'y élèverai notre fils. Si votre devoir vous retient ici , au moins vous viendrez me voir souvent; et puis ne pourrons-nous pas quitter la France? voyager ensemble? Voyons, Gustave, vous ne me répondez pas? Vous le savez, si vous me refusez vos conseils, je puis faire un malheur. Dites que vous allez vous occuper de mon sort, que vous m'écrirez sous Jeux jours. C'est convenu, n'est-ce pas? — Sans doute, vous pouvez y compter ; mais comment vous ferai-je parvenir une lettre?

— C'est juste, il faudrait encore imaginer un moyen. J'y suis... Rien n'est plus facile, j'irai moi-même la chercher au bureau ; vous l'adresserez à madame Pauline Renou, poste restante, à Paris.

En ce moment, le prêtre, qui finissait son oraison, dit: Jmen. î.es dévotes se levèrent, il y eut un murmure de voix, un bruit de chaises qui se heurtaient; les portes crièrent sur leurs gonds ; Pauline et Gustave proCtèrent du tumulte pour sortir. $i madame Orbelin était satisfaite du résultat de sa démarche auprès du colonel, elle ne pouvait se faire illusion sur l'air froid et le ton de réserve que le père de son enfant gardait avec elle ; il ne lui avait pas dit un seul mot qui eût trait à leur-ancienne intelligence; il n'avait pas paru même désirer voir son fils. N'allait-elle donc échapper au mépris si lourd à porter du mari que

LA FEUMË bU Rfiir.ACTAinK. S!>

pour se livrer au mépris plus écrasant encore de Tamant? Deux jours après, elle alla chercher à la poste la lettre de Gustave. Pauline tremblait que le colonel ne l'eût oubliée ; elle se trompait, il avaîtécrit;mais au lieu de lui apprendre qu'il venait de découvrir une retraite sûre et commode pour elle et pour son enfant, Gustave lui conseillait de supporter avec patience ses chagrins domestiques, à mériter son pardon 1 force de confiance envers son époux. « M. Orbelin, » écrivait-il, ne demande qu'à être aimé ; c'est un honnête » homme qui ne fera pas retomber sur un innocent la faute » de sa mère. i> Enfin, le colonel engageait positivement Pauline à renoncer à son projet de séparation, qui ne pouvait que devenir funeste à son enfant. Il lui parlait de leur liaison passée comme d'un malheur que, pour leur repos commun, il fallait oublier ; il se reprochait de ne pas lui avoir dit tout cela le jour de leur rendez-vous à Notre- Dame; mais il avait craint son emportement dans un lieu public. Gustave sentait bien que celle qu'il avait aimée allait d'abord l'accuser de lâcheté, de trahison. « Je laisse » au temps, continuait-il, le soin de calmer ce mouvement 9 de colère; plus tard, vous me remercierez des conseils » que je vous donne aujourd'hui. Si je connaissais un autre » moyeu de vous prouver ma sincère amitié, croyez que je » l'emploierais. Mais je ne veui^pas, après avoir compro- » mis la paix de votre intérieur , détruire votre réputa- » tion , qui me sera toujours chère. Tant que la loi ne 9 vous aura pas séparée de M. Orbelin , je croirais man- » quer à mon devoir d'honnête homme si j'encourageais v le dessein que vous avez formé de quitter votre ménage. D 11 m'en coûte beaucoup, sans doute, de renoncer à l'es- » poir de vivre près de vous ; mais je ne balancerai jamais lorsqu'il s'agira de sacrifier mes propres affections 1- à votre bonheur. »

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Pauline, après avoir lu ce billet, resta comme anéantie; le colonel venait de détruire sa dernière espérance en ne lui offrant que les conseils d'une froide raison, au lieu de la preuve d'amour qu'elle lui demandait. De sinistres projets roulèrent dans sa tète brûlante; d*abord, elle ne vit plus de refuge à ses maux que dans le suicide, qui se présenta à son imagination sous toutes les formes qu'il emprunte au désespoir. Mais à l'idée de la civière de l'hôpital , du lit de pierre de la Morgue , et des regards cu~ rîeuxqui devaient interroger la mort sur les traits livides de son visage , sur ses membres raidis par les dernières convulsions ; à ces horribles pensées, l'instinct de la vie rentra dans sou cœur. Elle était riche , enviée ; elle n'avait que vingt-deux ans, M. Orbelin en comptait près de soixante ; ce n'était pas Pauline qui devait mourir la première.

abandonnant alors son faneste dessein , elle ne songea plus qu'au moyen de rendre son existence supportable. Après avoir débattu mille projets dans son esprit, elle prit la résolution d'aller habiter sa maison de Villarceau, avec Thérèse et son fils. — M. Orbelin ne pourra se refuser à cette séparation, pensa-t-elle ; c'est à table, devant vingt personnes, que je lui demanderai la permission de vivre à la campagne : j'aurai soin de prévenir mon docteur, il dira que cela est nécessaire.à ma santé, et dès demain je partirai.

