‹ Les Contes de M. Mercier [microforme]Chapitre 6 sur 45 · SES SO · texte numérisé non relu

SES SO

qui se trouvait en Chambre, et qui prétend avoir alors condamné énergiquement le contrat de vente, d'exprimer ses opinions, de donner son vote. Pourtant M. Mercier n’a ni soufflé mot, ni voté contre,

Voici le résultat des votes :

Pour :—MM. Asselin, Audet, BEAU- BIEN, Bergevin, Blanchet, Caron, Casavant, Champagne, Chapleau, Désaulniers, Desjardins, Duckett, Duhamel, Dumoulin, Faucher de Saint-Maurice, Flynn, Fortin, Frégeau, Garneau, Gauthier, Houde, Lalonde, Lavallée, LeCavalier,Leduc, Loranger, Lynch, Marcotte, Marion, Martel, Paquet, Paradis, Poulin, Riopel, Robillard, Sawyer, Spencer, Thornton et Wurtele.—39.

CoxTRE :— MM. Bernard, Brousseau, Demers, Gagnon, Irvine, Je” , Marchand, Richard, Rinfret, Shehyn et Trudel.—

Pas de M. Mercier ! Où était-il ?

Enfin le même jour, l'honorable M.

Chapleau proposait l’adoption du projet de loi ‘ RATIFIANT LA VENTE DE LA SECTION OUEST DU Q.

M. O. et O.” La proposition était mise aux voix, àla connaissance de M.

Mercier, QUI NE° VOULUT PAS VOTER SUR CETTE QUESTION.

La division des votes fut la même que la précédente.

M. Mercier ne pourra pas invoquer l'excuse que le vote fut pris après le départ du train de Montréal, car ce soir là, le train fut retardé, (et cela fut annoncé à la Chambre par le Premier Ministre) afin de permettre aux députés de donner leur vote avant le départ.

Nous pourrions bien ajouter que M.

Mercier s'est même abstenu de voter | sur des questions discutées en sa présence en Chambre. Le 28 avril, M.

Garneau présentait une motion de censure contre M. Stephens, député de Montréal Centre, qui voulait obtenir un comité d'enquête pour s’enquérir ‘‘ de “ l'administration du chemin de fer par ‘“ M. Senécal, et des sommes d'argent ‘“ qu’il avait dépensées alors pour aider ‘€ à l'élection des députés de la Cham- “ bre d'Assemblée, et aussi de l’aide ‘ pécuniaire donnée, sous forme de prêt

‘ d'argent ou autrement, pour wider à ‘t l'élection des dits députés.”

Au cours du débat soulevé par cette question, M. Mercier prit la parole, et ne vota même pas sur cette motion, qui fut mise aux voix lorsqu'il se trouvait à son siège.

Voici ce que nous trouvons dans les débats de la séance du 28 avril 1882, prge 1123.

Le député de Montréal - Ouest s'était écrié, à propos de la censure que la Chambre v lait imposer à M. Stephens, ‘ qu'une telle censure ne voulait pas dire grand chose” Le Premier Ministre demanda à l'Orateur que ces paroles fussent inscrites dans les journaux de la Chambre, ce que voyant, M. McShane retira les paroles qu’il avait prononcées.

L'honorable M. Mercier prit alors la parole :

Je demande à l’honorable Premier ministre de bien vouloir consentir à ce que tout ce qui s’est dit nesoit pas inscrit dans les journaux de la chambre. L’honorable député de Montréal-Ouest a loyalement réparé le manque de respect dontila pu se rendre coupable à l’égard de la chambre, et je ne vois pas la nécessité de conserver cela dans nos archives.

M. Mercier, qui venait d'intervenir dans le débat,ne jugea pas à propos de voter sur une censure contre M. Stephens, qui avait insulté la Chimbre en essayant de faire croire que M. Senécal avait acheté les élections de plusieurs députés.

® Lui, M. Mercier, qui ne trouve pas d'expressions assez recherchées aujourd’hui, pour insulter M. Senécal, ne vou.

lait même pas alors voter contre lui.

