‹ Les Contes de M. Mercier [microforme]Chapitre 10 sur 45 · ASILE DE BEAUPORT · texte numérisé non relu

ASILE DE BEAUPORT

$ 71,50) économisée: durant les dix années prochaines comparées ave, les dix années précédentes!

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Une question qui a vivement préoccupé l'opinion publique a été le renouvellement du contrat de l'asile de Beaupurt avec les propriétaires actuels, MM.

Landry et Roy. Le contrat expirait je ler mai 1883.

Cette question des aliénés méritait la lus sérieuse considération de la chamre et du pays.

Le 19 février 1883, M. Mercier a voulu s'immiscer dans cette affaire, et faire déclarer par la chambre qu’il importait que des mesures immédiates fussent prises pour pourvoir à la garde des aliénés de Beauport, à l’expiration du dit contrat, le ler mai 1883, et que la Chambre fût consultée par le gouver-

Le ministère était en droitÿde s’attendre que ‘tous les députés, y compris MM. Mercier et Joly, seraient enchantés d’avoir l’occasion d'approuver ou de désapprouver les vues du gouvernement avant que la province fut liée par un contrat. Les résolutions soumises devaient, si elles étaient approuvées, servir de base au eontrat à faire pour le soin des aliénés de Beauport.

MM. Mercier, Joly et leurs amis qui, le 19 février 1883, demandaient à cor et à crisque la Chambre fût consultée durant la session sur ce qui devait être fait dans les circonstances, ne voulurent plus se prononcer lorsque l’occasion leur en fut donnée durant la

nement durant la session sur ce qui de-| même session. Ils ont dit par leurs

vait être fait dans les circonstances.

votes qu’ils ne seraient prêts qu'au

La Cuxmnbre a rejeté par un vote de | commencement de la session prochaine, 46 contre 15 la proposition de M. Mer- | c’est-à-dire dans un an, à donner à la

cier, tout en exprimant sa confianæ que le gouvernement Mousseau, en faisant un nouveau contrat pour la garde et l’entretien des aliénés alors internés dans l'asile de Beauport, contrat qui devait être soumis à l’approbation et à la confirmation de la chambre, d’après la déclaration même de l’honorable premier-ministre, serait guidé par un juste et sage appréciation des intérêts de la province.

Le gouvernement Mousseau, connaissant ses devoirs à ce sujet et voulant se montrer, digne de la confiance que la Chambre mettait en lui, étudia la question et dès le 28 mars, dernier, il soumettait à la considération de la législature certaines résolutions concernant le soin des aliénés,

Ces résolutions formulaient la politique du gouvernement et la soumettaient à l'opinion de la chambre avant qu'’aucun contrat ne fût fait,

question toute l'attention qu’elle méritait.

C'était le temps pour eux de blâmer ou de critiquer la politique du gouvernement, mais ils refusèrent obstinément de le faire.

Les amis du ministère,et même MM.

Beaubien, Beauchamp, Picard, Richard et Trudel,se sont montrés plus sages, et ils ont, après une étude sérieuse, approuvé franchement et loyalement les résolutions soumises.

Ces dernières comportaient entre autres choses qu'il serait loisible au lieutenant-gouverneur en Conseil de faire un contrat pour un terme de dix:ou vingt années, pourvu toutefois que le prix de chaque interne n’excédât pas cent trente-deux piastres par année, si le terme du contrat était de dix ans, et n’excédât pas cent trente piastres par année, si leterme du contrat était de

ingt ans,

Le gouvernement a passé, le 14 avril nement économe par excellence, Et 1883, un contrat avec MM. Landry et quand M. Mousseau nous dit qu'il est Roy, par lequel ceux-ci se sont obligés | certain de porter le chiffre des éconode fournir à leurs frais et dépens, pen-|mies à $250,000 par année, nous n'adant l’espace de dix années, à compter | vons pas de peine à le croire. du ler mai 1883, un logement convena-| Mais on nous dira peut-être que la ble aux aliénés qui leur seraient en-| province paie moins cher pour les aliévoyés par ordre du gouvernement de |nés envoyés à l'asile de Saint-Jean de cette province, de leur donner une nour- | Dieu, à la Longue-Pointe, ou à l'asile riture saine et suffisante, de leur four- | de Saint-Ferdinand d'Halifax que pour

nir des vêtements et des soins convenables, de leur procurer les services de médecins compétents et tout ce qui pourrait être nécessaire à leur guérison, à leur sûreté et à leur confort.

