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Cependant, le gouvernement Mousseau à été assez habile, dans ses conventions, ‘pour faire perdre au syndicat huit cent quatre vingt mille piastres sur le million de Québec, et pour charger le même syndicat, entre autres obligations, de tous les travaux à faire à Québec moyennant une somme de $220.- 000 payable en argent ou en débentures de la municipalité de Québec st le terrain du "ir Pour le prouver il suffit de citer lé contrat du 21 août 1882, invoqué par M. Mercier lui-méme. . - .
La compagnie du chemin de fer du nord s’engage elle-même à remplir cette obligation ci-après mentionnée, assumée par le gouvernement de la province de Québec en vertu de l'acte de convention cidess'8 mentionné entre elle et Ja Cité de Québec, comme suit :
À.—A opérer le déplacement de la ligne du chemin de fer, avant le 30 novembre 1883, de la rue du Prince Edouard, dans la cité de Québec ;
B.—A indemniser la corporation de la
.vile de Québec pour toutes les condam-
nations qui pourraient être prononcées contre elle à l’occasion des dommages causés par le passage des trains dans la dite rue du Prince-Edouard ;
C.—De payer à la Corporation de la cité de Québec, à l’acquit du dit gouvernement la somme de $#75,000 en cinq paiements égaux et annuels de $15,000 chacun sans intérêt jusqu’à échéance ; le premier paiement devant échoir le quinze Avril prochain ; .
D—A ce que la ligne de la compagnie de chemin defer du nord soit continuée avec une double voie à la rue Dalhousie et au quai Allan et de maintenir en bon ordre de réparation, telle part de la dite rue, pour le di; chemin de fer, de telle sorte qu'il y ait un pied de largeur de chaque côté des rails, de façon que le pavage de la dite rue soit au même rivéau que le dessus des rails, etque le seul espace laissé soit celui strictement nécessaire pour le passage des voitures, tels tra-
vaux devant être achevés le 840 novembre 1881 ;
E--A e-écuter les travaux sur la rue Saint-André de manière qu’ils soient complétés le trente novembre prochain ;
F—A continuer la ligne du chemin de fer du nord sur les murs de revêtement du bassin ‘ Louise ” jusqu’à l’eau profonde,
aussitôt que la éompagnie pourra obtenir le droit de parcours comme susdit. Et en considération des clauses ci-dessus, le gouvernement de la province de Québec s’oblige lui-même:
A—A céder et transpbdrter à la companie du chemin de fer du Nord tous les roits de propriété ou autres transportés
par la corporation de la cité de Québec au dit gouvernement, en vertu du dit acte de convention ici susmentionné, dans ou sur l’immeuble connu et désigné dans le plan du cadastre et dans les livres du quartier Saint-Pierre de la cité de Québec, sous le numéro officiel 1937, situé entre les rues Saint-Paul, Saint-Roch et la rue Henderson et la rivière Saint-Churles [le terrain du Palais), comprenant les quais et les bâtiments y érigés, avec tous les droits de quaiage, taxes et revenus, la compagnie du chemin de fer du nord s’obligeant ellemême à faire creuser le havre entre les dits quais, draguer et mettre les dits quais en bon ordre de réparation, entre ce jour et le 30 novembre 1883, l’entrée en possession de la salle du marché y érigée ne devant avoir lieu que le premier mai prochain ;
B—A payer à la compagnie du chemin de fer du Nord deux cent vingt mille dollars, comine ci-dessus.
Soixante-dix pour cent de la valeur des travaux ici entrepris et spécifiés sous les lettres À, B, D et E, ci-dessus mentionnés, devant être payés mensuellement, au pro rata de leur exécution d’après le rapport de l'ingénieur du gouvernement à cet effet et une cédule des dits travaux avec leur évaluation sera immédiatement faite par le dit ingénieur du gouvernement ; et le paiement de la dite somme de deux cent vingt mille dollars sera faits soit en obligations de la cité de Québec portant cinq pour cent d’intérêt comme ci-dessus mextionné, ou en monnaie au choix du gouvernement.et la d'fférence comme ci-dessus à Pachèvement des dits travaux.
Nous avions, donc raison d'affirmer que M. Mercier commet une fausseté quand il dit que, par le contrat du 21 août 1882, le syndicat est déchargé des travaux à faire à Québec, et notamment du déplacement de la voie sur la rue du Prince-Edouard, du prolongement du chemin jusqu’à l'eau profonde sur le bassin de la Princesse Louise.
