‹ Les contes indiens et l'occidentChapitre 38 sur 92 · CO.^TES DU TYPE NON AFFAIBLI · texte numérisé non relu

CO.^TES DU TYPE NON AFFAIBLI

DE (( l'Époux mvstéhieux et l'enveloppe animale »

Formes apparentées à celle du « svayamvara »

In cniilf arabe d'Egypte (Artin Pacha, u" f)) peut, pour sa premièic |)arlie, se résumer ainsi :

(i) Paul Sébillot, op. cit., 3' série, n" '.», p. 1)7. -- Coïncidence curieuse, le volume (le M. Si^MUol et celui de MM. Leslcien et Brugman ont été publiés la même année (1882).

rn sulliin h trois (illcs. Lorsqu'c^llos soiil en àf^c de se iiKuici, k^ siilliui, apivs avoir coiisulU'' lo vizir, fait annoncer (lu'il a riiilcnlion de niaiier ses filles et que, lel joiu-. tous les jeunes {,'eiis du pays devront dé(il(M- sous les fenêtres du sérail. La i)rincesse aînée jette son mouchoir (i\ qui tombe sur un beau prince, lequel devient son mari; le mouchoir de la seconde tombe sur la tète d'un émir. Quant au moxichoir de la plus jcime, il va s'accrocher aux cornes d'un l,o\ic. ((ui passe au milieu de la foide. Deux autres fois encore, il en est de niruic

Le sultan veid s'o])poser à un pareil mariaj,a'; mais la jeune piincesse, dit obstinément qu'elle épousera le bouc, que telle est sa destinée, H le sultan finit i)ar donner son consentement. Les trois mariajjes ont donc lieu à la fois. Le soir même, le bouc, se secouant, jette sa peau par terre, et aussitôt aiiparaît le plus beau jeune homme qu'on puisse voir. Il dit à la i)rincesse (|u'il est un puissant émir, enchanté par des sorciers. Si la princesse le veut, ils ne seront jamais séparés l'un de l'antre : pour cela, il faxil que jamais elle ne parle de l'enchantement.

Bientôt une guerre éclate, ce qui est un souvenir des contes précédents ; mais le conte égyptien ne montre pas l'émir-bouc remportant la victoire ; on le voit simplement, après cette victoire, prendre part à des réjouissances, sous sa forme humaine. Quand, en même temps que ses deux beaux-frères, il passe, inconnu de tous, sous les fenêtres du palais, sa femme fait ce que font les deux autres princesses avec Leurs liiaris : elle jette, elle aussi, des fleurs au sien, qu'elle reconnaît. Grand scandale aux yeux de ses sœurs, qui la dénoncent au sultan. Celui-ci entre dans une telle fureur, que la jeune princesse, pour se disculper, révèle le secret (2). Le soir, l'époux mystérieux a disparu. La princesse le retrouvera, après des aventures que nous n'avons pas à raconter ici.

Ce conte arabe d'Egypte nous apporte enfin ce qui ne s'était offert à nous dans aucun des contes précédents : un pendant masculin complet aux contes à forme féminine que nous avons rangés sous la rubrique L'Epouse-jée et VEnveloppe animale. Non seulement, de part et d'autre, le hasard (et non le c/iOî:r) dirige l'objet qui ira désigner, ici celui qui sera le mari de la princesse, là celle

(1) Le mour/ioi)- jeté s'est déjà rencontré dans le conte sicilien cité, il y a un instant, et dans un conte napolitain et un conte abruzzien, indiqués plus liant.