Il est bien évident que. M. Mer-:

cier était bien disposé en faveur de M. Senécal, autant qu'en faveur du

gouvernement. Quel changement depuis !......

Voici les votes donnés sur la proposition Garneau :

Pour :—MM. Asselin, Bergevin, Blanchet, Brousseau, Carbray, Caron, Casavaut, Champagne, Chapleau, Charlebois, Désaulniers, Deschênes, Desjardins, Duckett, Duhamel, Dumoulin,Faucher de St.- Maurice, Flynu, Fortin, Frégeau, Gar-

La

Le]

neau, Gauthier, Houde, Lalonde, Lavallée, LeCavalier, Loranger, Lynch, Marcotte, Marion, Martel, Paquet, Paradis, Picard, Poulin, Poupore, Richard, Riopel, Robillard, Saint-Hilaire, Thornton, Trudel et Wurtele —43,.

Contre :—MM. Bernard, Demers, Ganon, Irvine, Joly, Laberge, Marchand et infret.—8.

Pas de M. Mercier! Où était il ?

Non, M. Mercier, qui fait aujourd’hui la guerre à ce sujet, était alors favorable à la vente. Sa tentative d’excuse ne veut rien dire, sinon que cet homme cherche à faire oublier ses inconséquences, en payant d’audace. Ses faux-fuyants peuvent réussir avec lui, ou les naïfs de son espèce, mais ça ne prendra pas avec les gens bien pensants.

Croira-t-on maintenant que M. Mercier est sincère quand il fait la lutte contre le gouvernement, sur la question du chemin de fer? Lui qui, pendant toute une session, a manqué ‘aux dictées de l'honneur et de la conscience ;” lui qui ment, quand il dit: “qw'il était à Montréal,” pendanc qu’il se trouvait à Québec, pour s'excuser de n'avoir pas voté en chambre. Non! M. Mercier est un fourbe qui se fourvoie en essayant de tromper le peuple. Il donne les derniers coups de pioche pour achever la fosse où ses inconséquences, ses gaucheries et son manque de sincérité vont le plonger bientôt, bien plus encore que le mépris de ceux qui apprennent à le connaître.

Il a

M.( la prov sent ce:

mier 1 Nord n tons qu une son affectée fique s’ réal, et re imm le chem

Ces gnent d tre cons sur TI et que | nière de

Dans Saince-!

M. Cha vente et du chen piastres importe son disc pris le} trahir e

qu'il n’a

rions CO!

Messie traiter d min du g

Notre D'après ner aux, $2,000,0( d'acres d moins u d'enviror les avon:

nous coùû quelle im province, retirés.

Anne, vo

M. Chapleau et la vente du chemin de fer du Nord

Il annonce dans son discours programme qu’il vendra le chemin à $#8S.,000.000—C°est ce qu'il a fait !!

M. Chapleau a trahi les intérêts de la province ! Tel est le cri que poussent certaines gens parce que l’ex’premier ministre a vendu le chemin du Nord moyennant $8,000,000. Admettons que le prix net est de $7,600,000, une somme de $%400,000 devant être affectée à certains travaux que le Pacifique s’est engagé à exécuter à Montréal, et que le gouvernement devait faire immédiatement s’il n’eût pas vendu le chemin.

Ces dénonciateurs oublient ou feignent d'oublier que l’ex-premier ministre consuita les électeurs de la province sur ce point, lors des élections de 1881, et que l'opinion publique adopta sa manière de voir à une immense majorité.

Dans son discours-programme à Sainte-Thérèse, le 3 novembre 1881, M. Chapleau traita la question de la vente et il déclara qu’il se dessaisirait du chemin moyennant huit millions de piastres, s’il pouvait trouver ce prix. Il importe de lire le passage suivant de son discours pour montrer qu’il n’a pas pris le public par surprise, qu’il n’a pu trahir en aucune façon nos intérêts, et

qu’il n’a fait que remplir les déclararions contenues dans ce discours :

Messieurs, j'ai encore une question à traiter devant vous, c’est celle du. chemin du gouvernement.

Notre chemin nous coûte $13,000,000.