C’est tout le contraire qui est vrai.
M. Mousseau, loin de charger le gouvernement de travaux coûteux que le contrat imputait au syndicat, a au contraire mis et laissé à la charge du
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‘syndicat, tout en lui faisant perdre $880,000 sur le million de Québec, ces mêmes travaux, dont la loi le déchargeait, au «es où il serait fait des conventions avec Québec.
Le syndicat, par les nouveaux arrangements, reste donc chargé des travaux en question, comme il l'aurait été en vertu de la clause 17 du contrat, et il ne recevra que $220,000 en débentures de la ville de Québec ou en argent au choix du gouvernement, au lieu du million qui lui avait été transporté. Le gouvernement n’a rien à payer.
Nos lecteurs ne manqueront pas de nous demander comment il se fait que M. Mercier ait voulu tromper le public d’une manière aussi grossière. Nous avouons sincèrement ne pouvoir comprendre qu’un chef de parti quelque peu soucieux de son honneur
et de sa réputation, ose faire, de propos délibéré, pareille brèche à la vérité. Notre étonnement est ex-
trême et il sera partagé par nos lecteurs: lorsque nous leur apprendrons que ce contrat du 21 août 1882, a été mis devant la Chambre le 2 mars 1883, sur la demande de M. Mercier lui-méme, qui en connaissait le contenu et l'avait quand il a écrit l’article en question. Comment qualifier un pareil acte de mauvaise foi ! ! ! é
M. Mercier ne s'arrête pas là dans ses accusations. Donnant libre cours à son imagination, il continue en ces termes :
M. Mousseau, profitant d’une discrétion malheureuse laissée au gouvernement, fait perdre à la Province une somme considérable.....,... see dd de o «
Il est donc évident que M. Mousseau n’avait qu’à laisser la loi suivre son cours et nous étions débarrassés de travaux immenses ; et nous recevions $500,000 en sus du prix de vente |
Après avoir reproché à M. Mousseau d’avoir violé l'esprit et l'intention de la loi, M. Mercier admet maintenant que la loi lui laissait la discrétion malheureuse de faire ce qui a été fait: des conventions avec Québec. Il prétend que ces conventions ont fait perdre à la province $500,000.
Cette prétention n’est pas soute-
nable, Si la clause 17 du contrat avait eu son effet, le gouvernement aurait eu une obligation à remplir vis-à-vis du syndicat. M. Mercier se garde bien de faire connaître cette obligation à ses lecteurs, pour la bonne raison qu’il ne pourrait pas parvenir à son but, qui est de les tramper. Nous allons la mentionner, dans l'intérêt de la vérité.
Cette clause 17 oblige le gouvernement de remettre au Syndftat, ‘“ lors “ de la livraison des chemins, les dében- “ tures que la Corporation de la cité de 4 Québec a données comme acompte sur ‘“ sa souscription, au montant de $400.- ‘000 (toute débenture qui ne pourra ‘ pas être livrée par le gouvernement ‘ devra être payée au pair). Le gouvernement n'avait en sa possession des débentures que pour un montant de $257,000. M. Mercier, avec une subtilité qui lui fait peu d'honneur, affirme qu’en vertu de la clause 17 le gouvernement aurait reçu du syndicat $500,- 000 en sus du prix de vente et il s'arrête là. C’est vrai, mais ce n’est pas toute la vérité. Il aurait dû ajouter, lui qui se classe parmi ces honnêtes gens chargés d'éclairer le public, que le gouvernement aurait été obligé, par cette même clause 17, de remettre au syndicat $400,000, dont $257,000 en débentures de la ville de Québec et $143,000, en beaux deniers de la province, faute de débentures municipales, que le gouvernement n'avait pas.
Ami lecteur, vous avez un contrat qui vous donne le droit de recevoir de nous $500,000 et qui vous oblige à nous remettre $400,000. (Comment recevrez-vous réellement comme profit net en vertu de ce contrat ? $100,000 n’estce pas ? Brisons ce contrat pour en faire un autre plus avantageux pour vous.
Consultez ensuite M. Mercier, pour avoir son opinion. Il cherchera à vous convaincre que vous avez perdu $500,- 000. C’est de cette manière qu'il procède à l'égard du gouvernement Mousseau.