(2) Ce petit épisode, que l'on pourrait croire la propriété exclusive du conte arabe d'Egypte, se retrouve, pour l'essentiel, dans un conte sicilien (Pitre, n° 06. p. 33) : Un 'jour, la princesse demande à son époux-serpént de se faire von- en liomme, ne" serait-ce qu'une seule fois. « Demain, lui dit le serpent, mets-toi à la fenêtre ; tu verras passer un cavalier qui te saluera du chapeau: ce sera ton mari. Mais n'en souffle mot ; autrement je serai perdu pour toi. » La princesse se met donc à la fenêtre ; en voyant le cavalier lever son chapeau, elle lui rend le salut et lui sourit. Indignation de la reine, mère du serpent, laquelle était, elle aussi, à la fenêtre, et révélation du secret par la jeune femme, qui veut se justifier.

qui sera la l'eminc du prince : mais, de part et d'autre, l'époux ou l'épouse est un être vraiment mystérieux, caché sous une enveloppe animale. Le conte égyptien, il est vrai, présente une lacune : il y manque le hrûlement de l'enveloppe, lequel, dans la forme féminine, cause la disparition de l'épouse-fée ; et certainement ce trait €st le trait primitif, et non pas la révélation du secr.et.

Autres formes du type pur

Ce brùlement de l'enveloppe animale figure dans d'autres formes masculines du thème, dans lesquelles manque toute idée, tout vestige du svayamvara hindou, et aussi du tournoi, de l'ascension de la montagne de verre ou du saut vers le jaîte.

Sur ces diverses formes, Les remarques du n° 63 de nos Contes de Lorraine, Le Loup Blanc, donnent d'assez abondants renseignements, auxquels on ajoutera ceux d'un travail de Reinhold Koehler {Kleinere Schriften, I, p. 3i5 et suiv.). Comme spécimens, nous résumerons deux contes, qui ont pénétré jadis dans la littérature italienne. Fixés par écrit, il y a plus de trois siècles, ces deux contes, chose intéressante, se rattachent respectivement aux deux sousthèmes examinés ci-dessus sous leur forme féminine : brùlement de l'enveloppe animale avec conséquences funestes ; brùlement avec conséquences heureuses.

Le premier de ces deux sous-thèmes apparaît dans le conte a° i5 du Pentamerone de Basile, déjà tant de fois cité (commencement du x\if siècle) :

Une paysanne, très malheureuse d'être «ans enfant, voit un jour un beau petit serpent. « Hélas ! s'écrie-t-elle, les serpents eux-mêmes ont des enfants, et moi je ne puis en avoir ! » Le serpent lui dit : « Eh bien ! prends-moi pour enfant. » La paysanne et son mari l'adoptent (i). — Devenu grand le serpent dit à son père adoptif d'aller demander en

ri) Un conte sicilien ((îonzenbach, n" 13) a bien conservé la forme primilive de cette introduction, altérée dans Basile : IJne reine sans enfant voit un serpent entouré de ses petits. « 0 Dieu 1 s'écrie-l-elle, combien de petits avez-vous donnés à ce venimeux animal ! l'it à moi vous ne donnez pas un seul enfant I Ah ! si j'avais un fils, fût-ce un serpent! » La reine devient enceinte et met au monde un serpent. — Une même réflexion est faite, dans de semblables circonstances, par un roi (ou un padishali) dans un conte arménien (J. Mourier, Contes du Caucase, p. 83) et dans un conte turc de Gonstantinople (Kunos, n" 29) ; ce qui rattaclic ce trait au folklore oriental.

m,iriiij,M' pour lui la lillc du loi. Le roi, (jui ^('ul se drljimii^sci' du Iionhonimo. afxréo la dcniaudc. mais en jx)saiit, par trois lois, des condilious qui paraiss-cnl impossibles à réaliser (par exemple, de Irausl'ormer en oiions les fruits du jardin royal). Tout est exécuté, cl le roi se Irouvc pris an pi^^e. La princesse se résijijne .^ son sort. — (Miaud le serix'ut est seul avec elle, il se dépouille de sa peau de ser|)cid cl d('^il'lll un beau jeune homme. Le roi, qui a regardé par le Irou de la serrure, a icniarqué, en même lem])s (pie la beanté de son pendre, la peau de serpent ■fisant j)ar lerii'; il l'oree la porle.el ;entrant dans la chambre avec la rein(>, il saisit la peau cl la jcllc au feu. « Voilà nn beau tour que vous me jouez ! » crie le jeune homme, et aussitôt il se chaufre en colombe (>l s'envole. La princesse se met à sa recheiche et finit pai- se réunii- à lui pour loujouTS (i).