D’après le plan primitif,nous devions donner aux compagnies qui le construiraient $2,000,000 en argent, et près de 3,000,000 d'acres de terre valant certainement au moins une piastre l’acre, soit un total d'environ 5,000.000 piastres. Nous ne les avons pas données, mais le chemin nous coûte $!13,000,000. Vous savez de quelle imménse utilité ce chemin est à la province, et quels bénéfices vous en avez retirés. Vous, cultivateurs de Sainte- Anne, vous, de Sainte-Thérèse, vous, de

Saint-Jérôme, vous, de Terrebonne, vous, de Saint-Janvier, vous, de toutes les parties du comté, vous savez jusqu'à quel point ce chemin vous a profité.

Bien administré par le gouvernement, ce chemin peut rapporter environ $300,000 de bénéfice par année, ce qu'il fera certainement cette année, grâce à une sévérité dans l’administration du chemin qui nous a valu bien des reproches de la part de nos amis ; car, par cela même que le chemin appartient au gouvernement, tout le monde en voudrait profiter. Chacun se croit en droit de demander es faveurs.

C’est le chemin de tout le monde, se diton. On part de ce principe pour s’imposer aux administrateurs, qui, très souvent, sont dans une position à ne pouvoir refuser.

Aujourd’hui il se présente une occasion de vendre notre chemin. C’est une belle propriété destinée à servir de dernier chaïinon entre les différentes lignes de chemins de fer qui doivent relier l'Atlantique au Pacifique. A quel prix devons-nous vendre cette propriété ? Je crois que 8 millions de dollars n’est pas un prix exagéré. Nous n’aurions alors donné que les 5 millions que nous devions sacrifier en premior lieu.

000006 20000000. 00000000 000 00000: censure 0000

Messieurs, pour qu'il n’y ait pas de doute, pour qe vous sachiez ce que nous entendons faire, je dois vous dire que nous avons des offres aujourd’hui pour notre chemin de fer, mais je vous dirai aussi

ue nous ne le vendrons jamais moins de $8,000,000. En déduisant ce montant des $13,000,000 qu'il nous a coûté, il reste une différence de $5,000,000, montant que nous devions donner d’abord, comme je l'ai ditily a un instant, Les montants que nous devrons retirer des muni :ipalités seront aussi portés à notre crédit, en àcompte sur Ce que nous aurons payé. -

Montréal a déjà payé $700,000, et la ville de Québec et les autres municipalités devront suivre ce bel exemple.

Je n’hésiterais pas à dire que la compagnie du chemin de fer du Pacifique devrait acheter notre chemin ; mais c’est une compagnie privée, qui ne nous demande

DE Se RP A à

pas de voir à ses intérêts, et elle n’est pas obligée d'acquérir notre chemin de fer.

Mais nous espérons qu’elle prendra en considération le but pour lequel. ce chemin a été construit. De plus, le gouvernement fédéral devra travailler avec nous et nous aider à faire accepter par la compagaie du Pacifique nos conditions, qui sont rAISOnna Die... liéenécsernesessscese

Si la compagnie du Pacifique refusait d'acheter notre chemin de fer, nous aurions d’autres compagnies qui le feraient, et aux conditions que nous voulons — c'est-à-dire au rix de $8,000,000. Je me suis imposé beaucoup de travaux dans ce but. J'ai vu cequ'il y avait à voir; j'ai connu des capitalistes avec qui jeme suis mis en relations, et au moment propice, je saurai bien les trouver pour conclure des négociations dans l'intérêt de notre province.

Nous le demandons à tout homme impartial, M. Chapleau n’a-t-il pas rempli àla lettre l'engagement qu'il prit alors vis-à-vis des électeurs ?

Personne ne peut plaider ignorance, car ce discours fut publié par la Mi nerve et toute la presse conservatrice.

M. Chapleau fit son possible pour

vendre tout le chemin au Pacifique.

Mais il ne réussit à lui vendre que la section ouest, le Pacifique n'offrant que six millions et demi pour coute la ligne.

