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LA BONNE ACTION

Mais surtout revétez-vous de la charite, qui est le lien de la perfection.

SaiRT VAl]h.''É/filreauxColassien*, chap. III.

Ce personnage, que les lecteurs ne connaissent point encore , peut être âge d'environ trente-six ans ; sa taille est bien prise ; ses traits réguliers ont de la noblesse et de la douceur ; son œil brun est' vif et plein de feu; il porte un costume noir plus sévère qu'élégant , et qui ne fait qu'ajouter à la pâleur de son visage ; quelques rides sillonnent son front large et légèrement bombé; parmi ses cbeveux noirs et rares on voit briller comme des fils d'argent; sa physionomie décèle une ardente imagination, des passions violentes et de profonds chagrins ; mais dans son attitude calme , dans ce sourire de bienveillance qui erre continuellement sur ses lèvres, et dans cette voix à la fois sonore et grave, on reconnaît un homme élevé dans une classe où les lois de la politesse défendent de laisser lire ce qu'on renferme au fond du cœur. Tel est M. le comte de Beaumérant, évéque de *** , et cousingermain de madame la marquise d'Albouy.

— Vous avez exécuté mes ordres, Marcelin? dit M. de Beaumérant quand il se vit seul avec le mari d'Henriette. — Oui« monseigneur, et c'est une véritable bénédiction du ciel que votre présence ici; car je ne suis pas riche, et, malgré ma bonne volonté, je n'aurais pu rendre à la mère Chenu ce qu'elle avait perdu. — Vous ne jouissez pas d'une

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grande rèpatatiou de bonté ponr elle. — Comment 1... qai a pu vous dire? — Mon valet de pied, qui a assisté à la saisie pendant que j'étais allé jusqu'à Dugny, où madame d'Albouy est arrivée ce matin. — C'est donc bien vrai que madame vient d'acheter cette terre, si voisine de nous? — Vous ne me répondez pas sur le récit qu'on m'a fait de votre conduite avec cette bonne vieille? interrompit l'évéque. — Monseigneur n% connaît pas le fond de ma bourse, pour savoir si je peux... — Non; mais je sais que vous pouviez vous adresser à moi, et j'aurais fait, il y a huit jours, ce que, sur quelques rapports d'un laquais, je fais aujourd'hui pour elle. — Certainement que si j'avais connu les intentions de monseigneur, j'ai assez d'amitié pour la mère Chenu.... mais quand on n'aime pas à demander! — Il suffit, Marcelin, le mal est réparé, et c'est à vous que votre grand'mère le doit. — Est-ce que c'est une avance que monsieur le comte me fait sur mes gages? dit Marcelin en pâlissant. — Non, mon ami; mais il ne serait pas utile qu'on sût que ce bienfait vient de moi. 11 faut aussi que vous évitiez de vous faire des ennemis ; la mission délicate dont ma cousine et moi nous devons vous charger exige que vous vous attiriez le moins de haines possible; si vous vous conduisez bien, on se contentera de vous croire sur parole, quand on vous interrogera sur les voyages que vous faites ; si, au contraire, vos actions ici sont blâmables, alors on cherchera à savoir ce que vous allez faire loin du pays : de suppositions désavantageuses pour vous, on en viendrait à des découvertes dangereuses pour ceux qui vous emploient ; puisez donc dans notre bourse, autant pour vous établir une bonne réputation que pour ne pas compromettre des intérêts qui me sont chers.

Marcelin consentit sans peine à se donner une réputa-

tion de tibèralité qu'il n'avait cependant jamais ambition* née. Sur la demande de l'évéque , ii lui remit les cent six livres qui lui restaient; celui-ci compléta une somme de cinquante éeus, et la rendit au mari d'Henriette, voulant, disait-il y payer d'avance le premier quartier de la pension de la grand'mère. Lorsque Marcelin eut serré l'argent avec soin, il revint humblement vers monseigneur, qui, cette fois, l'obligea de s'asseoir; l'évéque reprit la parole :

— Madame la marquise d'Albouy, privée depuis longtemps de la présence de son mari, apprend qu'il est sur le point de revenir en France, malgré la sévérité des ordres partis de Versailles , et qui interdisent à mon cousin le droit de rentrer dans le royaume. Comme il ne doit pas encore revoir sa patrie , il nous faut un homme sûr pour entretenir une correspondance avec le proscrit; la manière dont vous avez servi l'un de nos amis, M. le baron d'Ourville, dans une semblable circonstance, m'a fait jeter les yeux sur vous ; j'ai su quels regrets vous aviez éprouvés quand, malgré vos soins, la retraite du baron fut découverte par les espions, et avec quel art vous leur aviez souvent donné le change ; les parens du baron m'ont fait voir les lettres où vous leur appreniez les ruses que vous inventiez pour tromper la police. — Oh I il n'a pas tenu qu'à moi, monseigneur, que ce bon M. d'Ourville n'arrivât sain et sauf à Paris. — Le motif de sa proscription était trop grave pour qu'on n'eût pas continuellement les yeux sur lui. — Oui, je sais... un soufflet donné dans un bal à un auguste prince du sang, au moment où' celui-ci prenait le menton de la sœur de M. le baron. — Mon anfî expie à la Bastille le crime de n'avoir pu voir de sang-froid outrager sa sœur. — Ah I monseigneur, j'ai couru bien des dangers, ajouta Marcelin, et, sans un peu de présence d'esprit> j'étais arrêté pour avoir voulu faire le bien. —