Ce roule, recueilli dans le pays napolitain, par Basile, — à moins qu'il n'v ait été apporté par lui d"Orienl {:>.), — offre une très grande ressemblance avec nn conte indien, faisant partie du Hatc sanscrit la Sinhâsana-dvâlrinçikâ (les « Trente-deux [Récits] du Trône »), ainsi que l'on peut s'en convaincre en le comparant à ce conte indien, dont nous avons donné l'analyse dans les remarques du n° 6'6 de nos Contes populaires de Lorraine (II, pp. 228-229).

Une différence, c'est que, dans le conte indien, la peau qui recouvre l'époux mystérieux, n'est pas une peau de serpent, mais une peau d'âne. De plus, le conte finit tragiquement, et la jeune femme perd pour toujours son mari, le gandharva (sorte de génie), qui retourne cliez le dieu Indra. (On se rappelle que, dans des formes féminines indiennes, après le bmlement de sa peau de guenon, la pari s'envole vers le « Pays des parîs » et la cour de ce même dieu Indra ; mais son mari peut aller l'y rejoindre).

Nous noterons que, dans le Pentamerone, la dernière partie du conte (les aventures de la jeune femme à la recherche de son mari), doit encore être rapprochée d'un conte indien {'^).

L'autre conte italien, inséré dans les PiacevoU Notti de Strapurola (II, i) vers le milieu du xvf siècle, donne le second sous-thème :

(1) Dans un conte serbe (Voulc n° 10), où lepoux-serpent est le fils d'une impératrice, cette dernière, ayant obtenu de sa bru la révélation du secret, s'entend avec la jeune femme pour brûler la peau du serpent. Et le serpent disparait.

(2) Au sujet de Basile et des contes turcs qu'il aurait entendu raconter en Crète, nous ne croyons pas pouvoir être aussi aftirraatt que feu M. Victor Chauvin. (Voir notre étude Les Monrjols etc. Revue des Traditions populaires, septembre 1912, p. 403 ; — 48 W du tiré à part).

(3) En s'envolant sous forme de colombe, l'époux-serpent du Pentamerone se blesse aux éclats d'une vitre qu'il brise, et ce trait rattacbe notre thème a un autre tlième. également indien, dans lequel la jeune femme non seulement retrouve son mari disparu, mais réussit à le guérir de blessures causées par des fragments de verre. (Voir encore les remarques de notre n" 63, II, pp. 222-223).

Une reine n'a pas d'enfant. Trois fées lui promettent en songe un fils; mais ce fils naîtra avec ime peau de porc (ij, et il ne sera délivré que quand il aura épousé trois femmes (sic). Devenu grand, le prince-porc veut se marier. La reine décide une femme pauvre à lui donner l'aînée de ses trois filles. La nuit des noces, le prince-porc entend la jeune fille se dire à elle-même qu'elle le tuera, quand il sera dans le premier sommeil. C'est elle qui est tuée. Le prince-porc tue également la cadette des trois filles, qu'il a épousée après l'aînée. Mais la troisième se montre si aimable, que son mari la prend en grande affection, et bientôt, après lui avoir fait promettre le secret, il se dépouille devant elle de son enveloppe animale et appaiait sous la forme d'un charmant jeune homme.

La jeune femme, ayant eu un bel enfant, ne peut plus se taire, et elle révèle tout à la reine. Le roi et la reine entrent pendant la nuit dans la chambre de leur fils, et le roi, plein de joie, fait mettre en pièces la peaii de porc. Et tout se termine poin- le mieux.

Arrêtons-nous un instant, dans ce conte littéraire, sur un passage où le thème primitif a été très affaibli, le passage qui présente comme un cas de légitime défense le cas du « prince-porc », tuant ses deux premières femmes : affaiblissement que, du reste, il ne faut pas attribuer à un remaniement du rédacteur italien, car même chose se rencontre dans un conte de la Basse-Bretagne (Luzel, I, p. tiÇ)i)), lequel ne dérive certainement pas du conte de Straparola (avant leur mariage avec l'Homme à la tête de poulain, les deux premières jeunes filles ont dit en public qu'elles se débarrasseraient de lui au plus vite, et il les a entendues).