C’est sur le refus du Pacifique seulement de donner le prix demandé que le gouvernement vendit la section Est— moyennant quatre millions de piastres —au syndicat formé par M. Senécal.

Qui peut nier ce fait ?

M. Beaubienu et ses amis connaissaient donc les intentions du premier ministre, —telles que révélées par son discours du 3 novembre 1881. S'ils étaient opposés à la vente quand même, comment se fait-il que M. Beaubien parcourut plusieurs comtés, mettant son éloquence et son énergie à exposer et défendre le programme ministériel ?

Voilà plus qu’il ne faut pour montrer sous son vrai jour la position prise par M. Chapleau sur cette importante question, et établir, qu’il n’a aucunement démérité de ses concitoyens. Nous voudrions pouvoir en dire autant de ses dénonciateurs.

M. Beaubien et le chemin du Nord

Lé

Il se prononce en faveur de Senfeal 111

M. Beaubien a voté en faveur de la partie ne lui inspiraient pas une con”

vente de la section ouest du chemin du Nord au Pacifique. Le gouvernement avait fait, selon lui, une excellente transaction, et pour la province, et pour Montréal en particulier. Un bou point pour le gouvernement, de l'aveu même de M. Beaubien.

Quant àla section Est, M. Beaubien voulait qu'on temporisât et qu'on initât le célèbre exemple du Fabius romain, Il demanda même que ce M.

Sénécal, qu'il dénonce aujourd'hui, continuât d'administrer le cenemin. C'est à n’y pas croire. Voici ses propres pa-

roles telles que consignées dans les D!

bats de M. Desjardins pour 1882 (page 763) :

Je ne vote pas non confiance dans le |

gouvernement, mais je lui dis simplement

de garder la voie ferrée. Mon vote signi-| tie donc que J'ai dela confiance dans le!

gouvernement, puisque je veux qu'il reste propriétaire de notre chemin. Je dis au gouvernement: gardez M. Sénécal, c'est un homme d'un graïd esprit d'initiative, et continuez d’administrer la voie ferrée.

Après un pareil témoignage de con-| fiance, comment se fait-il que M. Séné-|

cal soit devenu l'homme méprisable que

l'on dit? Le public a le droit d'avoir

uue réponse.

On se souvient que l’une des grandes | { 8

objections de M. Beaubien au syndicat Sénécal=—il n'en avait aucune contre le syndicat Allan-Rivard formé par ses

soins—était que ceux qui en formaient |

| fiance suffisante quant aux garantizs de | paiement,

Voici encore les propres paroles de M. Beaubien, qu'il est bon de relever aujourd’hui :

Comment, nous ecédons une propriété qui vaut des millions, et nous n’exigerions | pas plus de garanties que celles qui ont |eété communiquées jusqu'ici au public!

| Nous avons aftaire à une compagnie où | pas un individu ne peut nous offrir une | warantie raisonnable, et nous irions ainsi, de gaieté de cœur, nous départir de notre proj riété, vendre à un prix si modique !

On fera sonner bien haut le nom de certains capitalistes afin de séduire lPopinion publique, mais on ne doit pas s’arrêter aux dires Vofficieux qui ont intérêt à cacher le fond des choses. On a déjà vu des compagnies en banqueroute composées de millionnaires. M. Ross lui-même, dont on ne fait que parler dans les cercles ministériels, s’est fait prendre déjà dans de telles compagnies. {limporte donc que nous ayons une liste d'actionnaires dont la responsabilité soit une garantie pour les intérêts de la province ; des actionnaires qui pourront payer el qui, de fait, paieront quand le lemps en sera venu.

M. Beaubien n'avait aucune confiance dans le syndicat. Il craignait qu'il ne pût payer le prix de la vente, ce qui eût causé une perte irréparable à la | province, II lui fallait des capitalistes qui pussent délier leur bourse quand le temps serait venu |

Le député d'Hochelaga devrait donc maintenant se réjouir de voir que ses alarmes n’ont plus leur raison d’être,

it

Le Grand-Tronc étant devenu solidaire des obligations de la compagnie du chemin de la rive Nord, il est bien certain que la province retirera le produit de la vente, jusqu'au dernier sou.

