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LES PROFESSEURS

il n va rien à dire contre l'Université, sinon que c'est un corps qui n'est pas un corps, que ses professeurs, libres, ambitieux, chargés de famille, s'occupent naturellemenl de leur fortune, de leur avancement, vont dans le monde et s'embarrassent eu même temps de toutes sortes de spéculations littéraires et politiques, qu'ils veudent leur

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parole comme iJs ventiruient de Thuile et de la cassonade; qu'ils se soucient de leurs importantes fonctions comme d*un chef destitué ; qu'ils vont parler deux heures par jour en classe avec autant de dégoût que les élèves en ont à les écouter; que sur cent écoliers qu'ils amassent, et dont ils savent h peine les noms, ils n'en daignent surveiller que quatre ou cinq, et qu'au lieu de cent jeunes gens bien élevés ils forment une demi-douzaine de petits pédants qu'ils détournent de leur direction et dont le plus fort ne pourra faire peut-être un avocxit honnête et médiocre.

Aussi j'estime l'Université à ])eu près autant qu'un corps enseignant de bonzes et de marabouts, car elle ne fait guère davantage pour l'éducation, les progrès, le repos des générations présentes et des sociétés à venir.

H faut lui rendre pourtant cette justice qu'elle a essayé d'améliorer l'instruction. On employait autrefois huit ou dix ans à faire ses études, et l'on savait à peine un peu de latin et de grec: mais cola suffisait pour entrer dans quelque étude spéciale et Ton avait appris à apprendre. L'Université a voulu qu'on apprît durant ces mêmes huit ans un peu d'italien, d'allemand, d'angkiis, de mathématiffues, d'histoire naturelle, d'histoire, etc. ; il en est résulté que les élèves sauront beaucoup moins de latin et

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de groc. cl pas un mot d'anglais, d'italien, d'hisloipo

naturelle, etc.

Les effets déjà sont frappants. Un homme du métier nous disait que les élèves médiocres des anciennes classes étaient des sujets rares, et qu'avant dix ans on ne saurait plus rien en France. Il n'y a qu'à voir, la main sur la conscience, ce qu^on sait déjà maintenant.

11 y a dos gens, il est vrai, qui disent qu*il n'est pas nécessaire d'apprendre le latin et le grec : de quoi nVn pout*on dire autant ? Il n'y a rien à répondre à ces gens* là, mais qu'ils prennent Faune et la truelle.

Ln des plus grands abus de la librairie, à qui Ton en reproche tant, fleurit dans la littérature universitaire : je veux dire ces éditions nouvelles des plus vieux classiques qu'on rafraîchit d'un avant-propos ou de quelques notes, et que les professeurs, d'intelligence avec les libraires parce qu'ils y trouvent leur compte les uns et les autres, forcent leurs élèves d'acheter tous les ans. Le« Racines grecques sont les mêmes depuis deux cents ans : il ne se passe pas d'année scolaire qu'un professeur n*y colle son nom et n'en écoule forcément une édition à son profit. Il n'est point de faiseurs d'almanachs, de libraires de pacotille, et d'écrivains faméliques, qui aient tenté rien de pareil.

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