StO LES COMTfiS DE L'aTELIER.

Heoreusemeiit pour vous et pour nous que votre nom n'a pas été prononcé dans cette affaire. — Ma femme même, reprit JMarcelin, ne se doute de rien. — Votre discrétion nous répond du succès» et, dans cette nouvelle entreprise, TOUS aurez peu de dangers à courir, attendu que ce n'est que pour une cause légère que le marquis a encouru la disgrâce du roi.... cependant il ne faudrait pas que notre secret fût découvert. — N'ayez pas peur, monseigneur, je servirai M. le marquis d'Albouy comme j'ai servi M. le baron d'Ourville.

En achevant ces mots, qu'il croyait nécessaires pour donner à l'évéque une preuve de son zèle , Marcelin se pinça les lèvres, il détourna la tête, et chercha à se donner la contenance que sa réponse lui avait fait perdre. L'évéque, sans s'apercevoir de ce mouvement, continua en se levant pour sortir :

— Nous vous attendons demain au château de Dugny ; vous viendrez recevoir nos ordres pour votre départ.

Après cette recommandation, M. deBeaumérant monta dans sa voiture, que les chevaux entraînèrent au galop.

A sa grande surprise , Marcelin ne vit point les commères du*pays assemblées à sa porte ; et cependant il comptait en trouver un grand nombre attirées par le bruit du carrosse qui s'était arrêté si long-temps devant sa maison. En effet, le passage de l'évéque eût été, dans tous les temps, un événement extraordinaire pour les habitans do village d'Épinay ; mais la saisie des meubles de la mère Chenu, le prix élevé que Marcelin avait offert pour se les iÎBiire adjuger, donnaient lieu à des conversations si animées, qu'on ne fit attention ni à l'arrivée de l'équipage armorié ni à son départ. Le mari d'Henriette, après avoir salué une dernière fois monseigneur, quand celui-ci même ne pouvait plus l'apercevoir, rentra un moment chez lui

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pour composer son maîblien et se préparer à soutenir le r6le de faîenraiteur qne réyéque )ai avait imposé. Son discours arrangé, il sortit pour aller de porte en porte demander quelle était Tobligeante voisine qui avait donné asile à sa grand'mère , et pour l'emmener chez lui avec' Henriette, qui, depuis long-temps, devait être de retour dans le village.

Marcelin avait vainement frappé à phisienrs portes du voiûnage, quand il rencontra le petit bonhomme en sarrau bleu. Il rappela ; petit Paul se retourna et vint doucement à lui en continuant de siffler un air de complainte et de traîner ses gros sabots à dentelles.

— Qu'est*ce que vous me voulez, vous? luî dit Tenfant avec mauvaise humeur. — Je veux savoir où tu as conduit ma femme ? — Tiens ! où elle a voulu, donc ! — Allons, réponds-moi, je suis pressé.

— En ce cas, courez devant, je n*ai pas de compte à vous rendre. — Petit Paul, je me plaindrai à M. le curé. — £h bien ! croyez-vous qu'il me donnera des coups , parce que je vous .aurai fait languir pour vous dire où est TOtre femme? Elle n'a de bon temps qne i^lui qu'elle ne passe pas avec vous; ainsi c'est des pleurs. que je lui épargne en vous faisant chercher. — Et comment saiMu cela, toi, petit? — Tiens, ça ne se voit pasl des yeux rouges, n'est-ce pas ?

