‹ Les Contes de M. Mercier [microforme]Chapitre 8 sur 45 · LES DERNIERS EMPRUNTS · texte numérisé non relu

LES DERNIERS EMPRUNTS

les | . .

fer, Dans le royaume des aveugles les | faire ce travail, nous allons l’entrepren-

)mmer-

borgnes sont rois. On s'explique ainsi que le Temps en soit arrivé à donner le ton à la presse rouge. C’est lui qui lui taille la besogne, qui expose les vrais

rincipes libéraux—au grand dépit de a Patrie, qui traite les grandes questions de chemins de fer ou de finanes, etc.

Et la presse rouge, ignare comme elle l’est, gobe tout cela, reproduit le Temps avec empressement, sans se donner la peine de se demander ce que tout ce salmigondis peut bien valoir.

On aurait pu croire que les premiers chapitres des Contes de M. Mercier auraicnt suffi à la mettre sur ses gardes en lui indiquant à quels faux procédés

-a reours le chef libéral pour combattre la politique conservatrice. Mais cette leçon ne paraît pas l'avoir guérie de cet engouement d'accepter comme vrai tout ce qui sort de cètte fabrique d’ar-

. ticles frelatés.

À son tour, l'Electeur vient de prendre place parmi la gent moutonnière.

Un article sur les emprunts provinciaux ayant paru dans le Temps, il y a quelques jours, l’organe québecquois le reproduit complaisamment en s’exclamant: Ce doit être vrai puisque la presse conservatrice ne l’a pas relevé | Et pourquoi le confrère, n’at-il pas pris la peine de se renseigner ? Pareil effort serait-il au-dessus de ses forces, de son intelligence, ou de sa bonne foi ?

Puisque l'Ælecteur est incapable de

dre pour lui. Le nombre des dupes sera peut-être diminué d'autant.

A la session de 1882, l'honorable M.

Wurtele fut autorisé à prélever un emprunt de $3,000,000 dans le but de consolider la dette flottante, etc. Sur cet emprunt, il fut fait dans le cours de l'année une émission de $1,500,000, à cinq pour cent d'intérêt, sur le marché canadien. Une partie seulement en fut payée.

Nous allons reproduire les clauses mêmes citées par le Temps et pourvoyant à l'émission de cet emprunt :

3, Ces obligations ou débentures seront émises pour des montants de $500 chacune, et porteront intérêt à compter de leur émission, au taux de 5 pour cent, payable semi-annuellement le ler janvier et le er juillet de chaque année.

4, Ces obligations porteront trutes la date du ler juillet 1882, et après l'expiration de trente années de cette date, seront rachetables en tout temps, à l'option du gouvernement.

A la session de 1883, M. Wurtele proposa de porter le chiffre de cet emprunt à $3,500,000—s0it une augmentation de $500,000—vu ‘l’augmentation de la dette flottante et le temps rapproché "dans lequel elle devra se solder.’ Cet émprunt additionnel fut aussi autorisé par la législature.

Citons encore de l'acte de 1883 les clauses même invoquées par le Temps :

Les obligations ou débentures pour le montant reslant à emprunter, en aucun

temps, sur l'emprunt ci-haut mentionné et

our le montant additionnel autorisé par e présent acte, pourront, nonobstant les dispositions de la section trois du statut ci-haut mentionné, être émises en cours sterling pour des sommes de cent livres chacune, et pourront être enregistrées à n'importe quel endroit dans le Royaume- Uni.

4, Nonobstant les dispositions de la section trois du statut ci-haut mentionné, ces obligations ou débentures pourront porter intérét au taux de qualre pour cent par année, et elles pourront être émises pour tel montant nominalement additionnel et proportionnel qui sera requis de temps à autre.

Comme il a été annoncé que le gouvernement avait conclu avec la Banque de Montréal, au mois de mai dernier, un emp ant de $2,500,000 au pair eta cinq pour cent d'intérêt, le Temps se demande si l’on n'a pas ainsi dépassé le montant voté par la législature. On pourrait le croire de prime abord, mais le gouvernement n’a aucunement excédé ses pouvoirs.

Sur la première émission de $1,500,- 000 en piastres, il a été retranché quelques cent mille piastres qui ont été ajoutés à l'émission en sterling, de façon à produire l'emprunt autorisé de $3,500,- 000. Le Temps, étant d'avis que toute cette opération est illégale, la commente en ces-termes :

L'acte de 1883, dit que la portion non souscrile de l'emprunt sera émise en sterling ; ainsi les obligations en piastres ne

euvent être remises qu'aux souscripteurs à l'emprunt en piastres et non à d’autres, Le trésorier ne pouvait donc pas Les libérer de leur soumission.

La somme payée par la banque de Montréal ou l'emprunt offert sur le marché de Londres ne peut donc pas dépasser $2,000,000 ou £400,000.

L'acte de 1883 dit que les obligations au débentures porteront intérêt au taux de quatre pour cent par année et seront émises en cours sterling pr ‘ur des sommes de cent livres chacune. mment alors l'emprunt est-il offert { .nq pour cent d'intérêt sur le marché anglais ? En vain, le trésorier viendrait prétendie qu'il a emprunté des piastres de la banque de Montréal, que dans cette opération, il n'était pas limité à l'intérêt réduit de quatre pour cent et que l'emprunt à Londres n'étant que la conséquence légitime de Ja première opération, rentrait-elle dans

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