M. MASSON DENONCE M. BELLEROSE
On sait qu'à la dernière session de Québec, la législature passa des résolutions pour demander au gouvernement fédéral de réajuster le paiement du subside de 80 cents par chaque tête de
bonne partie de ce que vient de dire l'honorable sénateur de Lanaudière (M. Bellerose) aurait dû étre passé sous silence Pour ma part, js dois protester contre la manière dont il est venu, devant ce parlement, qui n'a rien à voir à nos affaires
la population, de façon que ce subside | locales, {ernir 14 bonne renommée de notre soit basé dorénavant sur le dernier re-|?P/00/ce.
censement, et non sur le recensement de 1861.
Cette subvention nous rapporte $889,252.80 par an, mais si elle eût été basée sur le recensement décennal, elle nous aurait donné $953,212.80 en 1871,et $1,087,221.60 depuis 1881.
Soit une augmentation en 1871 de 863,960, et de $197,668 80 depuis 1881. C'est-à-dire que pareille augmentation contribuerait puissamment à améliorer l’état de nos affaires.
Comme M. Bellerose est un de ceux qui s’apitoient le plus vivement sur l’état des finances provinciales, on pourrait croire qu’il a accueilli avec plaisir | une pareille proposition. Mais loin de là, il s’est fait au sénat le dénonciateur de sa province, de ses ministres, et il a fortement conseillé au gouvernement de refuser cette proposition, tant qu’il y aurait à Québec des ministres qui ne sont pas de son goût. Entre parenthèses, il n’est pas facile d’être du goût de M, Bellerose, |
Cette attitude anti-patriotique a välu à M. Bellerose les rebuffades qu'il méritait. On en jugera par le passage.
suivant du discours prononcé par l’honorable M. Masson, qui a été justement indigné d’un pareil langage :
Il me semble que la grande majorité de | citte Chambre admettra avec moi qu’une
Ncus pouvons faire nos propres affaires dans notre législature, Nous avons n08 querelles, nous avons nos difficultés, nous avons nos défauts, mais, Dieu merci, nous sommes encore capables de règler tout cela en famille. Nous avons une législature responsable au peuple comme ce parlement, et plus que cette chambre n’est responsable , et je crois que le tribunal compélent devant lequel ces choses doivent être discutées est la législature provinciale, ou bien le peuple lui-même dans ses collèges électoraux.
Je proteste contre cette manière de traduire notre province devant ce parlement et je proteste aussi contre cette manière de faire le procès de nos hommes publics devant eette Chambre, où ils n’ont aucun moyen de se défendre, |
Je ne veux pas dire que j'approuve toute sa conduite politique (l'infaillibilité 1 pas de notre domaine), mais je dis ceci, qu'il y a peu d'hommes en ce pays qui aient fait autant d'honneur à n tre province que M. Chapieau, Je regrette les accusations portées contre un homme qui n’est plus dans l’arène politique comme Y sont les ministres de la couronne, et je re.
grette aussi qu'on se soit attaqué à un homme qui a présidé pendant les cin dernières années aux délibérations de la Chambre des Communes.
Si je croyais l'honorable sénateur je regarderais l'honorable M. Blanchet comme indigne de la confiance de ses compatriotes et de ceux qui l’ont eu pour prési dent à la Chambre des Communes. J'ai eu l'honneur d'occuper un siège aux Communes, et je dois dire que j'ai toujours été fier d’avoir ce monsieur comme Orateur et je puis donner à l'honorable sénurate
une preuve que la maj rité des députés de ma province aux Communes sont de mon opinion.
La situation de la province de Québec a été exposée d’une manière très injuste.
Elle ne vient pas iei en mendiante, demander une augmeritation de subsides,.
afin de ponvoir continuer à administrer ses affaires ; elle vient ici en vertu des hauts principes et des larges bases établis par les conservateurs lors de la Confédération, principes que j'ai moi-même défendus à la Chambre des Communes.
Je disais à cette époque que l’Acte de la Confédération distribuait mal les sources derevenus, Ces sources étaient toutes réservées au gouvernement fédéral, au détriment des gouvernements provinciaux, Chaque colon amené dans ce pays augmente de deux ou trois piastres les revenus du gouvernement fédéral ; le gouvernement provincial n'en est pas jaloux, il en est très heureux ; mais quel
en est pour lui la conséquencæ ? Tandis que chaque nouveau colon augmente ainsi les charges du gouvernement provincia,, la province est obligée de prendre soin des pauvres, elle doit leur donner l'éducation et leur administrer la justice, Et n'avais-je pas raison de dire à la Chambre des Communes, (lorsque le Nouveau- Brunswick est venu nous demander une augmentation de sucsides) que, grâce au système établi, il serait nécessaire de modifier, périodiquement les relations entre le gouvernement fédéral et les gouvernements locaux ? Voilà ce que je disais alors, et je le répète aujourd'hui. Aux Etats- Unis, les législatures d’état se soutiennent avec leurs propres ressources ; ces Etats, qui ont délégué le pouvoir au gouvernement fédéral de leur pays, se sont réservé le droit de taxer les chemins de fer, les banqnes et autres institutions commerciales, pour des fins de revenu.
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