LE CHOEUR
Chasseur diligent, Quelle ardeur te dévore !
Tu pars dès l'aurore Etc..
Et rien ne peut exprimer la langueur des cadences,
la mollesse du mouvement, le moelleux et la grâce des voix vers ces dernières mesures de la fanfare.
Mais le soir près d'elle Te ramènera...
Tra la la ira la la tra la la la la La laire ! la laire la la lai la la lri ! etc..
Le professeur crie, peste, parle, on ne l'entend pas. la voix lui manque, cox faucibus hœsit\ il s'agile. il gesticule, il se débat : pauvre homme! il ne lui manquait plus que d'avoir l'air de diriger lui-même cette symphonie, et le voilà tout justement dans l'attitude d'un chef d'orchestre enthousiaste, d'un maître de chapelle dans son coup de feu.
J'en ai vu qui pâlissaient, rougissaient et finissaient par pleurer!... et je me souviens, avec mes idées toutes fraîches de respect et de discipline, de quelle profonde et douloureuse compassion je fus saisi à la vue de ce renversement inouï, de cette majesté déchue et dépouillée de tout son prestige, de ce souverain redoutable tombé
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uu plus bas, demandant grâce pour ainsi dire au dernier de ses sujets, et combien j'étais étonné que ces cœurs de roclie n'en fussent pas attendris. Ab ! c'est qu'en général du moins cet âge est sans pitié.
J'en ai vu qui sautaient à bas de leur chaire, jetaient leur toque et leur robe, et couraient implorer l'assistance du proviseur.
Le proviseur arrive, le tumulte s'apaise, la classe, est eu retenue; mais le temps de la classe s'est écoulé et le professeur a pris la jaunisse- Non-, voyez-vous, il est impossible que ces enfants-là fassent jamais t\v> magistrats intègres, des sujets supportables, une société lieureuse et tranquille.