M. Mercier n’ignore pas que par les conventions conclues avec Québec, le gouvernement garde dans sa caisse les
$143,000 qu’il aurait été obligé d'en tirer pour le bénéfice du syndicat, en vertu de la clause 17. (C’est donc $143,000 sauvées au pays.
Il n'ignore pas non-plus que la ville de Québec a toujours réclamé une part dans la propriété des chemins de fer.
Il n'ignore pas que ces chemins ont été vendus au syndicat avec garantie contre tous troubles, évictions et empêchements quelconques.
Si cette réclamation, dans la co-propriété du chemin, avait été déclarée bien fondée, le gouvernement aurait été obligé d'y satisfaire, en vertu de la garantie qu'il a donnée,et cela n'aurait pas empêché le syndicat de toucher le million de Québec. Le gouvernement Mousseau a done bien agi dans les conventions qu’il a conclues, et il n’y aura, nous en avons la conviction, qu'une voix pour le condamner, celle de M. Mercier. Persévérera-t-il dans sa condamnation ? C’est une question grave à laquelle nous ne voulons pas répondre. Il est si peu consistant que demain il pourrait, sans nous étonner, approuv°r ce qu’il condamne aujourd'hui.
M. Mercier se plaint indirectement que le gouvernement a trop fait pour la ville de Québec dans les conventious qu’il a conclues avec elle au sujet de sa souscription d’un million de piastres en faveur du chemin de fer du Nord.
Nous allons continuer‘ l'étude de cette question que nous avons commencée hier, ' |
Etablissons un fait important. Il a été question de ces conventions devant la législature de Québec, durant la session de 1882, et tous les députés qui ont pris part aus débats se sont, sans aucune exception, prononcés en faveur d’un règlement des difficultés pendantes, avec les autorités municipales de Québec.
Le nombre et la nature de ces difficultés étaient bien connus de toute la Chambre.
Lors de ces débats le gouvernement Chapleau était en négociations avec la cité de Québec, pour arriver à une entente amicale. M, Chapleau a fait
connaître à la chambre les conditions qu'il avait offertes à la cité de Québec. Aucun membre n’y a objecté; pas même M. Mercier, ce critique si sévère.
Pour établir la chose, il suffit de rappeler ce qui s’est passé, et de citer les paroles même des ministres et des. députés qui ont parlé sur la question.
Nous extrayons ce qui suit des Débats de la Législature de Québec, 1882, publiés par M. Desjardins :
M. Chapleau, p. 1181 et S.
Quant au règlement des difficultés pendantes avec les autorités municipales de Québec, nous espérons arriver à une entente. Une disposition sera introduite dans la loi pourvoyant au cas où la Cor-
ration voudrait traiter directement avec M gouvernement, elle pourra le faire dans un délai de trois mois osé cooode se
Cette question et les autres qui sont pendantes entre le gouvernement et la corporation, seront l’objet de négociations, et j'ose espérer qu’un règlement à l’amiable sera le résultat de ces négociations que nous conduisons avec le ferme désir d’en venir à une entente définitive.
M. Joly, p. 1197.
L’honorable premier ministre a fait allusion aux relations du gouvernement avec la corporation de Québec. Ces relations ont toujours été fort délicates. J’avoue que je serai heureux de voir les réclamations de Québec réglées d’une manière définitive et satisfaisante,
M. Laberge, p. 1241.
Cette réclamation contre la cité de Québec, on ne sait plus comment la traiter.
M. Chapleau, p. 1241.
Le gouvernement tient beaucoup à ce ue la réclamation ne soit plus une cause ds difficuité pour l’avenir et la transporte au syndicat, qui lui désire lavoir sans cependant y mettre de l’insistance.
. M. Laberge, p. 1241.
Pourquoi le dit à Québec :
nous vous reste.
M. Chapleau, p. 1242.
ouvernement n’a-t-il pas onnez-nous $100,000 et tiendrons quitte pour le
Etle gouvernement aussi, aurait été tenu quitte comme la ville de Quécec,
M. Laberge, p. 1242.
Pourquoi ne pas avoir fait profiter Québec des avantages que le syndicat compte en retirer, lui qui a souscrit pour aider à la construction du chemin de fer ?