Le gouvernement s’est obligé par ce contrat de payer à MM. Landry et Roy, pour chaque aliéné ainsi reçu dans leur asile, la somme de onze piastres par mois ou de cent trente-deux piastres pas année, pendant toute la période de dix ans ci-dessus mentionnée, sans aucune autre charge additionnelle pour quelque cause que ce soit.

Par le contrat fait en 1871, entre le gouvernement et les propriétaires de l’asile de Beauport, pour la garde et l'entretien des aliénés —lequel est expiré le ler mai 1883,—le gouvernement a payé annuellement, depuis dix ans, $143 pour chacun des premiers 650 aliénés et $132 pour chaque aliéné audessus de ce chiffre. Par le nouveau contrat, le gouvernement ne paiera que $132 pour tout aliéné qui sera interné dans l'asile de Beauport. La province sè trouve à sauver une dépense de $11 pur chaque aliéné, jusqu’au chiffre de C50, soit un montant annuel de $7,150 et de soixante et onze mille cinq cents piastres pour les dix années que durera le nouveau contrat.

Le gouvernement Mousseau a fait par là une nouvelle économie de $71, 500, dont les électeurs de la province devront lui tenir compte ct lui être reconnaissants.

Dans l’espace de quelques mois seulement, il a réussi à faire des économies dans le service civil et sur certains crédits pour un montant annuel de $84.-

ceux internés à Beauport. C'est vrai.

Mais il ne faut pas oublier que ces asiles de la Longue-Pointe et de Saint- Ferdinand d’Halifax sont sous le contrôle de Sœurs de Charité qui peuvent | conduire leurs établissements à meilleur marché que des particuliers obligés d'employer un personnel considérable et dispendieux, Il ne faut pas oublier non plus que l'asile de Saint-Ferdinand d'Haiifax, dont la grandeur est restreinte et le nombre de malades limité, Lest destiné aux idiotes et aux imbéciiles seulement, lesquels ne requièrent, pour ainsi dire, aucun soin particulier ni traitement mé lical.

Quant à l'asile de Saint-Jean de Dieu, il est connu que les révérendes Sœurs qui en ont la charge prétendent que la remunération qui leur est payée par le gouvernement pour le soin des aliénés n’est pas suffisante, Voici l’opinion de la supérieure, Sœur Thérèse de Jésus, que l’on trouve dans son rapport du 7 février 1883 :

| Un point sur lequel je désire attirer vo- [tre atte: tion, c’est celui de la rémunération qui nous est accordée pour toutes les obligations que nous remplissons pour le gouvernement vis-à-vis des aliénés, qui comprennent comme vous le savez : la nourriture, l’habillement, le logement, l’entretien, les soins continuels du méde- 'cin, les gardiens et gardiennes. Aux prix excessifs des provisions de bouche,du combustibie, de Phabillement, ete., etc., et l'élévation du salaire des employés, vous devez admettre que la modique somme de cent piastres par malade est devenue tout-à-fait insuffisante ei qu'il ne serait que juste que la subvention fût augmentée quelque peu... soso sosososvies

En face de cet important témcignage

914.50 ; et sur le contrat seul de l'asile | et du fait que le service des asiles doit de Beauport, $71,500. Nous sommes |nécessairement coûter moins cher aux justifiable de dire que c’est le gouver-! Sœurs de charité qu’à des particuliers,

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