‹ Les contes de la familleChapitre 21 sur 23 · LES GARNACHE · texte numérisé non relu

LES GARNACHE

air réfléchi, j'avais pensé à m'informer dans ce pays, dont je sais les habitudes... Mais je ne connais plus personne id.

Ninette se sentit piqaée au vif en songeant à ses alarmes durant la promenade de Froidefond; elle préluda par une sorte de grognement dubitatif.

— Ehl... tiens, ces petites Percinet... ça n'arien... ça travaiUe tout le jour pour gagner dix sous... et ça est encore coquet, ça se mêle d'avoir des goûts de dépense. L'atnée n*a aucun ordre, tout lui fond dans les mains; l'autre est une imbécile. Quant à leur ouvrière, je n'en dis rien, c'est une effrontée. II logeait ici des ofBciers, et Dieu sait! les clins d'oeil, les romances, la guitare, tout s'en mêlait.

— Ah çà, dit Nazarille en lui passant un bras autour de la taille, qu'elle avait sèche et carrée comme un soliveau, et vous, cousine, pourquoi ne m'épouseriezvous pas?

— Moi ! s'écria-t-elle en le repoussant, tu es fou, tu n'y penses pas I

— Et pourquoi donc pas?

— Allons donc ! reprit-elle en ricanant. D'abord,

nous sommes cousins, non germains à la vérité, mais

autant vaut; et puis tu n'es qu'un enfant. Je ne vou-

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dfaiq pas faire ton maHieuB. Un jeinift honune, aUoQi donc ! un jeune hqmme de ton agi, qui uo deii^aiidâ

qu'à s*amuser...

'-* Eh mon Dieu f dit Nasarille en poussant un gros soupir, je suis bien revenu de ces «uBauaements Iramt* peurs, je n'y ai jamais pri9 gntnd goftt. Je ne songe qu'à faire paisiblement mon cl^emin ; je voua connais parfaitement, vous êtes sage, laborieuse; vouaavei peu de chose, il est vrai, mais vous me rovaudriei beaucoup plus par vos qualités. Et puis je vous aime, je vous le dis sans grimaces qui ne seraient point de mise entre nous, je me suis fait à vous, et je vous aime de tout mon cœur.

Ninette renvoya bien loin ses insinuations, mais elle était ravie, et chaque parole répondait à Tun de ses plus ardents désirs. Elle reprit d'un grand se* rîeux:

— Non, je ne veux pas t'épouser, cela ne se doit pas... c'est impossible... Mais si je puis t'étre utUe, si tu veux des fonds pour ton entreprise, je suis à ton service... Combien dis- tu que tu as fait gagner à cet homme de l'autre jour?

— A peu près huit mille francs. Il n'avait qu^]ne action.

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