M. Chapleau, p. 1270.
J’ai dit hier que si la corporation de Québec voulait en venir à un arrangement, à une entente à l’amiable avec le gouvernement que ous étions tous disposés à ouvrir des négociations avec elle.
M. Loranger, p. 1271.
Le gouvernement se réserve le droit de régler lui-même avec Québec, il n’est que juste qu’il libère le syndicat d’une responsabilité dont il n’a voulu se charger qu’à
lion souscrit par la ville ne sera pas demandée par le gouvernement, il gardera le montant quia été payé et s’obligera de compléter la rue Saint-André, de prolonger la voie jusqu’à eau profonde, etc.
M. Rinfret dit Malouin, p. 1280 :
Je crois de mon devoir de réclamer en faveur de Québec. Le gouvernement ne traite pas cette ville aussi libéralement qu’il aurait dû le faire. Il est incontestable que les réclamations de cette ville sont fondées et le gouvernement pour être juste, devrait se rendre aux raisons qui lui ont été données.
M. Robertson, p. 1280. à
Je crois au contraire, M. le président, ue la proposition faite par le gouverne-
la condition qu’il règlerait lui-même avec! nent à la ville de Québec est lune des
la Corporation.
M. Chapleau, p. 1276.
On a demandé que l’on donnât occasion | la elle tombera entre
pe favorables, et j'espère que Québec va ’accepter. Autrement elle pourra avoir
lieu de le regretter et faspors qu'après Cees mains du syndi-
à la ville de Québec de pouvoir traiter di-| cat, ce qui sera tomber de la poèle à frire rectement avec la province, que l’on vint! dans le feu. J’ai l’espoir qu'avec le nouau moins à fixer un délai dans le cours | veau maire, que je crois être un homme duquel la corporation pourrait régler avec | bien pensant, on arrivera promptement à
‘le gouvernement. Nous sommes désireux | une entente. Seulement ce que j’ai à obser-
d’en venir à une entente avec les autorités | ver c’est que le délai accordé à la ville de municipales de Québec et c’est pour cela | Québec, pour régler les difficultés qui ex-
ue nous avoüs décidé d'introduire l’article suivant dans le projet de loi [Particle
Coosronsoessro sn eee 0...
D’après les termes de cet aæticle addi-
. tionnel, si la corporation de Québec ne se
prévaut pas des avantages qui lui sont offerts, le syndicat devra faire les travaux que l’on connait, et en compensation il aura droit de toucher les débentures de la cité ; ei, d’un autre côté, le gouvernement règle avec Québec, le syndicat ne fera pas les travaux requis, mais aussi il n’aura
lus droit à toucher aux débentures de Eébes, Voilà la position que crée l’ar-
ticle que je propose d’ajouter au projet de Oloocoss or connerie ne 0000
Quant au règlement à intervenir avec Québec, le gouvernement est prêt à traiter sur la base de l’offre faite à la corporation il y a quelques mois passés.
M. Shehyn, p. 1277.
L’honorable premier ministre serait-il assez bon pour nous dire quelles sont ces
conditions, ou quelle est cette offre.
M. Chapleau :
L'offre que le gouvernement a faite
istent entre elle et le gouvernement aurait dû être limité à soixante jours au lieu de quatre-vingt-dix ; car je crois que plus le délai sera court, plus vite on règlera. De pis je pense que si le gouvernement 8’0-
bec, cela va monter plus que le montant que l’on aura reçu de la ville.
M. Joly, p. 1282.
Je désire sincèrement que des arrangements à l’amiable soient conclus et c’est pour cette raison que je supplie le gouvernement de retrancher cette partie de la clause 17. Je désire aussi que l’article 7 soit modifié de manière à faire disparaître
cette menace à l’adresse de Québec. Mon but n’est pas d’emnbarrasser le gouvernement, mais bien de l'aider. Et je crois que c’est là un bon moyen d’adoucir la voie | pour arriver à une entente également avantageuse à la province et à la ville de Québec.
M. Chapleau.
Le gouvernement, que: mon honorable ami se rassure, n’a pas eu l'intention de plaider. L'avocat distingué qui préside maintenant au gouvérnément municipal de la ville de Québec, saura bien faire
est-celle-ci : Sila ville abandonne sa ré- | comprendre au Conseil qu’il vaut mieux clamation à son titre de oo-proprié- | éviter un procès. (Cependant il y a certaire de Ja voie, la balançe du mil-|tains esprits dans le conseil de ville qui
lige de terminer seul les travaux à Qué-
voudraient pluider, c’est pour prévenir les conséquences que pourraient produire les agissements de ces édiles qu’il est à propos de conserver cette disposition. Je puis assurer que le gouvernement n’a nullement l’intention de plaider.