Un conte turc de Constantinople (Kùnos, n° 29), qui fait lien avec l'Orient, a conservé au thème toute sa sauvagerie. Ce n'est nullement pour se défendre que le prince-dragon tue les jeunes niles auxquelles on le marie ; c'est par pure férocité native. Déjà, quand la sultane, sa mère, était pour le mettre au monde, il a tué toutes les sages-femmes, et, plus tard, quand il veut se faire instruire, tous les hodjas, ses maîtres. Dans ces trois circonstances (naissance, instruction, mariage), seule a été épargnée une jeune fille que sa marâtre a envoyée au palais pour la perdre, et à qui sa défunte mère, du fond du tombeau, a -enseigné ce qu'elle devait faire. Tous ces traits, parfois isolés, se rencontrent, non adoucis, dans des contes européens de ce type (contes siciliens : Gonzenbach, n" 43 ; Pitre, n° ."iO et var. ; — conte piémonfnis du Ahiiifferrat : Comparetti, n° 66).

(1) Madame il'.Vulnoy, dans son Prince Marcassin, imitatii)n du conte de Straparola, a siibslitué nol)Icraent un sanglier au porcu de l'original.

Les coules siciliens et le conlc lurc ont, non point la peau (( mise en morceaux » du conte de Stiaparola, mais la peau jetée au feu.

Nous avons renvoyé aux remarques de noire conte de Lorraine n" 63 pour une forme indienne de ce brùlemeid avec conséquences jnnesfes ; nous renverrons à ces mêmes remarcjues (TT, p. ■f.^.S) pour un autre conte indien, Le l'rincc SiiKjc. présentant une forme de ce thème avec consé(iin'nccs heureuses (i).

La (( fable de Psyché »

Revenant une dernière fois sur les remarques de notre conte de Lorraine n° Oo, nous rappellerons que nous y avons, ce nous semble, établi solidement un fait, Létroite parenté qui relie à la famille de contes dont il s'agit ici, cette (( fable » de Psyché qui, au second siècle de notre ère, fut mise par le rhéteur africain Apulée dans son livre des Métamorphoses. Si, dans ce livre, l'époux mystérieux, — le vipereum ninlum, auquel le roi, père de Psyché, a été forcé de livrer sa fdle, — n'est qu'un serpent métaphorique, l'Amour, le cruel Amour, nous avons montré que le vieux conte, costumé à la mythologique par Apulée, devait être tout différent sur ce point : là, comme dans les contes originaires directement ou indirecteirient de l'Inde, cet époux était certainement revêtu, pendant le jour, d'une peau de serpent, qu'il dépouillait, la nuit venue.

Mais, répétons-le, le récit d'Apulée a changé tout cela. Exposée par ordre d'un oracle sur un rocher, Psyché est transportée par Zéphyre dans un magnifique palais, oii elle est servie par des êtres invisibles. Là, chaque nuit, elle,>aura la visite d'un mari que sans doute elle ne pourra voir, mais dont elle entendra la voix et que ses mains pourront toucher (namque, prœier oculos, et manibus et

(i) Les deux contes indiens donnent, chacun, une explication de la naissance du liéros avec enveloppe animale. Dans le premier, le Gandhnrva est un èlre supérieur, le gardien de la porte du dieu Indra, et c'est en punition de ses fautes qu'il a été condamné à renaître sous forme d'âne. — Dans le second, un roi, sur le conseil d'un vieux fakir, remet sept mangues à ses sept femmes, dont aucune n"a d'enfant. Tout est mangé par six d'entre elles, et il ne reste à la dernière qu'un noyau, qu'elle avale. Et c'est pour cela que le fils qu'elle met au monde, n'est pas un enfant ordinaire, comme ceux des six autres femmes, mais un enfant ayant 'apparence d'un singe.

uaribus seiitiebatiir [maritus]), et elle pourra se convaincre ainsi que le vipereum malum de l'oracle a forme humaine, parfaitement humaine. De fait, d'après le récit d'Apulée, l'époux n'est autre que Cupidon.

