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LES DEUX BALS

Je t'aime , Mud misérable J Je t'aime, malheureuse fleuri D'autant plus que tu m'es seoiblabie Et en coBstaiîce el eu malheur.

Gilles Detact.

Pauline n*était pas rentrée quand M. Orbelin revint de la rue de Courcelles; comme le notaire se sentait mieux portant» il prit la résolution d'attendre sa femme; il trouvait un soulagement à ses peines dans la joie de Thérèse. Assis à côté d'elle, il lui parlait de ses projets de yisites au réfractaire ; el comme la jeune femme ne pouvait se défendre d'un sentiment de crainte 4»our l'avenir de son mari, le bon notaire essayait de la rassurer en lui faisant entrevoir les probabilités d'une amnistie prochaine en faveur des déserteurs et des réfractaires. — Alors, disait-il, vous repartirez avec lui pour votre pays; je ferai l'acquisition d'une ferme, d'une maisonnette; Philippe exploitera mes terres ; j'irai vous voir souvent ; le spectacle de votre amour me fera du bien, je le sens. Ce qui manque à mon rétablissement, ce sont des émotions douces, l'aspect du bonheur, un air pur surtout, ajouta-t-il vivement, car il craignait d*en avoir trop dit. — C'est ce que me répétait madame, répondit ingénument Thérèse. Monsieur, disait-elle, devrait aller à la campagne passer la belle saison ; il y serait bien mieux qu'ici ; et peut-être même, a-t-elle ajouté, que s'il voulait se décider à voyager, sa bonne santé reviendrait plus vite. — C'est pourtant quel-

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que chose de bien pénible qu'une absence de plusieurs mois ; yous devez savoir cela, Thérèse, tous qui avez eu tant de chagrin lors du départ de Philippe. — C'est vrai, monsieur ; mais madame disait bien aussi que ce serait un sacrifice qu'elle ferait à votre santé : ça lui fait tant de peine de vous voir souffrir! — Elle vous parle donc quelquefois de son mari avec un peu d'intérêt? — Mais tout le monde s'intéresse à monsieur, et c'est bien naturel. Tenez, votre cousin le colonel , M. Gustave, il n'entre pas chez madame sans lui demander de vos nouvelles, et cependant il vient ici deux ou trots fois par jour. — Oui, je sais que le colonel a beaucoup d'amitié pour moi, répliqua Orbelin avec un sourire pénible.

Il y eut un moment de silence, puis il reprit :

— Parlons de vous, Thérèse, de nos projets que nous avons eu tort d'oublier ; car ils m'empêchaient de songer à mes souffrances. Nous disions donc qu'aussitôt après l'amnistie vous quitteriez cette maison pour retourner à Guermandes, et que j'y achèterais quelques propriétés. Dites-moi, avez-vous en vue une bonne terre dont je pourrais faire l'acquisition?

— Certainement, monsieur; Guermandes est un pays très-riche en fermes de bon rapport. Et voilà qu'elle se met à détailler toutes les richesses agronomiques de la commune. Comme deux en fans qui se coustruisent des palais sur le sol fantastique de leur folle imagination, Thérèse et le notaire fondent toutes leurs espérances de richesse et de bonheur sur l'amnistie qu'ils viennent de rêver. Leur plan d'existence fut débattu, corrigé, arrêté comme s'il devait se réaliser le lendemain. A huit heures du soir, ils s'abandonnaient encore à toutes leurs illusions, quand la voix de Pauline les fit retomber dans la réalité. Madame Orbelin rentrait avec le colonel ; tous deux furent

asseï étonnés de trouver là le vieux notaire. Cependant Pauline cacha Témotion que lui causait cette surprise, et dit à son mari :

— Nous venons de passer chez toi, mon ami; André nous a fait bien plaisir en nous apprenant que tu étais levé. Tu te sens donc mieux ? — Oui, beaucoup mieux, répondit-il froidement.

Le colonel fut aimable avec M. Orbelin ; il lui apprit qu'il venait de visiter, avec sa cousine, quelques habitations de plaisance aux environs de Paris. Madame Orbelin, n'attribuant la répugnance de son mari à quitter Paris qu'à son peu de goût pour leur pied-à-terre de Villarceau, avait résolu de louer pour lui une maison de campagne dans les environs du bois de Boulogne, soit à Passy, soit à Auteuil. Orbelin parut satisfait du compte qu'on lui rendait de l'emploi de la journée; mais comme le colonel s'asseyait familièrement auprès du feu , et qu'il paraissait se disposer à se fixer dans le salon de Pauline pour ie reste de la soirée , le notaire lui dit avec un sourire glacial : — Mon ami, il est tard, ma femme a l'air fatigué ; moimême, je ne serais pas fâché de me reposer... ainsi, je reçois vos adieux pour ce soir.