Ainsi, ces citations démontrent clairement que nous avions raison d'afirmer ce que nous avons dit.
Les conditions offertes par M.
Chapleau à la corporation de Québec sont mises à la connaissance de la Chambre et M. Joly, alors chef de M. Mercier, déclare qu'il désire sincèrement que des arrangements à l’amiable soient conclus, et il supplie le gouvernement d'en arriver À une entente égalrment avantageuse à la province et à la ville de Québec. Mon but, dit-il, n'est pas d'embarrasser le gouvernement mais bien de l’aider. M. Mercier a dû opiner du bonnet en entendant cette déclaration de la part de son chef. auquel il était si dévoué et si soumis.
M. Laberge, un fervent libéral, voyait tant de difficultés dans citte affaire qu'il conseillait au gouvernement de se faire donner $100,000 pour donner quittance (justement le montant qu’il aurait eu du syndicat s’il n’y avait pas eu règlement) et de faire profiter Québec des avantages que le syndicat comptait retirer,
-M. Mercier n'avait rien à dire à tout cela. Le gouvernement Mousseau ayant fait un profit réel de $143,000 par ses arrangements du 21 août 1882, M. Mercier ne devrait certainement trouver rien à lui reprocher non plus.
M. Shehyn, un autre libéral, apprenant de la bouche de M. Chapleau, la nature du règlement offert à la ville de Québec, ne souffle plus mot.
M Rinfret dit Malouin, député de Québec-Centre, et partisan du chef de l'opposition, trouve que le gouvernement ne traite pas sa ville aussi libéralement qu’il aurait dû le faire. “ Il est incontestable, dit-il, que les réclamations de cette ville sont fondées.”
M. Robertson, député de Sherbrooke, qui ne péchait pas alors par excès de confiance dans l'administration Chapleau, espérait que Québec accepterait
Ke]
les propositions de M. Chapleau ; et il exprimait en même temps l'opinion que si le gouvernement s'obligeait à terminer seul les travaux à Québec, cela :
coûterait plus que le montant reçu de ia ville.
Les arra' gements anticipés alors ont été concius le 21 août 1882 ; et le gouvernement Mousseau a manœuvré de manière à obliger le syndicat de terminer seul les travac. à Québec et à faire payer ces travaux par la ville de Québec, tout en faisant gagner à la province $143,000 ; c’est-à-dire $43,000 de plus que M. Laberge voulait obtenir pour donner quittance à Québec. M.
Mousseau nous a débarrassés de travaux immenses qui, dans l'opinion de M. Robertson, devaient nous coûter plus que le montant reçu de Québec, et il a sauvé au pays $143,000.
N'’a-t-il pas fait preuve d'intelligence et d'habileté dans cette affaire ? Le chef de l'opposition appelle cela de l’ineptie coupable. Vous êtes un farceur, M. Mercier. Que n'êtes-vous connu de Barnum ! Il ne manquerait pas de vous offrir de devenir riche, en acceptant un rôle dans lequel vous excelleriez. Mais vous aimez si peu l’argent ! ! ! que vous pourriez peut-être repousser cette offre, pour demeurer dans la troupe des honnêtes gens, et sauver le pays sans négliger l’occasion de tirer une carotte par-ci par-là aux adversaires.
M. Mercier prétend encore que le gouvernement Mousseau a fait la fortune de quelques amis au détriment du ays.
lo En déchargeant le syndicat de tous les travaux à faire à Québec.
Nous avons démontré et prouvé le contraire en citant le contrat du 21 août 1882.
20 En faisant payer par la province audelà d’un million de piastres pour des travaux sur le chemin, assumés par le syndicat.
Le gouvernement n’a pas dépensé ni ne dépensera un seul sou pour le chemin, au bénéfice de l’acheteur depuis la vente. Ce qu'il a déboursé n'était que pour faire face à ses propres obliga-
perte de $880,000 sur le million de,
tions contractées avant la signature du contrat et non depuis les obligations consistant en reliquats de comptes de construction non soldés et. en réclamations pour terrains et propriétés achetés ou expropriés pour droit de voie, etc.
