‹ Les contes du rouetChapitre 32 sur 35 · LES LARMES SUR L'ÉPÉE · texte numérisé non relu

LES LARMES SUR L'ÉPÉE

>Sne fois que le preux Roland revenait ' de combattre les Morlsques, il ens tendit conter par un pâtre, — tandis qu'il laissait souffler son cheval dans une gorge pyrénéenne, — que non loin de là un enchanteur se rendait odieux à tout le pays par sa tyrannie et par sa cruauté. A ce récit, le cheval dressa l'oreille en secouant sa crinière, prêt à prendre le galop, car il n'ignorait pas que son maître, d'ordinaire, mettait peu

d'intervalle entre le moment où on lui révélait de tels forfaits et celui où il châtiait les coupables. Mais le justicier, patient ce jour-là, interrogea longuement le berger de la montagne. Il apprit de fort étranges choses. Le mauvais magicien, qui habitait dans un château près de la mer, ne se bornait pas à dépouiller les voyageurs, à dévaster les campagnes, à incendier les villages, à meurtrir les vieillards et à forcer les filles; il triomphait de tous les nobles hommes qui venaient le défier dans l'intention de mettre un terme à tant de barbaries; il avait fait mordre la poussière aux plus valeureux; même par la fuite on ne se dérobait point au trépas. Devant le donjon, que battait d'un côté la fiirieuse mer^ il y avait des tas énormes d'os rongés par les bêtes, blanchis par la pluie ; et toujours une bande de corbeaux, flottant et se déroulant sous le ciel, mettait au sommet de la tour une bannière noire. Le bon Roland ne put s'empêcher de rire ! le moyen de croire qu'un méchant sorcier avait vaincu des paladins bardés de fer, l'épée ou la lance au poing I Le coateur ne sa-

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