Gustave n'insista pas, il se leva ; mais, sans paraître troublé du ton de réserve de son cousin, d'un air dégagé il prit congé des deux époux. — À demain ! lui dit Pauline. Il sortit en répondant : — A demain I

Madame Orbelin passa dans son cabinet de toilette avec Thérèse pour se déshabiller, et bientôt après elle revint auprès de son mari. Le notaire avait l'air triste, soucieux ; Pauline comprit qu'il médilait un projet qui la faisait trembler déjà, bien qu'elle ne le connût pas encore; aussi sentit-elle un serrement de cœur quand M. Orbelin dit à Thérèse : — Vous pouvez monter chez vous, mon enfant,

j'ai à causer avec madame. La femme de chambre obéit, et les deax époux restèrent seuls. "T

Ce fut d'abord un silence morne entre le vieux notaire et sa femme. Elle avait peur de l'interroger; lui, semblait craindre d'entamer uie conversation qui devait amener des reproches pénibles, et peut-être des révélations dont la pensée seule le faisait frémir. Il cherchait ses paroles, qui ne se présentaient pas douces et attendrissantes comme il eût voulu les trouver, et il forçait à mourir sur ses lèvres les expression%brùlantes de colère qui s'élevaient de son cœur violemment agité. Pendant ce combat intérieur, il avait invité Pauline i s'asseoir près de lui. Elle avança un fauteuil et se plaça à ses côtés. Orbelin murmura quelques mots.

— Je ne t'entends pas, mon ami, lui dit-elle en appuyant sa main sur celle de son mari. Cette réponse de la jeune femme fut faite d'une voix si douce, qu'elle s'étendit comme uu baume sur les blessures de son époux. Il tourna vers Pauline des regards bons et chagrins, et, retenant la main qu'elle venait de lui abandonner, il lui dit * — Pourquoi me négliges-tu? pourquoi veux-tu qu'on sache que tu me rends malheureux? Au moins, si je ne peux me le cacher à moi-même, aide-moi donc à le cacher aux autres. Ce n'est pas de l'amour que je te demande, ce sont des égards ; tu ne peux me les refuser.

Pauline fut atterrée par ces mots empreints de tant de sensibilité; elle s'était armée de courage pour répondre à des reproches durs et humilians; elle se trouva sans dé- . fense contre la bonté de son mari.

— Tu me crois donc bien coupable? répondit-elle après quelques minutes de recueillement. — Non, Pauline ; mais je te connais légère, inconsidérée. Si tu savais que les apparences nuisent autant à la Réputation d'une femme que

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les fautes qu'elle pourrait commettre. Tu dois tenir à ta réputation, car c'est aussi la mienne. On ne peut l'attaquer sans blesser mon honneur. Les soupçons que ta conduite envers moi peut faire concevoir me flétrissent autant que toi. Est-ce bien récompenser la tendresse que je te témoigne, que de verser la honte sur mon nom et le désespoir dans mon cœur? — Mon ami, pourquoi me parler ainsi? je n'ai pas, je te le jure, à me reprocher une seule faute ; je ne t'ai pas trompé, tu peux me croire. Et tout en disant ces mots, les lèvres de Pauline bleuissaient et se choquaient en tremblant. — Moi ! t'accnser d'une infamie ! Non, Pauline, non, ma femme, ce n'était pas là ma pensée : je crois seulement que tu es imprudente et que tu as trop peu d'attachement pour moi.

Ces dernières paroles semblèrent rassurer la jeune femme ; elle reprit : — Oui, je le sens, j'ai des torts, sans 4loute ; mais je suis si jeune, mais le monde que tu m'as fait connaître offre tant de distractions, de plaisirs qui séduisent une tête folle comme la mienne ; c'est comme un vertige, on se laisse entraîner sans avoir la force de résisterjiu torrent. Encore aujourd'hui, cette partie à Bagatelle était si attrayante l ~ Ce n'est donc pas, ajouta vivement Orbelin , pour louer une maison de campagne que vous êtes sortie avec le colonel?

Pauline rougit, son regard timide rencontra le regarsombre de son mari ; elle voulait répondre, Orbelin l'arrêta.

— Vous allez mentir, Pauline ; c'est inutile , je veux vous épargner ce nouveau malheur ; c'est bien assez pour vous d'avoir à rougir de l'abandon où vous laissez un mari souffrant! Vous me tuerez, malheureuse enfant, à force de chagrins l mais on dira : Il a succombé à sa maladie, et personne ne vous reprochera ma mort.

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Il ne put en dire davantage, ses forces étaient épuisées. H sonna, le domestique vint. — Prenez ce flambeau /dit Orbelin, et donnez-moi votre bras jusqu'à ma chambrer coucher. Pauline s'avança vers son mari pour lui offrir le secours de son bras. Il eut d'abord la pensée de la repousser avec indignation; mais André était là, il se contenta de l'éloigner de la main en lui disant avec un sourire bienvmllant : — Ne prends pas cette peine, ma bonne amie; il faut te reposer, tu as tant couru pour moi aujourd'hui! et il sortit.