Petit Paul tourna les talons, et il se remit à traîner ses sabots et à siffler son air de complainte. MarceMs était furieux ; sans l'amitié que le curé portait an petit bon* homme, il lui eût fait payer cher son impertinence ; mai» il se retint, et, l'appelant de nouveau, il le pria de lui dire dans quelle maison du voisinage il trouverait Henriette. Petit Paul revint à lui avec sa lenteur accoutumée, et le regardant fixement, il répondit :

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— Je Yas voQS le dire, père Marcelin , mais à nne condition, c'est que vous me promettrez que ce n'est pas poar lui faire de la peine, parce qu'elle est bonne, et que je ne ▼eux pas qu'elle ait du chagrin, entendez-vous ? — Allons, mioche, dis-moi vile, je t'assure qu'elle sera contente. — Ohl ça, je ne le crois pas trop; mais yoîlà, vous êtes un vilain homme, vous, tout le monde le dit dans le pays; tandis que votre femme, c'est ni pins ni moins qu'une sainte : aussi, lorsque je ne serai plus un mioche, comme vous m'avez appelé tout-à-l' heure, et que M. le curé m'aura fait prêtre, je me rappellerai que madame Henriette n'était pas la dernière à me donner un morceau de pain et une paire de sabots quand je n'étais qu'un pauvre petit mendiant dans le pays. Elle a bon cœur pour moi ; je lui rendrai tout ça un jour... si je peux.

— Mais tu ne me dis pas?... — C'est vrai ; allez chei la cordonnière, vous y trouverez toute la famille... Surtout ne manquez pas à votre parole, parce qu'un jour je serai grand et fort comme vous !

En termipant son discours, petit Paul montra le poing à Marcelin; mais celui était déjà loin; l'enfant fit une grimace du côté où le mari d'Henriette avait disparu, et continua sa route en sifflant.

Lorsque Marcelin arriva chez la cordonnière, la mère Chenu était assise au fond de la salle, entre ses deux petits-enfans, Henriette et Jean Leblanc; chacun d'eux tenait une des mains de la bonne vieille, qui pleurait; mais ce n'était plus de chagrin : la voisine avait sauvé des griffes du garnisaire la croix d'argent que feu le père Chenu avait donnée à sa femme le jour de leurs fiançailles. Le jeune bijoutier venait d'apporter un sac de centécus, pour délivrer son aïeule des poursuite s du fisc : il était

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trop tard. La vieille mère regrettait bien encore sa grande armoire et ses rideaux de serge rouge; mais enfin elle ▼oyait son existence assurée pour quelque temps ; elle le devait à son £her petit-fils ; c'était plus qu'il n'en fallait pour la consoler des peines de la journée. A l'aspect de Marcelin, le groupe se dérangea, la cordonnière fit quelques pas au-devant de lui pour loi ordonner de sortir ; Jean Leblanc le toisa avec mépris, et Henriette eut la force de lui dire :

— Que venez-vous chercher ici? — Toi et la mère Chenu, reprit-il avec douceur, vous ne pouvez pas rester toute la journée chez les autres. — Ma mère y serait mieux que chez vous, toujours l interrompit Jean Leblanc. Marcelin, feignant de ne l'avoir pas aperçu d'abord, dit avec un air d'étonnement : — Tiens, vous voilà ici, frère I estce que vous voudriez revenir sur la proposition que je vous ai faite ce matin? — Je vous ai dit ce que j'en pensais, reprit le jeune bijoutier. — Kn ce cas-là, n'en parlons plus ; mais vous voyez que je n'y mets pas de rancune, car je vous invite à venir souper chez nous avec la mère. — Faut donc que j'aille chez ce mauvais afant-là! se dit tout bas la bonne vieille; et elle leva ses paupières ridées vers Marcelin. Henriette était près de sa grand'mère; elle entendit son exclamation, se pencha vers elle, et lui dit pour la rassurer :

— Il m'a bien promis d'être bon garçon avec vous. — C'est un sournois, mon afant. De sa main tremblante el|e pressa la main de sa petite-fille en signe de douleur. Jean Leblanc avait répondu à l'offre du souper que Marcelin lui avait faite par ces mots offensans pour tout autre que pour le mari d'Henriette :

-^ Si je n'avais pas de quoi payer mon écot, je refuserais-, mais comme je suis venu pour passer le reste du I. 27

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jour aTec ma mère, j*acoepte, altendo que vou^ n'aurez pas à rq^rocher à ma sœur ce que je prendrai chez vous. — Frère, les opinions sont Hbres ; mais je croîs que tous ne me connaisseï pas bien. — Que trop, méchant afant! interrompit la grand'-mère ; si t'avais voulu, t'aurais ben empêché tous ces messieurs de la justice de venir me prendre mon pauvre ménage. *— Mère Chenu, continua Marcelin, comme il n'y a qu'un Dieu, je ne pouvais rien faire pour vous hier. — Comme il n'y a qu'un Dieu ! r^ prit la cordonnière, épouvantée de ce blasf^ème, et vous n'y croyez pas en Dieu I sans ça vous auriez retenu voire langue : avez-vous oublié que voua, qui ne pouviez pas donner cent écus hier pour sauver les effets ée la voisine, vous J^y/ez trouvé aujourd'hui trois cent quaruite-quafre livres pour les racheter ? — Le diable e»porle \e$ bo* vardes ! s'écria Marcelin ; on ne peut pas faire une surprise. — Une surprise ! répétèrent les autres. — Comment, fieux, dit la vieille en se levant de dessus sa chaise à l'aide de son bâton, est-ce que vraiment le bon Dieu t'aurait inspiré la bonne pensée de me les rendre ?