Tout cela est ctabli par des documents officiels que nous avons sous les yeux et nous mettons le chef de l’opposition et son organe au défi de prouver le contraire,
30 En libérant le syndicat du paiement des $500,000 dues en vertu de la clause 17 du contrat,
Nous avons déjà parlé de cette question des $500,000. Il nous reste à démontrer qu'en mettant de côté 1a clause T7 comme il l’a fait, le gouvernement Mousseau était loin de faire la fortune du syndicat.
En effet par cette clause le syndicat était en droit de recevoir, tant du gouvernement que de la ville de Québec, la somme d’un million de piastres et d’avoir la propriété située à Québec, communément appelée ‘“ Terrain du Palais ” ; et en considération de ces avantages il assumait toutes les obligations du gouvernement vis-à-vis de la corporation de Québec spécialement celle des travaux à faire dans cette ville, et s’obligeait, en outre, à payer au gouvernement, lors de la livraison des chemins, une-somme de, $500,000.
Or par les arrangements conclus sous l'autorité de la clause 7 de l’acte 45 Victoria ch. 20, le gouvernement Mousseau a dit au. syndicat qui a été forcé d’accepter ces conditions :
“ Vous compléterez tous les travaux
à faire à Québec, estimés à $220,000 ;
vous assumerez toutes les obligations du gouvernement vis-à-vis de cette ville; vous céderez à la corporation de Québec la propriété connue sous le nom de Parc à bois valant environ $120,000 ; et vous ne recevrez que $220,000 en argent ou en débentures de la ville de Québec, et de plus le havre du Palais et des terrains qui l’avoisinent avec les bâtisses y érigées, avec obligation de creuser ce havre et de le réparer.” Ainsi le gouvernement causait uue
Québec, au syndicat, qui aurait certainement préféré payer les $500,000 en question et faire un bénéfice considèrable.
M. Mercier a l'audace de dire qu’en éausant cette perte au syndicat le gouvérnement Mousseau à fait la fortune de quelques amis, et il ajoute avec une naïveté que nous admirons peu :
Aussi, at-il fallu voter les montants requis pour la confection des mêmes travaux que le syndicat était tenu de faire lui-même.
De grâce, M. Mercier, dites donc la vérité. Ila été voté $220,000 pour ces travaux, mais c’est la ville de Québec, et non pas le gouvernement, qui doit-payer ce montant.
Voici comment se lit le budget de 1883-84 à ce sujet, à la page 16:
Déplacement de la ligne de la rue du Prince-Edouard, prolongement de la ligne
en eau profonde, sur la A Louise et parachèvement de la rue Saint André, paya-
ble à même la souscription de -la cité de Québec, $220,000.
Vous êtes encore pris en flagrant délit M. Mercier, ce n’est pas le dernier.
Vous dénaturez encore la vérité quand vous dites :
Aussi a-t-on vu le ministère Mousseau émettre des mandats spéciaux pour $410.- 000, afin de payer des travaux faits sur le chemin par Île gouvernement, quand le contrat déclarait que le syndicat l'acceptait dans l’état où il était alors.
Cette grave accusation est complètement fausse. Si M. Mercier veut se convaincre lui-même de sa profonde erreur, qu'il jette les yeux sur le document officiel produit devant les Chambres le 23 janvier 1883, document renfermant un état détaillé de tous les mandats spéciaux qui constituent cette somme totale de $410,000.
Sur ce montant, $17,532.78 ont été employées pour payer des services qui n’ont aucun rapport quelconque avec les affaires du chemin. Il a été payé $85,189.76 pour les frais de trafic et d'exploitation du chemin de fer, encourues avant le ler juillet 1882. Le
syndicat n'a pris possession des chemins achetés que le ler juillet 1882, et il n'est jamais entré dans l'esprit de personne, pas même de M. Mercier, que ces frais de trafic et d'exploitation, faits avant la date en question et se montant à $85,189.76, fussent payables par le syndicat. M. Mercier peut chercher à le faire croire à ses lecteurs ; mais la vérité finira par se faire jour.