M. Orbelin venait d'éprouver une commotion trop douloureuse pour espérer un prochain sommeil ; il rêva quelque temps à celte bonne Thérèse, qui n'avait cessé de lui parler de son Philippe ; il la comparait à Pauline, et son chagrin augmentait encore en songeant à toutes les vertus que possédait la femme du réfractaire, et qu'il ne pouvait accorder à la sienne. Cependant la nature- triompha <les peines du cœur : Orbelin s'endormit.

Il reposait depuis long-temps, quand le bruit d'un meuble qu'on remuait auprès de son lit le réveilla ; une femme veillait à côté de lui : c'était Pauline !

Accablée sous le poids des dernières paroles de son mari, la jeune femme resta long-temps clouée à la même place. Orbelin avait dit : — Les chagrins que tu me causes me tueront! et cette triste prédiction se représentant sans cesse â l'imagination de Pauline, elle frémit, et le repentir se glissa dans son cœur. La seule pensée qu'elle pût concevoir en ce moment, c'était de rendre le repos à l'honnête homme qui l'adorait, à celui qu'elle devait au moins aimer comme un père. Une volonté de fer ne pesait pas alors sur ses bonnes résolutions pour les détruire : Gustave n'était pas là. — Si je veillais à son chevet toute la nuit? se dit-elle ; à son réveil il serait heureux de me trouver

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près de lui. Celte idée calma son agitation et rafraîchit son sang; elle raccueillit comme une pensée qui lui venait du ciel; c'était presque Texpiation de ses fautes. — Oui, toutes les nuits, continua-t-^lle, je les passerai ainsi, et il me pardonnera !

Pressée d'obéir au mouvement de son cœur, elle sortit de son appartement et entra doucement dans celui d'Orbelin : il était plus de minuit. André , qui avait vu son maître plus faible que la veille, ne s'était pas couché; il sommeillait dans l'antichambre.

— Allez-vous reposer, mon ami, lui dit Pauline en réveillant avec précaution ; si mes soins ne suffisent pas à monsieur , j'irai vous appeler, je vous le promets. André partit, et madame Orbelin alla s'asseoir auprès du lit de son mari.

Le vigilant serviteur rentra dans sa chambre, fort intrigué de cet excès de tendresse à laquelle Pauline n'avait pas, jusqu'à présent, accoutumé le vieux notaire.

Ce n'était pas sans éprouver une sensation douloureuse que Pauline, contemplant le sommeil agité de son mari, voyait sa poitrine se soulever si péniblement. La tête penchée vers Orbelin, elle semblait lui demander pardon de tout le mal qu'il ressentait. Un moment elle crut qu'il l'avait entendue , et elle se retira précipitamment. Son mouvement fit reculer avec bruit le fauteuil qui se trouvait placé derrière elle ; Orbelin ouvrit les yeux» il reconnut sa femme.

— Vous ici !... lui dit-il ; et que faites-vous, Pauline? — Mon devoir, répliqua-t-elle ; oui, désormais ce sera ma place : je suis la cause de tes douleurs, c'est à ma tendresse, à mes soins de les soulager , puisqu'il n'est pas en mon pouvoir de t'en délivrer pour toujours. Il y avait tant de sincérité dans la voix de Pauline, que le vieux notaire se

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sentit ému jusqu'aux larmes ; îl lui demanda sa main , et la pressa avec amour. — Non, répondit-il , non, ma bonne amie, je n'exigerai pas que tu te fatigues à me veiller ainsi. Il me suffit de savoir que tu n'as pas repoussé cette idée quand elle t'est venue, pour me faire oublier tes torts envers moi. Ta présence ici, cette nuit, les a tous effacés.

Ce fut entre les deux époux un doux écbangç de paroles d'amitié ; Pauline voulait renoncer aux plaisirs qui l'attendaient dans le monde, aux bals qui l'enivraient, aux parures qui faisaient admirer sa beauté ; elle était résolue à ne plus quitter la chambre du malade, à le suivre à la campagne pendant sa convalescence ; elle parlait de tous ses sacrifices aux vanités du monde avec antant de joie que s'il eût été question pour elle d'aller quêter les hommages de tout un cercle d'adorateurs, ou de se montrer brillante dans sa loge à TOpéra. Orbelin combattit des projets qui, cependant, souriaient à son cœur; mais son amour pour Pauline était pur d'égoîsme, il voulait qu'elle fût heureuse ; et le bonheur, pour elle, c'était plaire, être enviée, et s*enivrer du parfum des hommages. Aussi lui ditil qu'il se trouverait assez heureux lui-même pourvu que chaque jour elle lui fit le sacrifice de quelques>uns de ses instans ; il ne lui demandait que T intervalle des fêtes, et un souvenir quand elle ne serait plus près de lui. La jeune femme prétendit que son mari lui laissait trop de liberté, et s'obstina à promettre plus qu'il n'exigeait d'elle.