Et M. Beaubien n’est pas encore satisfait. Le serait-il s’il était admis au

partage des bénéfices que le syndicat Sénecal doit réaliser de sa vente au Grand-Tronc ? Il est vrai qu'il faudrait attendre que les débentures fussent népociées, ce qui n’est pas encore fait,

yndicat nte au il faures fusencore

M. Mercier et Jacques-Cartier

es

El conteste MI. Moussenu après lavoir appuyé, puis règle pour #35.000 1! — L’'honnête homme !!!

A l'élection de l’année dernière, M,

| dans, ce but—il avait réuni de ses amis

Mercier donna son appui à la candida- à Montréal et il put croire un moment ture de l’honorable M. Mousseau dans qu'il avait dompté toutes les résistances

le comté de J acques-Cartier. Il permit à ses amis, notamment à M. Phaneuf,

et qu’il allait réaliser l’objet de ses ré- | ves, entrer au ministère, redevenir con-

agent général du Temps, de travailler | servateur par la force des choses.

pour lui. Bien plus, M. Laflamme couseilla aux libéraux de voter pour M.

Mousseau comme étant, disait-il, infiniment supérieur à M. Descarrics.

Nous admettons que ce dernier se!

jter. Ce fut un coup terrible pour M.

Il avait pleine confiance | Mercier, qui avait remué ciel et terre

présentait alors comme conservateur ministériel, en M. Mousseau—confiance qui n’exis-

te plus depuis que le premier ministre |

l’a battu à plate couture. On pent jupar lefait qu'il avait solennellement promis de ne pas être candidat si M.

Mousseau briguait les suffrages des électeurs : promesse qu’il a brisée cynique-

ment. L’ambition l'emporte sur l’hon-

neur chez certaines petites gens : on en a la preuve en cette circonstance.

Quoiqu'il en soit, M. Mercier ne fit pas d’opposition à M. Mousseau, et plusieurs de ses amis, sachant que la chose lui était agréable, travaillèrent pour le succès de sa candidature, La transaction du chemin de fer du Nord était alors un fait accompli, le parti conser-

vateur en portait donc la pleine respon-| Cela r'empêcha pas MM.

sabilité.

Mercier et Laflamme de donner leurs!

sympathies à M. Mousseau.

bien se tut également. Chut!

Pourquoi MM. Mercier et Beaubien firent-ils pat. de velours en cette cir-| constance ? C'est que tous deux espé-| raiert entrer au ministère, M. Mercier

M. Beau-

cours tacite.

| Histoire de revenir aux premières amours |

Les propositions d'alliance avec M.

Mercier furent soumises à l’honorable M. Mousseuu, qui refusa de les accep-

pour se rapprocher des conservateurs.

Perrette laissant tomber son lait ne fut pas plus cruellement désenchantée lors-

| alle . Q A :

ger de la bonne foi de M. Descarries 4" elle vit s'effacer son fameux rêve :

‘ Adieu veau, vache, cochon, couvée.”

C’est de ce jour que date la colère de M. Mercier contre M. Mousseau.

Jusque-là il le ménageait, le comblait d'égards, lui faisait même visite en pleine nuit pour ne pas évèiller les soupcons et traiter de son cher projet de coalition. Mais voir son concours tacite dans Jacques-Cartier aussi mal récompensé, ses avances si énergiquement refusées, c'était plus que ne pouvait endurer M. Mercier. Il jura ses grands dieux qu’il se vengerait et c’est à satisfaire sa vengeance et son ambition froissée qu'il n’a cessé de travailler depuis.

Quel était le meilleur moyen à prendre ? Contester l'élection même de M.

Mousseau qui s'était faite avec son con- M. Mercier est fort sur l'article : c’est ainsi qu’il agit mainte-

nant en vertu d’un engagement tacite

lavec les Castors. N’allons pas dire arrangement tacite—c: qui ne fait guère

par la porte de la coalition. En effet, pourtant de différence—car cela pour- M. Mercier uégociait à cette époque rait agacer les nerfs de M, Trudel.