Satisfaite de s'être arrêtée à ce dernier parti , Pauline rentra chez elle. Pendant le diner, elle amena la conversation sur les plaisirs de la campagne , elle vanta l'influence d'un arir pur sur la santé , parla de la faiblesse de la sienne, et arriva ainsi à manifester son désir de quitter Paris. Thérèse , qui servait à table , changea de couleur lorsque Pauline décida que sa femme de chambre devait

la suivre à Yillarceau. L'émotion de Thérèse ne fat remarquée que par le notaire ; mais il comprit bien l'embarras de cette pauvre mère, qui déjà se voyait forcée d'abandonner l'enfant qu'elle élevait secrètement. Thérèse regarda son maître d'un air suppliant ; le notaire lui fit signe de se rassurer , il opposa plusieurs objections à la résolution de sa femme, et comme Pauline insistait en-' core, il termina le débat en disant :

— Eh bien ! non, ma chère amie, vous ne quitterez pas cette maison. Gomme il ne m'est pas possible de vous accompagner à Yillarceau , et que je ne saurais vivre heureux sans vaus avoir près de moi , je m'oppose formellement h votre départ. — C'était la première fois que M. Orbelin osait publiquement parler en maître à sa femme. Thérèse respira plus facilement quand elle eut entendu la réponse du notaire. Pauline, interdite un moment par ce ton sévère , crut comprendre que son mari s'était enfin détermine à rompre une contrainte qui les fatiguait tous deux. Ce premier acte d'une volonté ferme, accompli devant plus de vingt personnes, devenait, suivant elle, le signal d'une guerre fr;inche; c'était l'essai d'une tyrannie de ménage que les convenances sociales ne devaient plus arrêter. Madame Orbelin se promit aussitôt de se soustraire à ce nouveau malheur ; elle reprit ûu maintien aisé, sourit assez naturellement, et dit avec une sorte de légèreté :

— Vous avez raison , mon ami... je dois rester ici... c'était un caprice, une folie qui me passaient par la tète ; n'en parlons plus.

Il ne fut plus question de ce départ entre les deux époux. Cependant, le lendemain matin, Pauline, qui persistait dans son projet de fuir la maison conjugale, monta à la mansarde de Thérèse , afin de dire secrètement à

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celle-ci qu'elle était résolue à partir dès le soir même. Elle frappa doucement à la porte ; on ne répondit pas. Impatientée d'attendre, elle heurta plus fort. Les cris d'un enfant qui s'éveillait retentirent à son oreille. Pauline , étonnée, glissa un regard curieux à travers la serrure, et parcourut d'un coup d'œil la petite chambre de Thérèse : la jeune mère n'était pas chez elle. Madame Orbelin aperçut près de la fenêtre le berceau d'osier où reposait la fille du réfractaire. La présence de cet enfant chez Thérèse, le mystère dont on s'entourait pour l'élever , firent naître mille conjectures dans Vesprit de la femme du ootaire. Elle interrogea ses souvenirs ; ils la conduisirent bientôt à des soupçons qu'elle accueillit avec un sentiment de joie; c'était son mari qui avait fait déménager Thérèse de sa première mausarde pour la loger dans ce corps de bâtiment, d'où les cris de son enfant ne pouvaient être entendus des habitans de la maison. Klle se rappela que souvent on avait vu le notaire se diriger le soir vers le nouveau logement de Thérèse ; enfin, en rapprochant mille circonstances , Pauline finit par se persuader qu'elle était sur la voie d'une intrigue scandaleuse qu'«il lui suffisait d'ébruiter, pour briser une chaîne dont le poids lui était devenu insupportable.