Cependant, le lendemain, elle ne trouva qu'une heure à lui donner ; un jour après, elle ne put lui faire que le sacrifice d'un moment; le troisième jour, elle demanda de ses nouvelles à André, et le reste de la semaine s'écoula sans que le notaire entendit parler de sa femme.

La saison des bals touchait à sa fin. Fouché , alors mi-

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nistre de la police générale de l'empire, invita à une grande fête tout ce que Paris renfermait en ce moment d'hommes marquans et de jolies femmes. Pauline ne pouvait se dispenser d'y paraître : Gustave ne lui avait-il pas dit : — Je veux absolument vous conduire chez le ministre?

Tandis que les grands oflSciers de l'empire ^ couverts d'or et de rubans, tournoyaient en se coudoyant dans les vastes salons du duc d'Otrante , leurs domestiques donnaient bal aussi dans l'appartement de l'un des premiers fonctionnaires de l'État. Les hillets d'invitation du ministre à la servitude titrée s'étaient croisés avec ceux que l'on adressait à la servitude sans titres ; un de ces derniers tomba entre les inains de Pauline Orbelin : elle voulut que Thérèse en pt-ofltât ; Thérèse, à qui M. Orbelin n'avait pas encore permis de revoir son mari, et qui cherchait un prétexte pour passer quelques instans auprès de lui.

— Voilà , lui dit sa maîtresse, une occasion de le distraire un peu d^ tes peines ; tu mettras une de mes robes, elles te vont bien ; je te permets de ne revenir que demain matin.

La jeune femme de chambre remercia sa maîtresse avec reconnaissance ; elle était ivre de joie ; mais ce n'était pas l'espoir d'une nuit passée au bal qui causait son émotion. Dès les premiers mots de Pauline, elle avait conçu le projet de se rendre à la rue de Courcelles. Aussi, tandis que madame Orbelin lui détaillait tous les plaisirs qui l'altendaienl à cette réunion de domestiques parés des habits de leurs maîtres, elle pensait à la surprise de Philippe, au bonheur de se trouver avec lui pendaut douze heures , après une séparation de près d'un an.

Pauline se fit habiller de bonne heure ; elle voulait présider elle-même à la toilette de sa femme de chambre. Thérèse se laissa orner de bijoux , coiffer du chapeau de

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madame Orbelin et parer avec un de ses cachemires. On lai dit que cela se faisait ainsi , que tous les ans le bal des domestiques avait lieu à Paris dans la grande livrée. Cependant elle eût désiré que sa toilette lui prit n)pins de temps. Elle n'avait pas besoin de parure pour être heureuse! A neuf heures du soir, la femme de chambre et la maîtresse furent prêtes à partir. Pauline monta dans la voif tnre de Gustave ; le fils de la portière alla chercher un fiacre •'pour Thérèse. — Amusez-vous bien, mon enfant, lui dit madame Orbelin en sortant. — Oh I oui , madame , vous pouvez être certaine que j'emploierai bien le temps que vous me donnez.

Dès que Pauline fut partie, Thérèse entra toute parée chez le vieux notaire.

— Il est donc vrai , Thérèse , vous allez aussi au bal? lui dit-il. — Non, monsieur... je n'en ai pas eu la pensée un seul instant; je vais trouver mon mari. •;- C'est bien, mon enfant ; mais demain on vous fera des questions sur cette fête, vous serez embarrassée pour y répondre... Il faut passer un moment à ce bal, entendez-vous?... — Encore perdre du temps ! — C'est indispensable à la sûreté de Philippe, et même à votre réputation ; si vous ne pouvez rendre compte de l'emploi de votre nuit, que pensera-t-on de vous? — Oui, vous avez raison ; je resterai un moment à ce bal, puisque c'est nécessaire. Je suis bien aise, à présent, de vous avoir consulté ; sans cela , j'aurais fait une imprudence... Damet vous sentez que c'aurait été bien naturel, j'ai tant besoin de le revoir 1

Orbelin serra la main de Thérèse pour lui prouver qu'il comprenait son cœur. »

— Le fiacre est en bas, cria le petit garçon. La femme de chambre sortit. Tous les domestiques de la maison étaient rangés sur l'escalier pour la voir passer avec sa robe de

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soie et son riche collier de perles : on ricana, on haussa les épaules, on murmura même quelques paroles désobligeantes à son oreille. Thérèse ne i4t rien, elle n'entendit rien; s% pensée l'avait déjà transportée dans la retraite du réfracta ire.

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