Quant à la balance de $307,728,19
restant sur les $410,450,73 montant total de ces mandats spéciaux, nous aflirmons solennellement qu'elle n’a pas
pour objet de payer des travaux néces-|
sités depuis la vente et livraison du
chemin de fer. Le syndicat a pris la!
voie ferrée dans l’état ou elle était alors,
et le gouvernement n'a payé aucuns!
travaux assumés par le syndicät ou,
retombant sur lui. Les-montants payés par le gouvernement étaient destinés à payer des obligations contractées par
lui avant la vente du chemin, et non en-| core soldées. M. Mercier sait que ces montants comprennent entreautres, la réclamation de $137,904 de M. Mc- Donald, celle de M. MecGreevy, les
$85,000,00 de M. Lacoste ; lès $32.- 686 de M. Beemer pour le pont de Hull.
Va-t-il affirmer que Ja réclamation de M, McGreevy, celle de M. MeDonald £& autres de même nature, basées sur contrats et formulées avant la vente du chemin, sont de nouveaux frais de construction dont le gouvernement se | charge pour en libérer le syndicat Né- | nécal obligé de terminer le chemin ?
Va-t-il : rétendre sérieusement que les | montants déboursés par le gouvernement, pour terrains acquis avant la vente, | pour le passage du chemin et non payés lors de la vente étaient payables, par le syndicat ?
Il est assez osé pour le faire.
Que doit-on maintenant penser de la bonne foi du chef de l'opposition ? Comme on le voit, iln'y a rien de vrai gars ses affirmations. Le chef de
‘opposition en est arrivé à ne faire la lutte qu'en débitant systématiquement de fausses représentations espérant qu'il en restera toujours quelque chose aux yeux de cette partie du public qui n'a pas le temps de se livrer à aucun tra- ‘vail de vérification.
MM. Joly et Mercier
et la vente du chemin
de fer du Nord
L4 Tous deux approuvent la vente du chemin à S millions — Leur inconséquence !
Le 9 novembre 1881, honorable M. Joly adressait la parole au Mec/anic's Hall de cette ville, et il se pronon-
çait en faveur de la vente du chemin de
fer moyennant $8,000,000. C'était un prix, selon lui, exceptionnellement avantageux, si on pouvait l'avoir. Voici ses propres paroles telles que rapportées par
le Herald :
M. Chapleau a parlé (à Sainte-T'hérèse) de vendre le chemin de fer pour $8,000,- 000 etila dit en même temps que ce chemin avait coûté $13,000,000. II a dit que le gouvernemert ne le vendrait pas pour moins de $8,000,000, ce qui est lout ce qu'il à en réalité coûté à la province, en édition les $5,000,000 de subventions que le gouvernement était prêt à accorder à une compagnie prt vée.
Si M. Chapleau vient devant la Chambre avec une bonne offre pour le chemin, ily aura coalition juste pour le temps nécessaire pour mettre cette mesure à exéculion ; mais ensuitenous nous séparerons de nouveau.
Cependant, si je suis alors membre de la Chambre, je ne permettrai pas au gouvernement de toucher un sou de cet argent, qui devra aller aux créanciers de la province de Québec. Je ne veux pas que lon confie cet argent à M. Senécal.
M. Joly considérait la somme de $8,- 000,000 comme un bon prix pour le chemin de fer du Nord. Ilavait raison puisque lui n'avait pu trouver que $4,000,000, puisqu'il offrait de louer la ligne en 1879 au syndicat Perrault- Thibaudeau moyennant $8200,000 par an, ce quià 5 pour cent d'intérêt, représente un capital de $4,000,000.
M. Joly promettait de faire une coalition pour la circonstance avec M.
Chapleau s’il pouvait trouver ce prix, quitte ensuite à le combattre sur d’autres questions. Il mettait pour seule condition que le produit de la vente fût
LA
appliqué au paiement de la dette, C’est ce qui a été fait par uae loi spéciale:
passée à la session de F882.
On pourrait croire qu'un homme qui se prétend aussi honorable que M. Jol |auraif tenu parole. Mais loin de là. Il |combattit de toutes ses forces la vente à $3,000,006, lorsqu'elle fut proposée en chambre par M. Chapleau. Le prix met dela vente fut $7,600,000, mais.
cela est dû au fait que le Pacifique s'engageait à dépenser $400,000 pour des travaux que le gouvernement eût été obligé d'exécuter immédiatement.
s’il eût gardé le chemin.
Passons maintenant à M. Mercier.