Elle rentra chez elle, appela tour à tour le portier et les domestiques , elle acheta chèrement leur discrétion , et se fit rendre compte de toutes les actions de sa femme de chambre. On lui apprit les sorties matinales de cellend, les soirées passées dans la mansarde avec M. Orbelin, quand madame n'était pas à l'hôtel. Le cocher, séduit par l'appât d'un généreux pour-boire, déclara qu'il recevait deux ou trois fois par semaine Tordre de conduire son maître à la maison de la rue de Courcelles, et que, plus d'une fois, il avait cru voir de loin mademoiselle Thérèse qui l'at-

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tendait sur la porte. Pauline , bien certaine que, depuis dix-huit mois, sa femme de chambre n'avait reçu chez elle aucnji étranger, congédia ses espions après qu'ils se furent engagés à l'informer de la première sortie suspecte de Thérèse et du notaire. Madame Orbelin renouvela la promesse de les récompenser encore, et, dès qu'ils furent sortis, elle s'empressa d'écrire à Gustave :

« I/obstacle qui nous séparait n'existe plusl Ce divorce, » qui vous paraissait impossible à demander à la justice , » sera prononcé. Si votre honneur vous a contraint à m'a- » bandonner au plus affreux désespoir quand j'avais tant » besoin de votre secours , il vous ordonne , aujourd'hui » que je me vois dégagée de mes sermens envers mon » mari, à devenir le soutien de votre enfant et le protec- » teur de sa mère. Ne craignez rien pour ma réputation , 9 qui, m'avez-vous dit, vous est si chère ; elle ne sera pas » compromise par l'éclat que ma séparation doit produire » dans le monde : c'est moi qui serai l'accusateur , c'est » moi qui demanderai aux lois justice contre l'adultère. » Tenez-vous prêt à p«nrtir après le prononcé du juge- » ment ; je vous suivrai partout où vous voudrez aller » faire légitimer un amour à qui nous avons dû assez » Ion g- temps le tourment de notre vie. »

Elle fit partir ce billet, et attendit plusieurs jours avant de frapper le coup terrible qu'elle préméditait depuis la découverte de l'enfant.

Un soir, que plusieurs parens et quelques étrangers se trouvaient réunis ^ansle salon de Pauline, on vint, d'après ses ordres, la prévenir que le notaire était sorti quelques minulcs après Thérèse. Le cocher avait encore pris, cette fois, le chemin de la rue de Courcelles. Après cette confidence , madame Orbelin se recueillit un moment , puis elle ordonna à haute voix au domestique d'aller chercher

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un serrurier ; il partit , et pendant que Ton chuchottait tout bas sur la singulière commission qu'elle venait de donner au yalet, Pauline pesait toutes les conséquences de réclat qu'elle allait faire ; enfin elle se décida à-dénoncer publiquement les intelligences du maître et de la servante.

— Mes bons amis ^ dit-elle à ceux qui l'entouraient , jusqu'à présent vous avez pu croire que j'étais la plus heureuse des femmes; il était de mon devoir de souffrir en silence tant que je ne faisais que soupçonner mon malheur ; mais comme aujourd'hui il ne me reste plus de preuve à chercher, je dois compter sur toute votre amitié pour m'aider à demander au tribunal une séparation devenue nécessaire à mon repos. — Ces paroles causèrent la plus grande surprise : le cercle se rapprocha de Pauline ; on l'interrogea avec intérêt, elle reprit: — Thérèse, cette fille que par pitié j'ai bien voulu prendre à mon service , depuis quelques mois elle est mère I... Sans respect pour moi, elle a fait de ma maison l'asile de la débauche , car ton t-à-l' heure vous allez voir l'enfant qu elle élève ici en secret I

Il n'y eut qu'un cri d'indignation contre la femme de chambre; chacun fut d'avis que Pauline ie^ait la chasser honteusement; mais un silonce de stupéfaction succéda au murmure général lorsqu elle ajouta :

— Quant au complice de Thérèse , vous le connaissez lous, c'est M. Orbeiîn, c'est mon mari !

D'un mot , Pauline venait de flétrir soixante ans de vertus. Son accusaliuo, cependant, fut d'abord accueillie avec quelque défiance; on douta pendant un quart d'heure; il y en eut même qui attendirent au lendemain pour croire à l'inconduile du vieux notaire. Repousser la calomnie pendant quelques heures , tel est l'unique pri-

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vitége d'une réputation d'honnête, homme, et elle s'acquiert par des luttes pénibles avec les passions , quelquefois au prix même du bonheur de toute la vie I — Quel est donc le bénéûce de la vertu? — Le contentement de soi-même.

Le serrurier arriva pour ouvrir la porte de Thérèse.

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