Ce qui suit, est resté, dans notre travail d'autrefois, insuffisamment éclairci. Cédant aux prières, aux instances de Psyché, l'époux mystérieux lui accorde de faire venir ses deux sœurs auprès d'elle ; mais il l'avertit, en même temps, (( de ne pas se laisser entraîner par leurs pernicieux conseils à vouloir connaître comment est fait son mari » (ne qiiando, pernicioso consilio sororiim suasa, de forma niariti quœrat) : cette « curiosité sacrilège a (sacrilegâ curiositate) la perdrait et le ravirait, lui, à son amour.

Comme Cupidon le prévoyait, les deux sœurs de Psyché, jalouses de sa haute fortune, cherchent le moyen de tout ruiner : feignant de vives inquiétudes au sujet de Psyché, elles lui font avouer qu'elle n'a jamais vu son mari et, lui rappelant 1' « oracle de la Pythie », elles réussissent à lui faire croire que l'époux inconnu est un serpent, un énorme serpent (immanem colubram), un véritable serpent, dont elles lui décrivent complaisamment Les particularités horrifiques, parmi lesquelles Apulée s'est gardé de mettre un des caractères les plus distinctifs du serpent, la peau écailLeuse dont le contact froid et répulsif est reconnaissable entre tous : il ne fallait pas, en effet, attirer sur ce point l'attention de l'épouse du prétendu serpent, si crédule qu'elle fût..., ni celle des Lecteurs tant soit peu soucieux de la vraisemblance. Bref, la conclusion des méchantes sœurs est qu'un jour Psyché sera dévorée. Donc, il faut qu'elle prenne un rasoir (novaciilam) « bien repassé », et qu'éclairant de la lumière d'une lampe « bien remplie d'huile » les ténèbres de la nuit, elle tranche, d'un grand effort (nixu quam valido), la tète du monstre endormi.

Un conte norvégien, résumé dans nos anciennes remarques (II, pp. 218-219) n'a pas ce rasoir et tout cet appareil de mélodrame. La mère de la Psyché de là-bas donne tout bonnement à sa fille un petit bout de chandelle, afin que, la nuit, elle puisse voir « quelle sorte d'homme » est son mari, ours blanc pendant le jour. La jeune femme allume la chandelle ; mais pendant que (comme Psyché) elle est tout absorbée dans la contemplation des traits ravissants de l'endormi, une goutte de suif brûlante tombe sur le front de celui-ci, qui s.e réveille et lui dit qu'il doit la quitter pour toujours.

Cette goutte de suif, c'est la goutte d'huile, non moins brûlante, qui tombe sur l'épaule du mari de Psyché, l'Amour endormi, et

qui le l'ait s'enfuir pour ne i)liis revenir. Mais ce Irait ne remplacerait-il pas un autre trait, tenant mieux à l'ensemble du cont.e primitif ? Nous en sommes convaincu. I.a lampe ou la chandelle allumée, la goutte d'huile ou de suif brûlante, c'est \m souvenir du jeu, dans lequel est jetée l'enveloppe animale de l'époux mystérieux. Ainsi, dans un conte serbe (Vouk, n° lo), la femme de l'épouxserpent, conseillée par l'impératrice sa belle-mère, prend, pendant la nuit, la peau de serpent que son mari a mise sous son oreiller avant de s'endormir, et l'impératrice va jeter cette peau dans un four ardent. Aussitôt que la peau commence à brûler, l'époux-serpent saute à bas du. Ut, en criant : ce Ou 'as-tu fait ? Maintenant tu ne me reverras plus ! » Et, pour que la jeune femme soit réunie à son mari, elle doit, comme Psyché^ errer longtemps à travers le monde .et subir de dures conditions. — Dans Apulée, aussi, la brûlure fait sauter le dieu à bas de son lit {inustus exsiluit deus), et il dit à Psyché que sa punition sera de le voir s'enfuir loin d'elle (te... fugâ meâ punivero).

Ces quelques indications permettront de compléter notre ancien travail.

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