Elle semblait attendre avec anxiété la réponse de son petit-fils. Marcelin saisit cette occasion pour avouer son bienfait :

— £h bien I oui, mère Chenu, répondit-il , j'étais allé à Paris pour demander de l'argent qu'on me devait ; malheureusement je l'ai eu trop tard pour empêcher la saisie, et peu s'en est fallu encore que je n'arrivasse pas assez à temps pour vous racheter une partie de votre mobilier.

La grand'mère d'Henriette, en poussant un cri de joie, était retombée sur sa chaise ; sa petibe-OUe regardait Marcelin avec étonnement ; pour Jean Leblanc, non moins surpris que sa sœur, il répondit :

— Ce n'est pas là ce que vou$ me disiez ce matin, ni ce

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^ue TOUS aviez dit à votre femme en l'arneBiHit ehtz moi« — Dame I je n'étais pas sûr de réussir, f^rère; c'est comme par une grâce du Seigneur que j'ai pu faire mon devoir envers notre mère ; je ne voulais pas dire mon idée avant d'avoir une certitude. — Nous partagerons cette dépense, Marc^in, ajouta Jean Leblanc.

Le mari d'Henriette voulut s'y refuser, tant il prenait goût au rôle généreux que l'évèque lui avait ordonné de jouer; mais, le naturel revenant malgré lui , il consentit enfin à recevoir de son beau-frère la moitié de la somme qu'il avait payée, réfléchissant avec quelque raison que» pour la vraisemblance de l'histoire, il ne devait pas montrer trop de désintéressement. On convint de régler le compte chez Marcelin ; il prit le sac d'argent de l'ouvrier et donna le signal du départ.

La grand'mère avait hâte d'arriver chez son gendre pour revoir ce cher mobilier qu'elle croyait avoir perdu. Après des remerciemens à la voisine, elle partit appuyée sur le bras de son fils, tandis qu'Henriette, pressée d'interrpgef son mari, marchait à côté de lui.

— Marcelin, pourquoi ne m'avez-vous pas dit?... — Parce que je ne le voulais pas. — Cependant vous m'auriez rendue si heureuse! — Il fallait attendre avant de crier. — C'est que, d'après votre manière d'agir, je ne pouvais pas croire... — Je n'aime pas à jeter l'argent par la fenêtre ; mais quand il faut absolument le dépenser, je n'y regarde plus, souvenez-vous de cela.

On arriva bientôt à la maison de Marcelin : le premier soin de la mère Chenu fut de demander à voir la chambre; Henriette y entra avec elle, et les deux beaux-frères étant restés seuls dans la salle basse, Jean Leblanc paya les cent soixante-douze livres qu'il croyait devoir à Marcelin. Le compte terminé, le jeune bijoutier noua le sac de toile

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bise qui renferinait le reste de la somme, et le présentant à son beau-frère, lui dit :

— Voilà tout ce que je peux donner jusqu'à présent pour soutenir notre mère; plus tard... je ferai peut-être davantage ; mais tous savez le malheur que j'ai éprouvé aujourd'hui?... — Mais comment avez-vous pu, frère? interrompit Marcelin. '— Chut I ne parlez pas de cela deyant la mère Chenu, je n'ai fait que mon devoir!

La conversation en resta là. Henriette avait apprêté le souper tandis que la bonne vieille examinait sa chambre, ouvrait, refermait son armoire, et s'asseyait, en pleurant d'attendrissement, dans le grand fauteuil que la mère de la marquise d'Albouy lui avait donné, il y avait plus de vingt ans.

Pendant le souper, la grand'mère ne cesia de faire entendre des paroles de reconnaissance ; elle adressait à son gendre les plus tendres remerciemens ; plus d'une fois Henriette se leva de table pour aller embrasser son mari, et Jean Leblanc lui tendait de temps en temps la main en disant : — Bien , beau frère... c'est une belle chose que de cacher son jeu quand c'est pour faire une bonne action.

Marcelin fut accablé de bénédictions ; il se laissa bénir. A huit heures du soir on sortit de table. Henriette prépara le lit de l'ouvrier, puis on conduisit la mère Chenu dans sa chambre. Le jeune bijoutier embrassa plusieurs fois sa grand' mère et sa sœur et se mit au lit.

— A demain, lui dit Henriette.

— A demain I répondit-il.

Mais au point du jour Jean Leblanc était levé ; il sortit avec précaution de la maison de son beau-frère, et s'achemina vers la route de Paris.

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