DANIEL LE LAPIDAIRE
pas que chacun lui était venu en aide, se prenait à dire naïvement : « Vous le voyez, messieurs, quand je le veux, je travaille autant que vous; si je ne vous avais pas fait un conte, je ne serais pas aussi avancé.» Cependant la vue de Daniel s'affaiblissait chaque jour ; le mattre parlait décidément de remplacer à l'établi le vieux conteur; mais quand on essaya de lui faire comprendre qu'il ne pouvait plus travailler, Daniel répéta son refrain ordinaire : <( Que Monsieur me diminue ma journée, je ferai des économies.. » Pouvait-on le renvoyer? Des années se sont passées depuis le jour où il fut question pour la première fois de lui donner son congé, et tous les matins il revient à l'atelier, 9q place devant rétabli, il tourne la manivelle, et trouve sans cesse une histoire nouvelle à raconter. II ne se doute pas, le bon vieux lapidaire, que la paie qu'il reçoit tous les samedis n'est autre chose qu'une aumAne de son mattre. Comme il con/ie toujours, Daniel s'imagine qu'il travaille encore. ^
C'était une de ces belln et nobles âmes da peuple, qui cacbent det trésors de Tertu sous les guenilles de la
AMwi HianH.