Etait-il, lui aussi, opposé à la vente du chemin du Nord—cette même vente qu'il dénonce avec tant de violence aujourd’hui ?—Non, répondons-nous.
M. Mercier était d'avis que sai M.
Chapleau pouvait vendre le chemin de fer du Nord moyennant huit miilions.
de piastres, ce serait une excellente transaction |! Peut-il le nier ?
Voici les propres paroles de M. Mercier au début de la campagne électorale de 1881. Elles furent publiées d’abord par le Star et citées par M. Chapleau l'an dernier, dans son grand discours, sur la vente du chemin de fer :
Le pays est avec moi; le pays ne veut pas de la taxe dlirecte...... Au gouvernement qui procurera au pays une transaction favorable pour la vente du chemin de fer, je donnerai mon concours.
La première chose que nous avous à faire, c’est de dégrever notre budget. Nous payons tous les ans pour intérêts et fonds d'amortissement $900,000. Tant que cet état de choses existera, il sera impossible de faire faire à la province les progrès qu’on doit attendre d’un gouvernement bien constitué. On ne peut arriver à ce résultat que par la vente du chemin de fer.
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M. GAGNON, député de Kamouraska.
futurs de la province, et s1 ON Pouvarr EŸ) —J'ai l'honneur de proposer qu’il soit ré- OBTENIR LE MONTANT QUE LE GOUVERNE-|solu que cette Chambre regrette que le
MENT A ANNONCÉ LUI AVOIR ÉTÉ OFFERT, $8,000,000, CE SERAIT UNE BONNE TRANSAC- TION.
Eh bieu, c'est ce qu'a fait M. Chapleau, [la vendu le chemin HUIT MILLIONS DE PIASTRES-—et ce qui était alors une ‘bonne transaction ”” a cessé de l'être aux yeux de M.
gouvernement n’ait pas conduit officieilement les négociations pour la vente du | chemin de fer Québec, Montréal, Ottawa et Occidental, au lieu de les conduire secrètement et confidentiellement comme il l’a fait, privant par là la Cliambre de renseignements qu'elle , devait avoir sur cet im portant sujet. Cette proposition est mise aux voix:
Mercier, Comment en un vil plomb PA voté pour :—MM. Bernard, Demers,
l'or pur s'est-il changé ? Répondez, M.
Mercier. En êtes-vous capable ?
Bien plus, pour donner suite à cette déclaration, M. Mercier n’a pas eu le courage en chambre de voter pour ou
* contre la vente. Ils’est prudemment abstenu, comme cela lui est arrivé si souvent dans la session de 1881, pour des raisons à lui connues, mais qui n’ont jamais été expliquées d'une façon satisfaisante. Se heurtait-il à l’honnôête homme dont il a si éloquemment parlé
à Laval ? |
Bien plus, à la séance du 14 avril | 1882, M. Mercier se séparait de ses | amis—qu'il eñt lâchés volontiers complètement— sur une proposition de M.
Gagnon regrettant la façon dont les négociations relatives à la vente qu
agnon, Irvine, Joly, Marchand, Richard, Rinfret dit Malouin, Shehyn et Trudel.
Ont voté contre :—MM. Asselin, Audet, BEAUBIEN, Bergevin, Blanchet, Caron, Casavant, pete: Chapleau, Désaulniers, Desjardins, Duckett, Duhamel, Dumoulin, Faucher de Saint-Maurice, Flynn, Fortin, Frégeau, Garneau, Gauthier, Houde, Lalonde, Lavallée, Lecavalier, Leduc, Loranger, Lynch, Marcotte, Marion, Martel, MERCIER, Pâquet, Paradis, Picard, Poulin, Riopel, Robillard, Sawyer, Spencer, Thornton et Wurtele.—41.
L'opposition et quelques conservateurs n'étaient pas satisfaits de la façon dont ces négociations avaient été conduites, mais M. Mercier était entière-
ment satisfait. At M. Beaubien aussi.
On sait que M. Gagnon pardonna
difficilement ce vote à son futur chef.
Et après tout cela, M. Mercier a
chemin avaient été conduites. On en ju- | l'audace, pour ne pas dire plus, de vegera par l'extrait suivant des Débats | nir dénoncer la vente du chemin de fer!
publiés par M. Desjardins pour 1882, | Prend-il les électeurs pour des imbé- (page 1074 :) | ciles ?