M. Mercier n’hésita pas. Il se saigna après avoir, bien entendu, saigné les autres, Il fit le dépot de $1,000 de ses propres deniers. Il emprunta le nom d’un nommé Bélanger comme pétitionnaire, et se langa à toutes voiles dans la contestation.

Ce n’est pas la première fois que M.

Mercier se fait entrepreneur de contestâtions d'élections en se cachant derrière des hommes de paille. Esprit positif — virtus post nummos—il s'arrange toujours de façon à tirer d'excellentes carottes. Ah ! si M. Cuthbert avait voulu se laisser carotter au montant de $1,000 dans la dernière contestation de Berthier ! Homme peu accommodant que ce M. Cuthbert !

L'élection de Jacques-Cartier fut done contestée par M. Mercier, qui se

servit comme paravent de ce M. Bélanger. M. Mercier avait promis de pousser la contestation jusqu’au bout, de ne point faire de quartier, de déqua-| lifier même M. Mousseau. Mais il lui vint un bon jour une idée lumineuse qui l’arrêta court. Iltint une réunion de ses amis sous le préte:te de les consulter, et cette réunion eut le résultat connu. Voici ce qui se passa, d’après le Star du 5 mai 1883, que l’on n'a jamais contredit :

I] y a eu hier soir une assemblée de libéraux à la résidence de M. Mercier, pour considérer la situation et s’entendre avec le chef de l’opposition sur ce qu’il y a de!

mieux à faire, |

Parmi les personnes présentes, on rebo Phonorable M. Laflamme, l’honorable M. Mercier, M. G. W. Stephens, MPP., Jas McShane, jr, MPP., Snap Doutre, C.R., C. A. Geoffrion, C. R., l’échevin Beausoieil, C. F. Bouthiller, L. O.

David et autres.

résolu que, vu l'incertitude de la cause pour ce qui concerne la déqualification, il valait mieux accepter la démission de M.

Mousseau et présenter contre lui un homme fort. à cett assemblée, M. Mercier a déclaré qu’il était disposé à insister sur la déqualification de M. Mousseau «i ses amis voulaient le mettre à l’abri des pertes, vu qu’il élail personnellement responsable des dépenses de l'élection à l'égard du pétitionnaire.

Les messieurs présents, cependant, ne semblant pas répondre à cet appel, il a été décidé de discontinuer la cause.

n dit également qu’à cette

C’est entendu, M. Mercier était alors

disposé à abandonner sa poursuite de déqualification. Il brûlait même du désir de traiter généreusement son ennemi, Seulement il voulait que ses |amis endossassent sa responsabilité. Et

pour leur forçer la main, il leur apprit

que c'était lui qui était responsable des

frais de la poursuite et qu'ils auraient à les couvrir, s'ils ne voulaient pas accepter de compromis. Cela est dit en termes formels dans le Star, que M. Mer-

|cier a pris plus d’une fois en sa con-

fiance.

Un‘bon matin, les avocats du défendeur ayant admis qu’il y avait preuve de dépense illégale d'argent par des agents, M. Mercier déclara le lendemain qu'il allait s'en tenir à l'annulation de

| l'élection et qu'il renonçait à la demande

de déqualification. Quelle était la cause de ce changement de front ? Un petit oiseau avait en passant laissé tomber, par mégarde, 85,000 dans l’escarcelle du chef de l'opposition.

.. C'est depuis ce jour que M. Mercier se mit en frais de fonder \ le parti des honnêtes gens. On voit que Jean-Baptiste a bien tort de ne pas lui confier les clés du trésor provincial. Il en ferait

Après une longue discussion, il a été

si bon usage !

cense de 18 Ce $889, été b:

elle n 1871, Soit 863,9 menta amélic F5 qui # tat de rait ç une p à, il s de sa forte on refuse aurait sont pi ses, il M, Be Cett à M. E ritait, suivan norabla

indigné

Il me citte CI

TS de du »nses Et rit des it à ep- Ler- [er- °On-

fenuve des ain de nde ause betit par du

cier des Bapbr les rait

LES BETTERS, TERMS

Page 1